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Canard BD : Havre

Aujourd’hui, j’inaugure le CanardBDnator 2010. Concentré de hautes technologies, il est sensé sélectionner automatiquement les bijoux du Neuvième Art qui plairont à coup sûr aux lecteurs de cette rubrique. Voyons s’il marche.

 

Oeuvre polémique : Hun-Hun. I do not make the same mistake twice.

Post-apocalyptique. Check.

Zombies. Check.

Comics. Hun-hun. Try gain.

 

Révélation du jour : le post-apo avec des cadavres ambulants n’est pas l’apanage des anglophones. Parce que Havre est français. Je m’imaginais déjà une histoire de mutants évoluant dans des raffineries désaffectées, pullulant dans une Seine-et-Marne ravagée. Loupé pour le coup-ci mais je maintiens que l’idée est bonne. On est plutôt dans un coin paumé d’une contrée fictive, avec une petite ville fortifiée à proximité d’un désert à la Fallout, peuplé de saloperies mutantes. Ouah, des bestioles mutantes en plus des zombies ? Purée, les auteurs doivent être de sacrés nerds, du genre obèses, barbus et à lunettes rondes.

 

Deuxième révélation du jour : les auteurs sont des auteurEs. Les deux. Remballez les demandes de mariage, on est pas sur meet*c. Si vous voulez absolument demander leurs mains, adressez vous pour contacter la scénariste Isabelle Bauthian et ici pour la dessinatrice Anne Catherine Ott.

 

Troisième révélation : laissez tomber, ce ne sont pas les geekettes ultimes dont vous rêviez. Parce que leur post-apo à la française est d’un genre spécial : c’est du post-apo poétique. Dit comme ça, ça fait appellation marketing mais y a quand même un fond de vérité. Ne vous attendez donc pas à de l’éviscération au kilomètre -les accrocs au gore, restez ici, y a quand même un peu de raisiné. On est plus dans une approche à la Walking Dead, où le contexte post-apo permet de montrer le changement de sentiments, de raisonnements et de mentalités induits par une catastrophe.

 

Mais Havre s’en démarque encore en ne s’intéressant qu’à très peu de personnages, qui sont de surcroît spéciaux. On a un nécromant, capable de relever tous les cadavres d’une ville pour s’en faire des serviteurs et qui vit seul depuis trop longtemps. Et dans sa ville (et vie) arrive une sorcière, une femme charmante, une empathe, capable de ressentir très fortement les émotions du nécromant. Qui vont bien sûr beaucoup changer suite à l’arrivée d’une fille, lui qui devait se contenter de la compagnie de zombies…

 

Quant au dessin, c’est carrément bien foutu, surtout au niveau des couleurs, qui participent grandement à l’ambiance. Et dire que c’est sa première œuvre… En plus elle dédicace joliment bien.

Et j’attends de pied ferme le deuxième tome (sur les 3 prévus). Parce qu’avec le cliffhanger de folie qu’elles nous ont fait….

Au fait, il marche comment ce CanardBDnator 2010 ?

Havre T1 : La Sorcière et le Nécromant, Bauthian, Ott, Ankama, 90 pages, 15€.