Autre refrain bien connu : l'armée américaine utilise de tels jeux pour préparer et entraîner ses soldats à tuer, en supprimant leurs inhibitions. Le pédopsychiatre Thomas Fuchs l'a redit hier soir à la télé, dans un reportage consacré à la tuerie de Winnenden et diffusé sur la chaîne allemande ARD. Juste avant, le reportage évoque la "poubelle-party" organisée en octobre dernier par l'AAW, l'association des familles de victimes de la fusillade, en ces termes : "[les familles des victimes] ont placé une grande poubelle. On peut y jeter des killerspiele comme World of Warcraft, Counter-Strike, Call of Duty, des jeux où l'on peut voir des lambeaux de chair humaine voler dans tous les sens, de manière très réaliste (...) [Ce] n'est pas à proprement parler un grand succès. Visiblement, personne ne veut être séparé de ses killerspiele".
De son côté, la Verbandes Bildung und Erziehung ("association pour la culture et l'éducation") de l'état de Bade-Wurtemberg, où se trouve justement la petite ville de Winnenden, a déclaré dans un communiqué de presse que "Noël et les killerspiele ne sont pas compatibles", que "la PlayStation ne remplace pas l'affection parentale", et que "l'absence, sous le sapin, de cadeaux qui représentent la destruction, la haine et la violence, n'est en aucun cas une perte" pour les enfants. D'ailleurs, puisqu'on parle de cadeaux de Noël, il semblerait que certaines enseignes, non contentes de retirer les "killerspiele" des rayons, va jusqu'à faire la pub d'initiatives appelant à leur boycott. Mais qu'on se rassure, on peut toujours y trouver de l'alcool et des films interdits au moins de 18 ans.
Au chapitre des recommandations, on évoquera également une conférence tenue en octobre dernier à Berlin intitulée "Education aux valeurs et réussite dans la vie. Le problème de la représentation de l'enfance dans les médias audiovisuels". On pouvait y croiser et y entendre les plus farouches adversaires des "killerspiele", tels que Sabine Schiffer, Rudolf Weiss et surtout Rudolf et Renate Hänsel, dont la présentation a été traduite en français par nos chers amis d'Horizons et Débats (il serait vain de donner seulement quelques extraits, allez le lire, surtout la deuxième partie). Suite à cette conférence, une résolution en 16 points a été adoptée et signée par les participants, qui demandent notamment une limitation drastique de l'accès aux médias présentant un "contenu toxique" (ce qui inclut "la violence, la pornographie et la misanthropie"), un arrêt de leur production, et l'application du principe "pollueur-payeur" à toutes les industries concernées.
Pour terminer sur une note positive (tout de même), on va reparler de l'AAW. Suite au fiasco de leur "poubelle-party", ils ont été contactés par l'Association des Joueurs Allemands de Jeux Vidéo et sur Ordinateur (VDVC), et ils ont fini par abandonner leur demande d'interdiction des "killerspiele".
Certes, j'aurais aimé vous donner plus de bonnes nouvelles, mais c'est de l'Allemagne qu'on parle. Plus précisément, de l'Allemagne post-Erfurt et post-Winnenden. Pour savoir comment on en est arrivés là, je vous recommande vivement la lecture de l'article The Battle for Germany de David Hiltscher, qui retrace de manière fort instructive et en anglais l'évolution de la législation allemande sur les "jeux violents", ainsi que son impact sur la scène eSport allemande, dont l'auteur fait partie (Hiltscher est membre de Turtle Entertainment, organisateur d'un évènement annulé à Stuttgart puis à Karlsruhe). Une bien triste histoire, en vérité...
Ah, verdammte scheiße ! J'avais promis de conclure sur une bonne nouvelle...
Et c'est toujours en vente libre, on interdit pas les soirées où pourtant l'alcool et les drogues passent et font des ravages. Mais on interdit des LAN inoffensives à part pour les yeux
J'irai pas en Allemagne.
PS : "Maman maman, je veux GTAIV pour noel, je veux flinguer des flics !!!! Pitié maman pour ma zoli PS3..." "Oui mon chéri t'inquiète pas, tu veux pas une deuxième manette ? Comme ça Paul pourra venir jouer ici."
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