Je tiens tout d'abord, avec beaucoup de solennité, de sérieux et une pointe de "YES !" là où il faut, à présenter mes respects à Christine qui s'en va sans un regard, sans un geste, retourner à sa vie d'avant alors qu'elle a été à la régulation d'Internet ce qu'open office est aux firewall, c'est à dire redoutablement efficace.
Chère Christine, nous avons tant vécu tous les deux ! Tu as été mon papillon, mon Antéchristine, ma Predatine Albanos. Et je crois bien que je ne pourrais jamais t'oublier, mais tout peut s'oublier, tu t'enfuis déjà. Ah ben oui, ça y est, elle est partie, et voilà qu'entre en scène son successeur, Frédéric Mitterrand, que je salue donc tout en lui souhaitant bon courage, car il hérite d'un sacré monstre.
En effet, Predatine Albanos s'est peut être fait dégommer par nos Space Cowboys du Conseil constitutionnel, mais elle est encore vivante. Vidée de sa substance et aussi dangereuse qu'un Stephen Hawking armé d'un pistolet à bouchon et aux pneus crevés, mais quand même vivante. Et avant de nous quitter pour un monde meilleur, tout en nous laissant dans le meilleur des mondes, elle a enfanté d'un dernier monstre : le projet de loi HADOPI 2.
C'est ainsi que le projet de loi HADOPI 2, après être passé par le Conseil d'Etat, vient d'être approuvé en Conseil des ministres. Nous repartons donc pour un tour au parlement.
Alors, vous savez ce que je pense des analyses d'un texte susceptible d'être profondément modifié aux cours des débats parlementaires qui débuteront début juillet, et Dieu sait que j'ai eu raison de me méfier vu le parcours délirant de HADOPI 1, mais je peux vous dire d'ores et déjà que le gouvernement jure qu'il a tiré les leçons des enseignements du Conseil constitutionnel.
Mais cependant, on murmure que l'idée de notre gouvernement est d'instituer une procédure judiciaire rapide et simplifiée et de punir de 1500 € d'amendes toute personne qui n'a pas sécurisé sa ligne et de couper la connexion si le propriétaire de la ligne est le vilain pirate.
Bref, le monstre tente, autant qu'il le peut, de minimiser le rôle du juge. On n'en attendait pas moins de lui. Mais il est bien trop tôt pour se prononcer sur quoi que ce soit.
Attendons les débats et surtout, vous connaissez maintenant la chanson, la future décision du Conseil constitutionnel qui ne manquera pas d'être saisi.
Mais bon, je tiens cependant à saluer la pugnacité de nos dirigeants, qui illustre à merveille la maxime bien connue : "quand le Conseil constitutionnel montre la lune, le gouvernement regarde le doigt".
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