Les Happy Tree Friends, c’est super drôle. Grave. Des petites bestioles toutes mignonnes, toutes en couleurs pastel qui meurent de vingt millions de manières dégueulassement gore en étant prises dans des histoires tellement moins innocentes que leur design, c’est chouette. Manque de bol, le jeu qui les met en scène, lui, est loin de l’être (chouette).
En effet, alors qu’on s’attendait à un petit truc à la Incredible Machine, un machin sans prétention mais subversif et rigolo juste ce qu’il faut, voilà qu’on nous lâche un casse-tête du pauvre tout ce qu’il y a de plus minable. Cinq des Happy Machins Freunds se baladent en ligne droite dans des décors bourrés de pièges. À l’aide de divers pouvoirs (explosion, flamme, gel, toucher), vous intervenez sur différents éléments interactifs en espérant les sauver. Le tout s’effectue en vue de côté avec pour seule possibilité d’avancer ou de reculer le long du parcours, sans zoom ou réglage précis.
Pas frais ? Et autant vous le dire, c’est la merde. N’imaginez pas des pièges complexes ou des mécanismes mettant à contribution vos méninges, non. Il s’agit de faire sauter des tonneaux, de mettre le feu à de la dynamite ou d’appuyer sur un interrupteur suffisamment de fois pour faire disparaître une scie sauteuse. Une version bien ratée de l’honorable Sleepwalker sorti dans les années 90. Et pour ceux qui se deman-deraient comment évolue la difficulté en cours de jeu, une simple réponse : plutôt que de se complexifier, les mécanismes se camouflent en adoptant la couleur du décor. Fiasco.
C’est moche, mais c’est l’esprit du dessin animé qui veut ça. Malheureusement, c’est aussi extrêmement ennuyeux, toute l’antithèse des Happy Tree Friends. Le film sorti il y a quelque temps nous avait déjà laissé un goût de foutage de gueule dans la bouche en ressortant de vieux épisodes plutôt que de l’inédit. Eh ben là, c’est pareil.