Penny Arcade est le nom du site sur lequel deux gars publient leurs histoires sous forme de comics bien barrés. Je ne suis pas leurs aventures, mais il semble que ce ne soit pas trop naze puisque Boulon les cautionne "grave". Pour faire de cela un jeu vidéo, les comiques ont donc adopté un graphisme en cell-shading et gardé une forme BD pour les cinématiques et les écrans de transition.
Rien de bien surprenant, jusqu'au moment où l'on réalise que le jeu d'aventure est un RPG à la japonaise, avec des combats groupés où les persos attaquent à la queue-leu-leu. Mais, qu'il soit américain ou "japonisant", Penny Arcade Adventures n'est pas un RPG quelconque. C'est le premier volet d'une série épisodique à la Sam & Max. Le scénario, c'est notre personnage qui voit sa maison se faire aplatir par un robot géant, et rejoint pour cela l'agence formée par les héros – Gabe et Tycho – afin de lutter contre ces envahisseurs. L'ambiance est assez marrante : affronter des Fruit Fuckers (des presse-agrumes nous attaquant en nous pissant dessus ou en se frottant sur notre jambe), faire un overkill sur un clown bien gras et le voir exploser dans des gerbes de chair et de peinture, constater qu'une main désolidarisée nous fait un doigt dans un dernier pouet avant de disparaître... C'est un peu graveleux et vulgaire, mais au milieu de tous ces jeux vidéo qui se prennent bien trop au sérieux, ça rafraîchit.

La nièce de Tycho en soutien ; plus efficace que le chat qui se lèche les couilles.
Je parlais de l'ambiance... Au niveau du gameplay, c'est une autre histoire. Si vous avez essayé la démo, vous avez vu une rue parfaitement linéaire parsemée de Fruit Fuckers, ce qui, il faut bien l'avouer, n'est pas le nirvana du level design. Dans les niveaux d’après, c'est mieux : il y a des rues, des allées, on tourne en rond mais on ne trouve plus trop le côté couloir de la démo. Pour ce qui est des combats, on dira qu'ils évoluent eux aussi, même si le mécanisme reste le même : dès l'engagement, les jauges pour accéder à l'équipement, attaquer et lancer une attaque spéciale se chargent successivement. En utilisant une potion pour augmenter leur vitesse de chargement ou baisser la défense de l'ennemi, le perso qui exécute l'action doit reprendre le chargement à zéro. Et lorsque l'on a suffisamment patienté pour lancer un coup spécial, on passe par un mini-jeu quelconque pour balancer une attaque redoutable en cas de réussite. En attendant, il faut garder l'œil sur ses adversaires afin de repousser leurs attaques durant le court instant pendant lequel c'est possible. Le système est ainsi plutôt dynamique, mais ce n'est pas moins lassant pour autant. Même si les adversaires se diversifient avec le temps, si l'on débloque de nouveaux accessoires à la con ou des coups spéciaux plus efficaces (avec les mêmes mini-jeux en plus dur), on passe tout de même son temps à savater de l'andouille entre deux caisses à démolir, et ce n'est malheureusement pas suffisant. Les blagues pour adolescents, les prout-prout, c’est sympa mais ça ne suffit pas pour faire de Penny Arcade un vrai bon jeu
Je veux croire en la pipithérapie, je veux penser que "les crabes sont des putains de malades", je veux piéger ces cons de mimes dans des boîtes en carton invisibles avant de leur faire exploser un jerrican d'essence sur la tête, mais je ne veux pas perdre mon temps à bourriner sur la barre d'espace pour faire sauter 30 clodos et 50 presse-agrumes. Le côté aventure de Penny Arcade Adventures est malheureusement aussi atrophié que la décence d'Amy Winehouse, et même si le jeu n’est pas cher, ça manque d’épaisseur.