Il y a des signes qui ne trompent pas : le titre quelconque, les menus ringards, la musique électro-nippone à peine digne du premier boui-boui à sushis venu. Dès les premières secondes de test, ce baptême du feu commandité par mes pairs du papier puait le traquenard. Il faut dire que Samurai Warriors 2 part avec un sacré handicap vu qu’il est sorti il y a un an et demi sur consoles et appartient à la caste intouchable des beat-them-all, ces odes au matraquage de boutons où un valeureux héros trucide des vagues d’ennemis sans même se retourner un ongle.

Le Cheval, aussi maniable que sur un carroussel (un manège pour ceux qui ne lisent pas le Rabot dans le texte).
De ce point de vue, pas de surprise, sous ses apparats historiques à bâiller aux corneilles, le jeu d’Omega Force arbore tous les symptômes du genre. On choisit ainsi un personnage parmi six aux techniques bien distinctes, on prend note du contexte général de la mission (lutter contre l’armée de Truc tout en protégeant Bidule, en gros) et c’est parti pour la moisson. Escorté d’un mercenaire et lâché sur une carte de bonne envergure, on fait quelques pas vers un groupe de vilains, on tapote quelques combos basiques et coups spéciaux et soudain, c’est le drame, ou plutôt, c’est le bordel. Dans un coin, la mini-map clignote comme un sapin de Noël. Ailleurs, ce sont les dialogues, affligeants et doublés par la lie des comédiens anglophones, qui s’affichent en surimpression. Pour couronner le tout, la caméra reste plaquée sur l’action, ce qui s’avère relativement peu pratique lorsque l’on est encerclé par une colonie de clones pas franchement amicaux.
Et elle est où la têtête ?
De fait, et même si le gros de la piétaille est complètement amorphe, le joueur qui ne possède pas plus d’une paire d’yeux courra vers deux types d’humiliation : le décès du gradé qu’il fallait couvrir, perdu dans un coin de la zone, ou une déculottée assénée par un rival qui a eu la bonne idée
d’attaquer hors-champ. Heureusement, passé un petit temps d’adaptation, il est possible d’entrevoir quelques qualités à ce machin, lesquelles résident du côté de l’ampleur des batailles et du panel de mouvements proposés. D’ailleurs, les collectionneurs, pour peu qu’ils tombent dans les griffes du jeu, auront de quoi s’occuper. Des skills passifs à acheter entre deux missions aux enchaînements à acquérir grâce à l’expérience engrangée en passant par la bonne quantité de guerriers et d’armes à débloquer, ce n’est pas l’opulence qui fait défaut. Tout comme les modes additionnels au Story Mode (Survival, Free), elle ne suffit toutefois pas à enterrer l’extrême répétitivité graphique, mécanique et narrative de Samurai Warriors 2 ni à faire oublier son âge : textures dégueulasses, distance d’affichage qui rendrait vraiment marteau Afflelou, I.A. béotienne, aliasing de partout... Seuls les person-nages clés, colorés à souhait, sont à peu près agréables à la rétine si on fait l’impasse sur leurs cheveux cubistes et leur design sans originalité. Ajoutez à cela des briefings inzappables et du
coop’ en split-screen horizontal (!) et je crois que le compte est bon. Et encore je suis sympa, je ne vous parle pas du mode Sugoroku, une sorte de Monopoly jouable à quatre en local. Non n’insistez pas, je ne vous en parlerai pas.
Il faudrait vraiment que vous ayez du temps et de l’argent à perdre ou que vous adoriez galoper en rond sur un foutu canasson échappé du cirque Bouglione pour que je vous conseille Samurai Warriors 2. Non franchement, si vous voulez absolument débiter du vilain à la douzaine sur PC, achetez plutôt Devil May Cry 4 ou attendez sagement Diablo 3, même si ce dernier devrait demander un peu moins de gymnastique boutonesque.
NDP (Note Des Pairs) : L’élève Rabot est déclaré apte au test de jeux vidéo.