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Google vs les amis de GMB
20/09/09 09:06 Google | Jurigeek |
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Etre un héros, c'est savoir se sacrifier pour les truies, pour autrui, et être apte à souffrir pour un thon, pour un temps. Etre un super-héros, c'est la même chose, mais en portant une cagole, une cagoule, et en disparaissant dans une pouf, dans un pouf.
Bon, j'ai bien fait d'arrêter la plage moi, ça commençait à me porter sur le système.

Tout ça pour dire qu'être un super-héros, ce n'est pas une sinécure, alors, parfois, je fais appel à des confrères. Tenez, par exemple, depuis plusieurs news, si je reconnais que j'adore les services que rend Google, mon amour des règles de droit me contraint à l'identifier comme le Fantômas juridique des temps modernes. J'ai donc fait appel à des volontaires, et c'est rien moins que Batman et Superman qui vont  m'épauler dans la lutte contre cet arch-némésis.

Car, non content de violer votre vie privée et de suggérer de vicieuses allusions à votre encontre, Google est aussi le plus terrible pirate de l'univers, au grand dam d'Albator qui, justement, m'en parlait  récemment ; la concurrence électronique est trop violente, ça lui fout les boules, le pauvre garçon, vous le verriez, il a maigri, c'est d'un triste !

Google a en effet pour ambitieux projet de dérober l'intégralité des livres édités dans le monde entier, en les scannant massivement, dans un grand rire sarcastique et dans une torsion de moustache mais, surtout, sans demander l'avis des ayants droit. Ce casse planétaire, qui touche toutes les œuvres imprimées, qu'elles soient libres de droit ou pas du tout,  fait grincer beaucoup de dents. Car, inutile de vous rappeler, fidèles lecteurs que vous êtes, que l'auteur ou l'éditeur d'un livre peut s'opposer totalement à ce que l'on duplique son œuvre de l'esprit sans son accord. C'est comme cela aux US, mais aussi en France, où article L.122-4  du Code de la propriété intellectuelle vient nous rappeler que : "Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque."

La copie serait donc illégale, même si Google avait acheté l'intégralité des livres qu'elle scanne ; comme ça n'est évidemment pas le cas, Google est carrément le plus grand et le plus connu des contrefacteurs du monde, avec des millions de livres scannés, donc reproduits sans autorisation.

Alors, vous comprendrez mieux pourquoi DC Comics, l'éditeur de mes susnommés Super-Copains a rejoint tout dernièrement l'Open Book Alliance, fronde d'acteurs économiques qui refusent de laisser Google digitaliser le monde culturel.

Mais faisons un petit retour en arrière.

Aux US, un procès avait démarré en 2005, initié par l'Authors Guild et l'Association of American Publishers contre Google, qui reprochaient au moteur de recherche google search books de donner accès au catalogue de plusieurs grandes bibliothèques américaines sans avoir obtenu l'autorisation des associations représentant les auteurs et les éditeurs.

Pour éteindre ce feu judiciaire, Google avait conclu un accord et accepté de verser aux auteurs et éditeurs américains 125 millions de dollars, plus, entre autres, un partage des revenus publicitaires générés par le moteur Google search books par l'intermédiaire d'un organisme indépendant à but non lucratif, le « Registre des droits sur les livres », dont la mission sera d'identifier les ayants droit dont les ouvrages sont scannés et de redistribuer les revenus générés.

Mais cet accord entre Google et l'Authors Guild et l'Association of American Publishers a été attaqué par de nombreux acteurs économiques, comme Amazon, Microsoft et Yahoo, et aujourd'hui DC Comics, qui se sont regroupés dans l'open book alliance. L'enjeu de cette bataille est important, car si le département américain de la Justice et le tribunal de New York (qui doit se prononcer sur la validité de cet accord le 7 octobre prochain), donnent leur feu vert, Google aura alors le droit de commercialiser des millions et des millions d'ouvrages numérisés, devenant de facto la plus grande librairie du monde, voire même de l'Univers, Superman ayant juré, sous serment, que même Krypton ne contenait pas de librairie d'une telle taille. De toutes façons, la planète a explosé depuis longtemps, alors bon.

