Dans tous les cas, je ne risque pas de faire d'ombre à Fabien Vehlmann, dont j'avais déjà chanté les louanges dans la chronique de IAN. Cette fois encore, il sera question de science-fiction mais pas vraiment d'action au programme cette fois-ci, plus de la réflexion et c'est tant mieux. Et pourtant, le héros, Elijah, est un flic, ce qui laissait augurer bavures, tabassages et corruption. Oups mon côté anarcho-gauchiste m'a encore pris par surprise. Je disais donc qu'Elijah est membre de la section Philosophie de la Police de la Communauté Universelle, qui regroupe toutes les espèces intelligentes de l'univers. Evidemment, dès que vous mettez des espèces différentes en relation, ça crée des heurts plus ou moins délicats, et c'est là qu'intervient Elijah, qui va devoir régler le différend entre les Aleph 345 et les Ganédon. Et comme ce serait con de se priver des avancées technologiques, chacun peut se dupliquer et ainsi accéder à l'immortalité, au prix d'une perte de mémoire à chaque réincarnation. Et c'est justement ce que refuse de continuer à faire Matthias, un ami d'Elijah, ce qui va plonger ce dernier dans un profond désarroi...
Ça s'annonce malin n'est ce pas ? Ça l'est encore plus. Entre réflexion sur ce qui fait de nous des humains, notre rapport à la mémoire, notre vision de ce qui nous est étranger, vous allez avoir de quoi cogiter gentiment après la lecture de l'album. Et ça fait plaisir d'avoir enfin un univers de SF où les extra-terrestres n'ont pas les même conceptions que nous autres humains, ça change de StarGate ou de Lanfeust au hasard. Pour le dessin, De Bonneval colle tout à fait à l'ambiance avec sa palette tout en nuances de gris et son trait aérien, simple et classe. Très reposant à lire après toutes les couleurs flashy qu'on peut voir ailleurs.
Les derniers jours d'un immortel, Vehlmann & De Bonneval, Futuropolis (une interview succinte sur leur site ici), 152 pages, 20€
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