On continue donc avec une sélection complètement subjective, sans ordre de préférence. De la qualité pour approfondir votre besoin de Batarang.
Arkham Asylum :
de Grant Morrison (scénario) et Dave McKean (dessins)
L'une des oeuvres les plus étranges mais aussi l'une des plus belles.
L'histoire :
Le Joker, en provoquant une émeute dans l'asile d'Arkham où il est retenu, oblige Batman à s'y rendre, seul. Il veut lui prouver que le justicier a toute sa place dans l'établissement, aux côtés des psychopathes. S'ensuit une véritable descente aux enfers psychanalytique.
Une oeuvre à part, aux splendides illustrations tourmentées, qui appuies parfaitement le fond de l'histoire. Pas évidente d'accès au premier abord, si on rentre dedans, on est happé par ce côté psychanalyse, où la ligne qui différencie Batman de ses ennemis est très ténue.
A noter que le synopsis de départ a été repris dans l'excellent jeu vidéo éponyme de 2009. Mais la ressemblance s'arrête là.
Dark Victory :
de Jeph Loeb (scénario) et Tim Sale (dessins)
Suite directe de The Long Halloween, le récit reprend là où il s'était arrêté.
L'histoire :
Une nouvelle série de meurtres est perpétrée à l'encontre de policiers de Gotham, en pleine guerre de territoire entre Double-face et le clan Falcone. Rapidement, le spectre du tueur d'Halloween ressurgit.
Quasiment aussi bon que le récit qui le précède, l'équipe Loeb/Sale fourni à nouveau un travail fantastique. En plus de cette nouvelle enquête, la relation entre Catwoman et Batman est approfondie, ainsi qu'une relecture de l'arrivée de Robin à ses côtés. A lire absolument si vous avez aimé Long Halloween. A noter que la collaboration des auteurs a donner lieu à un troisième ouvrage, Haunted Knight, bien plus dispensable, reprenant 3 histoires très inégales.
Hush :
de Jeph Loeb (scénario) Jim Lee (dessins) Scott Williams (encrage) et Alex Sinclair (couleurs)
Nouvelle collaboration pour Jeph Loeb, cette fois aux côtés de Jim Lee.
L'histoire :
Batman a un nouvel ennemi bien mystérieux à la tête recouverte de bandages. Se faisant appelé Hush (soupir), il manipule ses alliés tout comme ses ennemis.
Récit très très sympa, où les planches de Jim Lee font honneur au Caped Crusader. La romance avec Catwoman est encore approfondie. On y retrouve évidemment de nombreux ennemis de la chauve-souris, ainsi que, entre autre, Nightwing (ex-Robin). Néanmoins si vous êtes allergique au style de Jim Lee (ce qui n'est pas mon cas), vous risquez de ne pas apprécier.
Year 100 :
de Paul Pope (scénario et dessins) et José Villarubia (couleurs)
L'histoire : 2039, Gotham est une cité ultra verrouillée, policiée, où la vie privée n'a plus court. Les fédéraux et la police tentent d'arrêter les agissements d'un justicier inconnu, non fiché : le Bat-man.
Avec son style très particulier, Paul Pope nous livre une excellente histoire, très Orwellienne. Course-poursuite permanente, et ce, dès les premières planches, où comment un personnage non fiché par les services de polices, comme devrait l'être tout citoyen, provoque la zizanie dans leurs services. C'est sombre et très bien ficelé.
The Killing Joke :
d'Alan Moore (scénario) et Brian Bolland (dessins et couleurs)
Alan Moore s'attaque à Batman par l'entremise de son ennemi le plus célèbre : le Joker.
L'histoire :
Le Joker s'est (encore) échappé. Pour se venger de Batman, il décide de s'en prendre à son plus fidèle allié, le commissaire Gordon.
Excellent one-shot, Alan Moore a décidé de se pencher sur le Joker, et nous offre une rare relecture de ses origines, où comment un type normal peut devenir complètement fou suite à un enchaînement d'évènements. L'histoire alterne entre faits actuels et flash-back, et où la santé mentale du commissaire Gordon sera mise à rude épreuve. Considéré par beaucoup comme le récit ayant le plus influencé Jack Nicholson pour son rôle dans le film de Tim Burton. Seul reproche : une histoire trop courte. Une fois finie, on a qu'une envie, que ce fusse plus long.
