Il se trouve que Herr Lorber, non content de demander des excuses par voie de presse, s'est également expliqué avec la Frau Pfeiffer par email. Celle-ci a fini par lui répondre ce mois-ci, et elle s'est effectivement excusée... mais auprès des porcs, compte tenu de la violence qu'ils subissent tous les jours afin que des goinfres comme moi puissent se repaître de charcuterie en tous genres.
Cependant, le plus important n'est pas ce qu'elle a dit (la comparaison avec les porcs, puis la repentance auprès de ces derniers), mais pourquoi elle l'a dit. Et c'est malheureusement ce qui nous a échappé. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle elle a tout récemment contacté le site spécialisé allemand Cynamite.de afin d'expliquer aux joueurs le contexte de cette insulte. Contexte qu'elle ne s'est pas gênée de rappeler dans sa réponse (courtoise, mais particulièrement caustique) à Martin Lorber.
En particulier, lors de la conférence, elle a réagi à une présentation de scènes particulièrement scabreuses du jeu Le Parrain, édité par Electronic Arts et encore plus controversé que GTA outre-Rhin. Elle a notamment cité certains extraits du guide stratégique du jeu, incluant la possibilité de brûler vif un adversaire pour le cuisiner ensuite, ce que le guide présenterait comme "amusant" et "gratifiant". C'est à cette occasion qu'elle a traité EA, en tant qu'éditeurs du jeu, de "compagnie de porcs".
Pour ceux qui veulent en savoir plus, elle a posté trois documents (en allemand) sur son site : un communiqué expliquant en détail le contexte de l'insulte, sa réponse à Martin Lorber, et un descriptif de certaines missions controversées (à caractère violent, voire, selon elle, "antisémite") de GTA San Andreas, du Parrain, et de GTA IV. Ces documents ont d'ores et déjà fait le tour des sites spécialisés allemands (pour ma part, j'en ai pris connaissance via Stigma-Videospiele).
On en pensera ce qu'on voudra, et on sera d'accord ou pas avec les arguments de Regine Pfeiffer. Mais on peut au moins se réjouir qu'elle prenne le temps de dialoguer directement (et poliment) avec les joueurs. On peut aussi faire remarquer que ses arguments ne peuvent être réfutés que par d'autres arguments, et que pour cela, il faut au préalable les examiner sérieusement.
(*) Christian Pfeiffer, criminologue réputé, est un adversaire résolu des "killerspiele" ou "jeux de tueurs". Il a également publié une étude dans lequel il établit une relation entre une consommation excessive de médias (en particulier des médias "violents") et l'échec scolaire. Cette étude est disponible en anglais sur le site d'Ars Industrialis. Les gens pressés pourront lire le résumé en français.
)
Serieusement, c'est relativement interessant de voir des gens discuter pour une fois au lieu de s'envoyer des parpaings à la gueule.
C'est juste dommage de voir que c'est TOUJOURS la même chose, on lui a dit "dans GTA IV on peut manger des gens tout en urinant sur des cadavres de caniches" et PAF le jeu devient antisémite, amoral, monstrueux, indigne de l'éspèce humaine etc etc...
Je connais pas le parrain mais pour les deux autres, ce sont juste des films de gangsters adaptés en jeux vidéo (et je suppose pareil pour le parrain). Ce sont des jeux pour un public adulte, elle irait pas faire lire American Psycho à ses gosses j'imagine donc bon. Le problème il est pas vraiment dans les jeux vidéos, ni dans la musique, peut être à la TV mais surtout dans l'éducation.
Suffit de regarder les campagnes de pub, on nous prend par la main pour nous expliquer que les gosses doivent pas regarder des films d'horreur seul le soir bouhouuu, je trouve ça grotesque et pitoyable d'en arriver là.
Le jeu vidéo c'est juste le bouc émissaire, et d'ailleurs elle peut avoir toutes les bonnes raisons du monde, dans un contexte de débat on n'insulte pas ses adversaires, ça décridibilise complètement le propos. D'ailleurs de toute façon, ça n'a aucune crédibilité vu qu'a la base, les editeurs de jeux vidéos n'étaient pas invités à participer si je me souviens bien.
» Aller au forum