Et la situation en France me direz-vous ?Eh bien, ce n'est pas simple.

En 2006, le Syndicat national de l'édition, la Société des gens de lettres et le groupe La Martinière, poids lourd de l'édition française, ont attaqué, devant le Tribunal de Grande Instance de PARIS, Google qui a scanné une centaine de livres édités par cette maison et présents dans des librairies américaines. Le groupe réclame 1. 000. 000 d'euros de dommages et intérêts.

Mais le procès français restait, jusqu'à peu, pour ainsi dire suspendu à l'homologation de l'accord américain.

En effet, si le fameux accord est validé par la justice ricaine, ce dernier concernera les « intérêts dans un droit d'auteur américain ».C'est à dire l'ensemble des auteurs et éditeurs français qui ont un « intérêt dans un droit d'auteur américain », autrement dit ceux dont les œuvres françaises sont protégées par la Convention de Berne pour la protection des oeuvres littéraires et artistique aux US ; par conséquent, les livres du groupe la Martinière.

Tous éditeurs confondus, cela représente en l'état 150 000 livres français, chiffre qui grossira chaque année un peu plus.

La question juridique est délicate  : comment considérer que cet accord, fût-il homologué, puisse s'opposer à  un éditeur français dont un livre publié est protégé aux US mais qui n'a pas, par hypothèse, intenté la class action américaine de 2005 ?

L'accord prévoit à ce sujet que le silence de l'ayant  droit, quelle que soit sa nationalité, vaut consentement à être lié par l'accord.

Il en résulterait que, si un éditeur ou un auteur s'opposait expressément à ce règlement, cela lui permettrait d'intenter une action contre Google dans l'hypothèse où ce dernier rendrait accessible la version numérique de ses livres. Mais, que penser du titulaire de droits d'une œuvre française, protégée aux US, qui n'a rien dit mais qui souhaite intenter une action en contrefaçon contre Google ? C'est évident, il refusera de considérer être lié par l'accord. La justice française devra alors décider si cet accord, auquel il n'a pas expressément consenti, lui est ou pas opposable.

Sur un sujet similaire, la Cour de cassation a eu l'occasion de rappeler le 5 mars 2002 qu'aux termes de l'article 5 (2) de la Convention d'Union de Berne (à laquelle la France a adhéré), l'étendue de la protection ainsi que les moyens de recours garantis à l'auteur pour sauvegarder ses droits se règlent exclusivement selon la législation du pays où la protection est réclamée. Par conséquent, suivant cette logique, le juge français pourrait considérer que, si un éditeur veut se plaindre d'une violation de ses droits aux US, il est soumis à la réglementation de ce pays et donc à l'application de l'accord homologué auquel, en ne disant rien, il a consenti.

En attendant, le Groupe de la Martinière a d'ores et déjà fait savoir qu'il refuserait d'être lié par l'accord s'il venait à être homologué. Le procès contre Google reprend le 24 septembre prochain. Quant à notre Syndicat national de l'édition et même le Gouvernement français, ils ont fait valoir au juge américain leur ferme opposition à cet accord.

Attendons donc le 7 octobre, nous y verrons plus clair.



Grand Maître B
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Réquisitoire contre les anniversaires
17/09/09 12:16 Anniversaire | Jurigeek | Réquisitoires |
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Chers canes, chers canards,

Mesdames et Messieurs les soi-disants jurés,

Les anniversaires sont la plaie de nos sociétés, qui se croient civilisées en marquant d'une joie forcée le passage du temps et ses ravages irréversibles.

Tenez, prenez le cas de la rubrique Jurigeek. Cela fait, au jour d'aujourd'hui, enfin, il faut ajouter 3 jours et retirer 72 heures pour que ce soit exact, 365 jours, donc plus ou moins une année, enfin, à +3 mois/- 90 jours près, qu'elle vous a ouvert le droit de prendre la porte,  pardon, qu'elle vous a ouvert la porte du droit.

