Allemagne : Cette fois, il faudra blâmer autre chose (quoique...)
Suisse : Bon sang, mais c'est bien sûr!
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Suisse : apparition d'une "association contre la violence des médias"
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Allemagne : "interdira", finalement
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Allemagne : et grossiers, avec ça...
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18/12/08 - tag : Violence des jeux vidéo
Le Wiki
- Jeux vidéo en société : caviar d'immoralité et tartare de normes.
Le Forum
- Killerspiele Raus ! Tuons les jeux de tueurs !
- Planqué derrière sa mère, Matt Damon dénonce la violence des jeux vidéo
Il semblerait que la question de la violence dans les jeux vidéo agite de plus en plus nos voisins teutons (comme s'ils ne l'étaient pas déjà !). Le mois dernier avait lieu une conférence intitulée "Jeux Vidéo et Violence" à Munich. L'un des événements marquants de cette conférence, qui en dit long sur l'état d'esprit de la majorité des participants, est la sortie de Regine Pfeiffer, soeur du criminologue Christian Pfeiffer. Comme CanardPC vous le racontait la semaine dernière, elle est allée jusqu'à traiter Electronic Arts de "compagnie de porcs". Il est toutefois regrettable que ce soit pratiquement le seul "événement" qui ait retenu l'attention de la plupart des sites spécialisés, mais ce n'est pas le sujet de cet article.
Non, si je veux vous donner des nouvelles de l'Outre-Rhin, c'est à cause d'une pétition qui est parue une semaine avant cette conférence munichoise. Intitulée "Wie kommt der Krieg in die Köpfe - und in die Herzen? Kölner Aufruf gegen Computergewalt" (littéralement, "Comment se propage la guerre dans les têtes - et dans les coeurs ? Les habitants de Cologne se mobilisent contre la violence informatisée"), cette pétition a été lancée par Maria Mies et Elke Ostbomk-Fischer. La première est professeur émérite de sociologie à l'École Supérieure de Cologne et auteure de plusieurs livres, dont un sur "l'écoféminisme". Elle s'intéresse depuis peu aux jeux vidéo, notamment les "killerspiele" ou "jeux de tueurs", et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a des positions très tranchées sur la question. D'ailleurs, on peut en dire autant de sa collègue, pédagogue à la Faculté des Sciences Sociales de Cologne et membre d'une association de psychothérapeutes qui a publié l'an dernier un communiqué de presse appelant à l'interdiction totale des"killerspiele", qualifiés de "mines antipersonnel pour l'âme".
Attendez, ne vous enfuyez pas tout de suite, il faut quand même que je vous parle un peu de la pétition qu'elles ont lancée puisqu'à ma connaissance, elle n'a pas de traduction française.
Dans un premier temps, elles nous refont le coup des "mines antipersonnel de l'âme" aux "effets dévastateurs", qui préparent les enfants à la guerre et les désensibilisent au meurtre (elles mettent World of Warcraft dans le lot !!). Ensuite, elles s'attaquent à l'industrie du jeu vidéo, qualifiée "d'industrie du meurtre", ainsi qu'aux "pseudo-scientifiques" et universitaires qui contestent le lien entre violence des médias et augmentation des comportements agressifs. Ceux-là sont accusés d'être payés par les compagnies de jeux vidéo, devenant ainsi "des complices et des profiteurs du complexe militaro-industriel". En revanche, elles absolvent les parents et les professeurs de toute responsabilité. En conclusion de leur pétition, elles demandent que de tels jeux soient totalement interdits car "la guerre est mauvaise, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes". De plus, elles réclament la divulgation des noms des scientifiques payés par les compagnies de jeux, le retrait des motions visant à faire du jeu vidéo un "bien culturel", et l'arrêt de tout soutien public ou politique vis-à-vis de son industrie.
Voyez-vous, il ne s'agit pas de dire que ces dames ne racontent que des conneries. Il est légitime de critiquer la collusion entre certaines compagnies de jeux vidéo et l'armée américaine, ainsi que le conflit d'intérêts entre scientifiques et industriels, ou tout simplement la violence gratuite et racoleuse de certains jeux. Et puisqu'on en parle, si leur pétition visait des jeux comme Manhunt 2 et Soldier of Fortune: Payback, à défaut d'être d'accord avec une interdiction totale, à la rigueur on pourrait comprendre. Mais World of Warcraft ?!
Il se trouve que ces dames sont vivement opposées aux cours de "compétence médiatique" ou "Medienkompetenz", comme beaucoup de leurs collègues qui partagent leur point de vue sur les "killerspiele". En témoigne la récente sortie du psychiatre Manfred Spitzer, qui a récemment déclaré que ces cours étaient "une très grosse erreur" au motif qu'on "n'a pas à apprendre à dealer de l'héroïne". Pourquoi pas, après tout. Mais même si ces cours sont critiquables, venant de la part de gens qui sont incapables de faire la différence entre l'héroïne, la farine ou le sucre, la remarque est quelque peu déplacée.
12
2008