Comme nous l'avons vu, Sierra est en fâcheuse posture depuis la fusion entre Vivendi et Activision. Entre une foule de titres bons pour la benne et la menace de fermeture planant sur les studios Massive et Swordfish, l'avenir de cette société qui fut un temps un chantre du jeu d'aventure (King's Quest, Gabriel Knight, Leisure Suit Larry) s'annonce pour le moins funeste.
Pourtant, en dépit de ce déclin qui n'est pas sans rappeler celui d'Atari, l'idée de définitivement débrancher l'éditeur n'a pas été évoquée par ses nouveaux propriétaires. Elle l'a en revanche été par le magazine Edge, qui s'est associé aux voix de deux figures clés de son succès passé pour affirmer qu'il valait mieux enterrer la marque et rester sur un bon souvenir. La premier partisan de cette euthanasie, c'est Al Lowe, créateur de Leisure Suit Larry : "Depuis des années, Sierra n'a rien été d'autre qu'un logo apposé sur des boîtes dont Vivendi Games pensait qu'elles se vendraient mieux avec. Ce n'était Sierra que dans le nom. Ils ont laissé la marque se flétrir dans le non-sens."
La déchéance de Sierra a beau avoir été accompagnée de son lot de titres honorables (F.E.A.R., World in Conflict, Half-Life...), le sentiment est partagé par Ken Williams, fondateur de la boîte: "Je ne sais vraiment pas ce qu'est Sierra ces jours-ci. Je suppose que je devrais être déçu si j'entendais que Sierra fermait, mais ça ne me préoccupe vraiment pas. La compagnie est horriblement dirigée depuis un bon moment, et cela me déprime plus à chaque fois que j'entends qu'une décision stupide est prise que quand j'entends que quelqu'un a fait ce qu'il fallait, même quand cela implique de tuer la marque ou de réduire son personnel."
Allez messieurs les décideurs, faites plaisir à ces deux grands-pères avant de n'offrir à d'autres studios le même traitement qu'aux pauvres développeurs de Tribes 2, pressés à l'époque de sortir un jeu bugué avant d'être virés.
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