C'est donc, selon les standards du monde occidental, un anniversaire qu'il faudrait fêter, mais quoi fêter ? Le fait qu'il a fallu 111 news pour vous faire comprendre que le droit, c'est bat, que Grand-Maître_B is the man et que le tout réuni, ça fait Batman ? Que, pour ouvrir vos cerveaux étriqués, dans lesquels se bousculaient jusqu'à ce jour fatidique du 17 septembre 2008, quelques simples personnages de jeux vidéo, deux ou trois concepts vaguement sociaux qui vous permettent d'agir en société, sans oublier des images de pr0n sans lesquelles le biclassé geek/nerd que vous êtes, n'est rien, que pour ouvrir vos cerveaux étriqués, disais-je, à l'illumination juridique, il m'a fallu 111 perles de sagesse au cours desquelles nous avons parcouru le monde, l'europe, la France, écouté ce qu'avaient à dire les Tribunaux, les politiques et même les Carribous ?

Et si encore, le temps passé à m'échiner de la sorte avait été utile, mais j'en doute fortement. Qui d'entre vous peut me dire à l'instant ce que disposent l'article 6 de la LCEN, et l'article L. 227-24 du Code pénal ou encore expliquer la différence entre Conseil européen et le Conseil de l'Union européenne ? J'attends. Oui voilà, c'est bien ce que je disais.

Donc, Je propose que l'on instaure l'institution du non-anniversaire, qui nous permettra d'éviter avec l'élégance d'une alice au pays des saucisses cet encombrant usage.

Je vous non-souhaite donc à tous un joyeux non-anniversaire. Non ne me remerciez pas, ça m'a fait plaisir.

Grand Maître B
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Jurigeek Strips n°5
05/09/09 14:57 Jurigeek Strips |
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Pour vous prouver que, même en vacances, je ne vous oublie pas, voilà un Jurigeek Strips bien idiot. Je sais, je suis trop gentil, ça me perdra.

Grand Maître B
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Google is watching you (masturbate)
12/08/09 14:40 Droit | Google | Street view |
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Le mois d'août se déploie langoureusement dans la moiteur torride de l'été et tandis que vos jeunes années, tel un Icare insouciant, s'envolent vers le soleil pour s'y brûler, le mois de septembre se rapproche à grands pas. Pour beaucoup, l'angoissante question du cursus universitaire à choisir se précise, et permettez-moi de vous aider en vous recommandant de ne pas faire de droit.

Non c'est vrai, la matière est passionnante, on devient un transformateur de réalité sociale et on séduit les filles à volonté grâce à une faconde maîtrisée et à des stratégies éprouvées, comme la drague à la plage avec code civil.

Cependant, telle une vilaine moisissure qui ne partira plus jamais, la connaissance juridique souille votre âme et vous amène à toujours porter sur la vie un regard négatif et critique.

Tenez, prenez Google Street View, je suis le premier à aimer ce service, à me déplacer dans des villes avant de les visiter pour prendre des repères, ou simplement à me balader pour le plaisir dans des endroits où je n'irais jamais. Mais pourtant, mon esprit juridique me souffle de vilaines pensées et m'amènent à considérer que Google est à Big Brother ce que Arnold Scharwezenegger est à Dany de Vito, des jumeaux certes, mais l'un des deux est terriblement plus dangereux que l'autre.


C'est ainsi que tandis que Big Brother est censé représenter la menace d'une surveillance étatique permanente, Google, avec son service Street View, représente le délire mégalomaniaque d'une multinationale de photographier le monde entier, et vous avec.

L'exploit impressionne, car couplé à Google Earth, on a le sentiment d'utiliser un logiciel tiré d'un fim de James Bond, mais il impressionne aussi par le nombre de problèmes juridiques qu'il pose.

 

- Premier problème, le plus évident est celui de la vie privée. Les véhicules Google photographient aveuglément, si on peut dire, tout ce qui passe sous l'objectif, donc également les citoyens de notre pays qui ne peuvent plus se balader tranquillement au bras de leurs maîtresses en plein après-midi sans craindre de se retrouver pris en flagrant délit.


L'article 9 du Code civil dispose ainsi que "Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s'il y a urgence, être ordonnées en référé."

Sachant que votre image est un attribut de votre vie privée, cela signifie que, sauf si vous avez donné l'autorisation, personne ne peut diffuser une photographie de vous.

