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Canard BD : Western

New Pantin upon Ourcq, 1870.

Midi, soleil de plomb sur la main street. Le sherif Omar Boltnut est nerveux. La tension est palpable depuis que le valeureux chef indien Sitting Caribou a fait publiquement savoir qu’il ne laisserait pas impunie la contrebande d’eau de feu organisée par le barman mexicain. La populace a peur. Le maire Blackhelmet, malgré sa vaillance et son charisme surpuissant, se terre chez lui avec sa femme Siona. Seul le croque-mort Emil Zulu semble heureux : cette guerre peut lui rapporter beaucoup d’argent mais il se murmure au saloon, tard dans la nuit au Gringo’s bar, qu’il entretient une passion infâme pour les morts. Rajoutez à ça le braquage de la banque par Billy the Cat et son acolyte Solcarli et vous comprendrez que je suis en train de vous spoiler la BD made in Couly du 1er septembre.

 

Reprenons : aujourd’hui, petit tour d’horizon du genre western dans la bande dessinée.

 

Je passe rapidement sur les classiques que tout le monde connaît :

  • Lucky Luke, toujours agréable à lire et dont les intégrales sont de nouveau disponibles en neuf (préférez la période où Goscinny scénarise et vous remarquerez qu’il n’y a pas qu’Astérix qui a souffert de sa disparition).
  • Blueberry, symbole du nouveau western en BD dans les années 60 avec le maître Jean Giraud souvent au dessin et quelquefois au scénar, plus de 30 albums toutes séries confondues.
  • Durango d’Yves Swolfs, plus de 15 tomes au compteur pour une série très cinématographique.

 

Je vais m’attarder un poil plus sur les séries ou one-shot récents traitant de ce thème archi-rebattu.

  • Western par Van Hamme et Rosinski, les papas de Thorgal (mouais, c’était mieux avant) et Le Grand Pouvoir du Schninkel (la preuve que c’était vraiment mieux avant). Couleurs directes, scénario plutôt fin (et pessimiste) tournant autour d’une arnaque et  très loin du manichéisme d’un western classique. Un bon petit one-shot sorti en 2001 au Lombard avec quelques doubles planches magnifiques à la peinture à l’huile.

 

 

  • Après la Nuit, de Meunier et Guerineau. Là encore, on est dans le western crépusculaire avec cette histoire d’un inconnu arrivant à Westwood City et portant le même nom que le dernier homme tué par le tyrannique shérif. Très influencé par la série Deadwood, ce one-shot s’apprécie encore plus dans sa version luxe en N&B parue chez Delcourt l’année dernière.

 

 

 

  • Badlands de Gonzalbo et Cassini. Là le western sert plus de toile de fond pour une histoire mystico-complotiste à la Triangle Secret. Un petit one-shot sympathique qui ne fera certes pas date dans l’histoire de la BD mais qui remplit parfaitement son rôle de détente à la plage par exemple. Paru dernièrement chez Soleil dans sa collection Terres Secrètes.

 

  • Bouncer de Jodorowsky et Boucq. Ma série western préférée. Ça sent la poussière, le whisky frelaté, l’horreur de l’humanité. On sent l’obsession de Jodo pour la mutilation (déjà présente dans son film El Topo, un western comme par hasard…) mais il a freiné sur le mystique, ce qui n’est pas un mal. Ajoutez un dessin monstrueux de Boucq (encore une fois magnifié par les versions N&B) et vous obtenez un must-have pour tout bédéphile. 6 tomes parus aux Humanoïdes Associés.

 

 

  • Gus de Christophe Blain, histoire de finir sur une touche un peu plus légère. L’auteur d’Isaac le Pirate livre à travers ces histoires courtes sa vision du romantisme, de l’espièglerie et de la lose sentimentale au temps du Far West. Découpage rythmé, humour tendre mais efficace, dessin très expressif et dynamique et très coloré, le tout dans 3 tomes chez Dargaud.

 

 

Voilà, ce Canard BD à la longueur inhabituelle est fini, vous pouvez poster un commentaire et éteindre votre ordinateur.

Blague à part, préféreriez vous à l’avenir des Canard BD thématiques de ce type ou celui-ci était il trop long (hommage à Rabot) et dois je retourner à la forme précédente ?