Il était une fois de gentils marketeux qui avaient bien compris que les enfants aiment le merveilleux et qu’ils sont très forts pour planquer des trucs chers dans le Caddie des parents sans que les vieux ne le remarquent. Alors ils décidèrent d’adapter plein de romans plus ou moins intéressants, qui feraient plein de films plus ou moins mauvais dont on pourrait extraire plein de
produits dérivés plus ou moins chers.
Le Prince Caspian était un de ces machins extrapolé par amour du profit et il avait décidé de se manifester à la foule sous forme d’un beat-them-all pour gosses, extrêmement simpliste et dénué de sang. On traverserait les décors du film en se fritant avec tout ce qui bouge dans des combats de masse à la Dynasty Warriors, mais en encore moins passionnant. De temps en temps, des énigmes débiles émailleraient le gentil massacre. Ces énigmes reposeraient sur un recours systématique à une douzaine de personnages secondaires du film do-tés de capacités vaguement différentes. Il y aurait des nains bourrus, des gosses de 9 ans, des centaures, des belzéfonds, des lions gays et des armoires normandes. Ça serait vraiment trop chouette.
Prince Casse-Burnes.
Tellement chouette qu’on n’aurait pas besoin d’expliquer quoi que ce soit sur l’histoire, les capacités des persos ou l’évolution des événements tout en mâ-chant systématiquement le travail au joueur en lui disant toujours quoi faire à quel moment. Tellement chouette, que le jeu pourrait être terriblement répétitif et casse-pied. Mais quelle importance, un produit s’adressant à des gamins a-t-il besoin d’être de bonne qualité ? A-t-il besoin de les tirer un peu
vers le haut et de leur offrir l’opportunité de s’amuser pour de vrai ? Bien sûr que non : comme les femmes, ces machins sont dénués d’âmes, alors on évitera de se soucier de leurs loisirs.
En tant que fan hardcore du monde de Narnia, j’aimerais rectifier quelques points : on regrettera que la bisexualité du Prince soit si mal amenée dans le récit. Qui plus est, le triangle amoureux entre Perrine, la petite paralytique de 9 ans, Poumpoum le cheval de trait et Caspian aurait gagné à être traité avec moins de vulgarité. On aurait ainsi évité la trahison des vues
de l’auteur.