Ce droit à votre vie privée vous permet donc de crier au scandale si une google car vous prend en photo, ce qui explique que cette société a prévu de "flouter" automatiquement les visages, grâce à un puissant algorithme qui parvient à différencier le visage du petit dernier dans la poussette du museau du yorkshire tenu dans les bras de moman, ce qui, reconnaissons-le, n'est pas toujours une mince affaire.

Mais voilà, le floutage n'empêche pas toujours de reconnaître une personne dans la rue, sans compter que les visages de profil ou derrière un grillage ne sont souvent pas dissimulés par le logiciel.

Je pense que si l'on pouvait compter le nombre de violations du droit à l'image et à la vie privée des citoyens de notre beau pays, nous serions confrontés à plusieurs milliers d'infractions, ce qui, convenons-en, ferait passer Fantomas pour un amateur.

À cela se rajoutent les milliers de plaques minéralogiques de véhicules dont le floutage est raté par l'algorithme de Google, ce qui constitue autant de violation de la vie privée du propriétaire. (Dis donc Gérard, que faisait ta voiture garée à Pigalle en pleine journée ? T'étais pas censé être au bureau ?).

Sur ce simple point, on peut donc considérer que Google viole en permanence des milliers de fois notre article 9, ce qui fait de cette société un remarquable délinquant. Mais ce n'est pas tout.

- Second problème, les oeuvres de l'esprit photographiées par Google. De nombreux immeubles, peintures murales et autres statues sont des oeuvres de l'esprit élaborées par des architectes ou des artistes et bénéficient, en tant que telles, de la protection de l'article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle qui dispose que "L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous."


L'artiste ou l'architecte a donc parfaitement le droit de s'opposer à la diffusion de son oeuvre, sauf à ce qu'il ait, bien évidemment, donné au préalable son accord, pour ce faire, en général moyennant finance. Ici, point de floutage de façade ni de statues, donc, aux milliers de violations de l'article 9 du Code civil, on peut ajouter des milliers de violations de l'article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle.

- Tant qu'on est sur les immeubles, précisons que si l'article 544 du Code civil dispose que "La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements", il est régulièrement jugé que le propriétaire d'un bien immeuble ne peut s'opposer à la diffusion de l'image de ce dernier que si cette diffusion lui cause un trouble anormal de jouissance. La reconnaissance de ce trouble anormal n'est pas aisée, mais n'oublions pas que nous parlons ici de la photographie de l'ensemble de tous les immeubles de toutes les grandes villes de France. Même en étant restrictif, je pense qu'on doit bien pouvoir recenser plusieurs centaines de cas de violation de l'article 544 du Code civil.

- Troisième problème: Google a fait une déclaration à la CNIL pour son service Street View, ce qui est bien la moindre des politesses quand on considère que c'est la mère des bases de données que Google a constituée. Mais dans un avis du 3 juillet 2008, la CNIL a demandé “ que les utilisateurs soient clairement informés de leurs droits, conformément aux règles européennes de la protection des données ”. Vous avez été informé, vous, par Google, de vos droits concernant les règles européennes de protection des données ? Non, et pour cause, cette société refuse de suivre les règles européennes. C'est ainsi que, alors que les 27 CNIL européennes ont demandé à ce que le consentement des intéressés soit obtenu avant de procéder à un profilement à leur sujet, bien évidemment, Google a gentiment haussé les épaules, considérant que la législation européenne ne lui est pas applicable.

Il est vrai qu'une ordonnance du juge des référés du 14 avril 2008 a suivi Google dans son raisonnement en considérant que, lorsque les données sont stockées sur des serveurs américains, c'est la législation de ce pays qui s'applique et non pas l'européenne. Cette ordonnance a été très décriée par la doctrine majoritaire, et tout le monde s'accorde à penser que Google est soumis au droit européen lorsqu'elle rend un service accessible par des européens. Et dans ce cas, ce ne sont pas des milliers, mais des centaines de millions de citoyens dont les droits sont bafoués, puisque Google ne respecte pas la volonté des CNIL.

