L'industrie est comme un lycéen ivre : dès qu'elle voit une occasion de faire glousser la galerie, elle fonce. La différence, c'est que là où mon french kiss à l'encontre d'un camarade de classe au physique de taulard n'a nui à personne d'autre qu'à ma réputation auprès des femmes, ceux d'un acteur haut placé ont le pouvoir de nous mettre dedans pour des années. La stigmatisation du piratage commençant à se tasser, il fallait bien trouver un autre créneau : ce sera vraisemblablement le marché de l'occasion.
Après l'idée d'Epic d'obliger les acheteurs de jeux au rabais à payer en ligne pour débloquer l'ensemble du contenu (cf. edito de notre fantatisquénormissime dernier numéro), c'est au tour d'Atari d'abonder dans ce sens, mais d'une manière plus nuancée. Phil Harrison et David Gardner reconnaissent effectivement qu'il est dommageable que l'industrie ne ramasse pas une cacahouète sur chaque revente. Toutefois, ils espèrent atténuer les effets de ce marché à leur égard grâce à une solution moins radicale que celle des développeurs de Gears of War : "Les jeux de seconde main représentent les choix et désirs des joueurs. A l'évidence, il s'agit d'un phénomène extrêmement douloureux pour l'industrie. (...) Mais à mesure que les jeux changent et s'apparentent de plus en plus à des réseaux, le disque dans la boite devient une simple partie de l'expérience."
En clair, et à moins d'un non-dit crapuleux, l'idée est de proposer des jeux en évolution constante et où la partie réseau occupe une place prépondérante, histoire de fidéliser son public : "Les jeux auxquels sont intégrés une communauté, un commerce, des expériences extensibles, sont ceux que l'on ne veut pas échanger, ceux que le vont garder pour soi. Et ceci est parfaitement en phase avec notre stratégie future, nous ne sommes donc pas concernés par tout cela". Même que chez Atari on appelle ça le Gaming 3.0. Evidemment, comme on ne peut pas gagner sur tous les tableaux, il y a fort à parier que des histoires de DLC faméliques et hors de prix et de micro-transactions se cachent là -dessous. Pfiou, je sais pas ce que j'ai je suis pessimiste ce matin, un actionnaire d'Infineon a dû s'immiscer dans mes céréales.
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