A noter qu'en 2008 la version actuellement disponible a vu ses couleurs refaites par Brian Bolland lui-même, n'ayant pas été emballé par le résultat original de John Higgins.
Gotham by Gaslight :
de Brian Augustyn (scénario) et Mike Mignola (dessins)
Un one-shot original, transposé dans un Gotham de la fin du 19ème siècle.
L'histoire :
De retour de Londres, Bruce Wayne/Batman est confronté à des meurtres qui ont de nombreux points communs avec le tristement célèbre Jack l'éventreur.
Bien avant Hellboy, Mignola a dessiné de nombreux comics, dont ce Batman, transposé à l'aire victorienne. Intelligemment écrit, avec un découpage aux petits oignons, cette (trop ?) courte histoire a eu tellement de succès qu'elle a été l'instigatrice de la collection "Elseworlds".
Batman and Son / The Black Glove / R.I.P :
de Grant Morrison (scénario), Andy Kubert/J.H Williams/Tony Daniels (dessins)
Grosse story-arc par Grant Morrison. Elle nous emmène jusqu'à la mort de Batman.
L'histoire : Batman découvre qu'il a un fils, Damian Wayne, fruit de son union avec la fille de Raz Al'Ghul, maître des assassins.
Impossible de résumer toute l'histoire, celle-ci se répandant sur 3 recueils principaux, suivi de Final Crisis, et se prolongeant avec Batman & Robin du même auteur. Un seul mot : passionnant. Mais à éviter si vous n'êtes pas encore familier avec Batman. Conspiration, éducation, nouveaux ennemis, cas de consciences, hallucinations, fantômes, ésotérisme... c'est très dense, et une seconde lecture après s'être tout enfilé est à mon avis nécessaire pour pleinement en profiter.
Batman : Secrets
de Sam Kieth (Scénario et dessins)
L'histoire : Un affrontement entre notre héros masqué et son Némésis le Joker, sous fond de manipulation médiatique, où notre méchant préféré, sensé être guéri, fait passer le caped crusader pour un dangereux psychopathe grâce à des photos "truquées".
Les dessins torturés de Sam Kieth (également à l'écriture) sont juste excellents, dans la lignée de l'ambiance d'un Arkham Asylum.
Gotham central vol 1 à 4
de Ed Brubaker & Greg Rucka

La vie de flics normaux dans un commissariat de Gotham City, qui enquêtent sur le kidnapping et le meurtre d'une jeune fille. Mais à Gotham, certains truands ne sont pas ordinaires...
Si vous vous demandiez quel était l'envers du décor de Gotham, cette histoire est faite pour vous. Nous suivons donc la vie de tous les jours des forces de l'ordre de la GCPD, avec tout ce que l'ombre de Batman peut apporter par son absence (on ne doit le voir tout au plus que 5-6 cases de tout le bouquin), en accompagnant plusieurs binômes, de l'équipe de nuit, comme de jour, enquêtant pour certains sur un meurtre, qui sera le fil rouge de ce 1er volume. Et forcément quand il y a un super vilain qui traine, tout devient encore bien plus compliqué.
On y retrouve de nombreux codes du genre, avec des touches de The Shield, Boomtown ou bien sûr NY Police Blues. Les fédéraux sont toujours aussi bien reçus, la concurrence entre équipes de jours et de nuits, les discriminations entre collègues, etc.
Et sous ce côté qui pourrait paraître banal, le fait que nous sommes ici merveilleusement transposé par les auteurs dans Gotham, avec tout ce que cela implique, change tout.
Peut-être un poil chaud à digérer au début, mais c'est du uniquement au nombre très élevé de personnages à mon avis. Mais une fois dedans, ça se dévore, l'enquête est très intelligemment écrite, et tous les à-côtés achèvent de parfaire l'ambiance.
Et pour en rien gâcher, l'histoire qui conclue la saga prend au tripes.
Voilà, ça vous fait déjà un bon millier de pages à lire :)
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