Que conclure de ce palpitant tour d'horizon des infractions commises par Google rien qu'avec Street view ? Je dirais qu'on retrouve à nouveau une belle illustration des frictions juridiques que crée l'évolution technologique. Car, si une entreprise est coupable de dizaines de milliers d'infractions impunies, voire de centaines de millions, peut être que le droit n'est alors plus vraiment en phase avec la société qu'il organise.

À méditer sur la plage (avec ou sans code civil) !

 

 

Grand_Maître_B
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Requisitoire contre Obama
03/08/09 10:01
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Mesdames et Messieurs les soi-disant Jurés

Chères canes, chers canards,

Cher Obama, chère biche,

Vous êtes athlétique, vous êtes beau, vous êtes mince, vous êtes même le premier noir Président des États-Unis d'Amérique, vous êtes donc un grand homme.

Le problème avec les grands hommes, c'est qu'ils ne font pas bon ménage avec les jeux vidéo. Moi par exemple, qui suis un grand homme, tant par la taille, même si depuis que Rachida Mathy a quitté le ministère de la Justice je ne suis plus aussi impressionnant, que par l'ampleur de mon talent, je ne peux assumer mon amour des jeux vidéos qu'au prix d'une schizophrénie totale qui, tout petit déjà, faisait l'inquiétude de mes 4 parents.

Ainsi, vous vous attaquates, attaquites, attaqauirent, enfin, vous vous êtes attaqués aux jeux vidéo que vous voyez, avez-vous dit lors de la conférence sur l'obésité qui s'est tenue à Washingtonne, voire une tonne et demie, comme néfastes, car ils impliquent de manger de la mauvaise nourriture et de rester assis des heures et des heures devant son écran.

Vous avez donc décidé de lancer la "révolution des assiettes" et jusque-là, ça m'agace un peu, car après tout, il faudrait jeter l'opprobre également sur la télévision, les livres, internet, enfin, tout ce qui peut impliquer de rester immobile en se gavant de chips, mais encore, ça passait.

Mais je tombe sur la retranscription d'un débat entre Jack Thompson, l'ex-avocat crevette irradié du barreau, mais qui, tel un vilain de série Z, revient quand même à l'attaque, et un avocat Mark Methenitis au cours duquel ressort l'idée que vous pourriez bien décider de taxer les jeux vidéo afin d'en dissuader l'achat, ce qui, à coup sûr, entraînera vos chères têtes blondes à pratiquer de saines activités physiques comme le safari urbain en milieu scolaire.

Alors là, je regrette Monsieur Obama, mais vous baissez en mon estime, car, vous vous abaissez à faire la course à la bêtise avec la France.

 

Car oui, les grenouilles ont déjà utilisé le système fiscal pour contrôler le marché du jeu vidéo.

 

Laissez-moi vanter glorieusement notre droit fiscal qui est utilisé très massivement par le législateur français. Mais alors, très très massivement. Il irrigue tellement notre vie quotidienne qu'il existe une formule de politesse très en vogue chez les nouveaux riches qui se doivent de s'exclamer, tout en remettant le chèque à plusieurs zéros à Monsieur l'Inspecteur des impôts, "Bercy pour tout", ce à quoi le susnommé fonctionnaire zélé répondra, "Je vous en prie, Nicolas vous le rendra".

Oui, Monsieur Obama, La France voit le vote de deux lois de finances par an, une loi prévisionnelle, une loi rectificative et voit des dizaines, que dis-je des centaines de dispositions fiscales insérées annuellement dans telle ou telle loi agricole, économique, sociale ou que sais-je d'autre.

Pour bien vous faire comprendre la situation, laissez-moi vous expliquer que mon pays considère la fiscalité comme totalement dérogatoire à la hiérarchie des normes, principe qui veut que les normes qui traitent des questions les plus importantes, comme la constitution ou les traités internationaux, sont au-dessus des normes qui s'occupent de détails, comme les arrêtés préfectoraux par exemple. C'est que, voyez-vous, l'enchevêtrement des dispositions fiscales est tellement compliqué que l'administration fiscale a le droit d'avoir un avis sur la façon de les appliquer. Elle prend ainsi des notes de services, des instructions, des circulaires et l'ensemble de ce grand bazar constitue la "doctrine fiscale".

