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n a beau, en bon privilégié, recevoir tous les jeux de la création sur le pas de sa porte, dur de résister à l'appel de la boutique. Section loisir du carrouf', rayon interactif de la FNAC numérique, magasin poussiéreux d'un revendeur de province, j'ai besoin d'aller squatter là bas, histoire de voir qui achète quoi et de me moquer, parfois. Finalement, j'y traîne assez souvent pour avoir été le témoin impuissant et navré d'une mutation contre nature quoique tristement prévisible. Les premiers joueurs vieillissaient, notre loisir préféré grignotait la télé, le cinéma et le livre, bouffait les linéaires comme la lèpre un bras de poupon : Triomphe, blitzkrieg ludique, on avait de quoi être fier. Reconnaissance économique, aussi, émission de télé, notre loisir s'était enfin taillé une place dans le monde. Sauf qu'en catimini, sans qu'on ne la soupçonne trop, la voix de nos parents, le gnagna usant se plaignant de l'inutilité des jeux électroniques et de « à quoi ça va te servir dans la vie » s'installait dans nos têtes. Et dans celles des développeurs. Et gonflait. En loucedé, les jeux commencèrent à déborder du loisir pour aller se vautrer ailleurs. Jusqu'au jour maudit où ils devinrent utiles. Mais, on ne se laissa pas baiser par les jeux éducatifs : tous les gamins savaient qu'ils ne s'agissaient que d'une invention vicelarde pour nous faire avaler la pilule des devoirs. Seuls ceux qui auraient bossé de toute façon se servaient de ces machins pour apprendre. Alors, le Grand Satan du sérieux décida de revoir sa copie.
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