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Catch : Gimmick Gimmick Gimmick (A Man After Midnight)

Si le succès retentissant du 1er article de la rubrique catch est la preuve que Canard PC est très apprécié dans le milieu des ploucs du Tennessee, il a également mis en lumière la méconnaissance d’une partie du lectorat sur ce divertissement encore plus en vogue que le poker ou le licenciement économique depuis quelques mois.

Pour ne pas laisser ces béotiens pauvres gens dans l’ignorance, il y aura donc de temps en temps un petit cours de rattrapage pour se familiariser avec ce curieux univers qui, à l’instar de la nouvelle équipe du site, est peuplé de messieurs en slip et collants frottant leurs corps musclés et velus les uns contre les autres pour divertir un public de demeurés.

Ainsi aujourd’hui nous allons apprendre ensemble le terme de gimmick. Dans le monde du catch, il ne suffit pas de savoir exécuter diverses prises, projections et cabrioles pour se faire un nom, il faut souvent avoir un bon gimmick. Un gimmick, c’est ce qui définit un catcheur par rapport à ses collègues, le personnage qu’il joue à l’écran, le prétexte qui l’amène à venir faire semblant de se battre avec des gens qui, dans la vraie vie, sont souvent ses amis, ses beaux-frères ou ses employeurs.

Ca peut être un métier qu’il est censé exercer en dehors de la lutte, ça peut être un trait marquant de sa personnalité, ça peut être un simple accessoire qu’il porte toujours avec lui. Parfois c’est très élaboré, comme le Mankind des débuts, un cannibale ultraviolent et défiguré, élevé par des rats, qui ne se calmait que lorsqu’il entendait un morceau de piano joué par sa mère. Parfois c’est très con, comme les Johnson, Dick et Rod, deux hommes-pénis en latex. Parfois c’est aussi simple que de brandir un bout de bois et un drapeau américain, comme pour Hacksaw Jim Duggan.

Il est rare qu’un même catcheur garde le même gimmick toute sa vie. Le Mankind susmentionné joue aujourd’hui un actionnaire de la TNA sous son véritable nom, Mick Foley. Les Johnson sont devenus par la suite les Gymini, deux obsédés de fitness. Hacksaw Jim Duggan quant à lui… bon, ok, 30 ans après ses débuts, Duggan continue de brandir un bout de bois et un drapeau américain.

Savoir trouver le bon gimmick pour se démarquer des autres et attirer la faveur de la foule, c’est important. Un catcheur très doué mais affligé d’un gimmick foireux n’ira pas très loin. Paul Burchill a beau être capable de prouesses impressionnantes, ce n’est pas en jouant un pirate des caraïbes ou en couchant avec sa sœur qu’il deviendra une star. Glenn Jacobs a pour sa part bien ramé avant de rencontrer le succès en tant que Kane : il a précédemment interprété un dentiste aux dents pourries (ha ha ha) ou encore un sapin de noël sur pattes (ho ho ho).

 

Isaac Yankem DDSLa Créature de Noël !

Sauras-tu, ami lecteur, définir le gimmick de tes catcheurs préférés lorsque tu les verras s’affronter samedi soir ? Sais-tu pourquoi Vince McMahon refuse toutes mes propositions de nouveaux gimmicks, comme la fois où j’ai suggéré de transformer John Cena en vieux radoteur gâteux sous le nom de John Sénile, ou celle où j’ai conseillé à Batista de remplacer sa mitraillette invisible par un gobelet de moka frappucino de chez Starfucks en se faisant appeler Barista ?

En attendant, la petite vidéo qui suit devrait vous prouver l’importance du choix d’un gimmick. Vous y verrez deux blondassous aussi originaux qu’une production Electronic Arts se castagner sans conviction dans une petite salle à Memphis. Ils auraient pu y moisir toute leur carrière, mais quelques années plus tard, The Punisher et Steve Williams, malgré des problèmes de calvitie plus ou moins graves, remplissaient des arènes gigantesques en se faisant passer pour un croque-mort zombie et un impitoyable buveur de bière. Eh oui, même un gimmick complètement con, c’est comme un programme électoral bidon : quand on le joue avec conviction, peut rapporter gros.