Ces textes, qui sont normalement au plus bas de la hiérarchie des normes, puisqu'il s'agit d'interprétation que fait une administration des lois, s’interposent en réalité entre les lois fiscales, qu'ils interprètent, et le contribuable, car ces textes lui sont opposables. Et inutile de vous préciser que certaines interprétations transforment carrément la loi.

 

Tout ça pour vous dire que l'arsenal fiscal français, avec lequel on ne rigole donc pas, contient, depuis mars 2007, une disposition relative aux jeux vidéo.

 

Il s'agit de l'article 220 terdecies du Code général des impôts qui prévoit un crédit d'impôt pour les sociétés qui produisent des jeux vidéo qui contribuent au développement de la création française et européenne. Mais il est précisé que "n'ouvrent pas droit au bénéfice du crédit d'impôt les jeux vidéo comportant des séquences à caractère pornographique ou de très grande violence, susceptibles de nuire gravement à l'épanouissement physique, mental ou moral des utilisateurs".

Le fisc français considère donc que les jeux vidéo violents doivent être plus couteux pour ceux qui les produisent, que les autres types de jeux. Même Jacko Thompson a préféré lutter contre l'effet prétendu des jeux vidéo violents en tentant des procès perdus d'avance et en soutenant des projets de loi sans aucun avenir, plutôt que de s'abaisser à tenter le coup de tepu fiscal.

Mais évidemment Monsieur Obama veut mieux faire que la France et pourrait envisager de taxer tous les jeux vidéos au moment de la vente, pour en éloigner le consommateur.

Cette volonté de faire pire que votre voisin français n'est pas digne, Monsieur Obama, je suis au regret de vous l'apprendre.

Je vous laisse donc une dernière chance. Tournez votre beau regard d'aigle américain vers d'autres cieux plus noirs que ceux des jeux vidéo, et ne tentez pas avec mon pays une course à la puissance fiscale, vous êtes certain de perdre. Et nous, d'y perdre.

Grand_Maître_B
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Merci Google !
24/07/09 21:52 Google | procés |
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Quand vous voyez un avocat, paré de sa plus belle robe noire, planer autour d'une décision de justice tel un vautour judiciaire s'apprêtant à dévorer les globes oculaires d'un brave homme enlisé jusqu'au cou,  tout en déchirant le ciel de ses piaillements obscènes, vous pouvez en tirer deux conséquences : soit il vient de gagner un procès, soit il vient d'apprendre que de nouveaux contentieux s'ouvrent à lui.

Moi, par exemple, si j'ai plané autour de l'ordonnance de référé rendue par le Tribunal de commerce de PARIS le 9 mai 2007, tel un vautour judiciaire s'apprêtant à dévorer les globes oculaires d'un brave homme enlisé jusqu'au cou et si j'ai déchiré le ciel de mes piaillements obscènes, c'est que cette décision me confirme que toute une vague de procès va déferler.

Et pour cette manne future, on dit merci qui ? Merci Google !

C'est que, voyez-vous, à l'instar d'un meugnon ours en peluche dissimulant une webcam, filmant vicieusement la jeune fille au pair, autant nubile que suédoise, qui plus est dénudée parce que, bon, c'est l'été, il fait chaud et elle peut se mettre à l'aise puisque après tout personne n'est à la maison, le moteur de recherches de Google, avec son air bien innocent, cause, en réalité, pas mal de dégâts.

Ainsi en va-t-il depuis 2008 de sa fonction "Google Suggest" qui, comme son nom l'indique, vous suggère, au fur et à mesure que vous tapez un mot clé, d'autres termes associés à votre recherche. Si plusieurs sociétés s'étaient déjà plaintes de ce que l'association suggérée à la suite de leur nom commercial était dévalorisante, le juge, jusqu'à présent, refusait de considérer la responsabilité de Google, considérant que la fonction suggest permet, effectivement, d’obtenir des résultats pertinents et contribue donc à la libre circulation des informations sur le réseau.

Mais la société Direct Energie, n'écoutant que son courage, a quand même réagit contre Google, tellement elle avait les grosses bouboules. C'est que, voyez-vous, lorsque l'internaute entrait son nom, apparaissait comme suggestion "Direct Énergie arnaque". La société a alors attrait en justice Google pour que soit ordonné le retrait de cette suggestion, sous astreinte de 2000 € par infraction constatée. Pour bien prouver cet état de fait, la société a communiqué un constat d'huissier établissant que "Direct Energie arnaque" était la première des 10 suggestions proposées par Google.

Évidemment, Google s'est défendue en indiquant que la fonction « Suggestions de recherches » est une fonction statistique, automatique et objective du moteur de recherche Google, et que l'apparition des termes « direct énergie arnaque » est manifestement licite et légitime, puisque ces termes représentaient en fait le reflet objectif des recherches des internautes qui sont statistiquement les plus fréquentes.

Le juge des référés a cependant dit que, "quel que soit le procédé automatique invoqué par Google pour justifier l’apparition de « direct énergie arnaque » au premier rang, cette présentation fait peser sur Direct Énergie une suspicion de comportement, au minimum, commercialement douteux. Cette présentation est d’autant moins admissible que ce terme n’est pas, et de très loin, le premier en nombre de recherches indiqué sur le même écran (quelques dizaines de milliers contre plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions pour les termes suivants), ni même le premier par ordre alphabétique.  Ce faisant Google participe, fût-ce involontairement, à une campagne de dénigrement de Direct Energie à qui elle donne un écho particulièrement important vu le nombre considérable d’internautes utilisant ses services, ce qui entraîne un trouble manifestement illicite."

La société Google a donc été condamnée à enlever cette suggestion sous astreinte de 1.000 € par infraction constatée.

Google a fait appel de cette décision. Il est donc un peu tôt pour crier  définitivement à l'émergence d'un nouveau contentieux. Mais,  quand même, c'est prometteur.

Personnellement, je n'approuve guère, sur certains points, le raisonnement du juge  : car prendre en considération le fait que la suggestion "Direct Energie arnaque" apparaisse en premier alors qu'elle ne représente,  ni le nombre de recherches, ni ne correspond à une logique alphabétique, ne m'apparaît pas pertinent. C'est un outil statistique qui prend en compte plusieurs paramètres et,  partant, il ne me semble pas fautif que tel ou tel résultat apparaisse en premier, indépendamment des critères alphabétiques ou du nombre de recherches.

Non, le vrai fondement  du raisonnement c'est de considérer que cet outil statistique peut contribuer à une campagne massive et involontaire de dénigrement d'une société, ce qui permet par conséquent d'exiger de Google qu'elle retire la suggestion.

Ce raisonnement est une première en droit français à ma connaissance. Car, en général, lorsqu'une société dénigre massivement une autre, ce n'est pas involontaire, tout au contraire.

Quoiqu'il en soit, j'ai tapé dans Google Grand puis Maître puis B et, vous n'allez pas le croire, je n'ai obtenu aucune suggestion ! De même qu'il y a des silences qui en disent beaucoup, cette absence de résultat laisse entendre que je ne suis pas populaire. Google contribue donc à une campagne massive et involontaire de dénigrement de ma personne, et je vais exiger en justice qu'il publie un dessin de Couly, de tout le personnel de la société se prosternant au pied d'une statue de GMB, avec Fishbone, le dictateur, et Pork-pork man en coin qui....Comment ? Je l'ai déjà faite celle-là ?

Bon, bon, ok ok, alors, voilà ce qu'on va faire. Chacun d'entre vous va demander à sa famille et à ses amis de taper la recherche :

Grand Maître B est mon Dieu.

Allez, tous ensemble ! On peut y arriver !

Grand_Maître_B
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Jurigeek Strips n°4
20/07/09 16:19
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Vous connaissez la justice. Vous connaissez Street Fighter IV. Et jusqu'à aujourd'hui, vous ne voyiez pas le rapport. Eh bien le voilà en images !


 

 

Grand Maître B
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Vous avez du vague à l’âme ? Vous aimez bien votre chat ? Vous êtes fier de votre librairie de jeux ? Bon, ben, désolé, ici, on s’en fiche totalement, vous vous êtes trompés d’onglet ! En revanche, vous voulez ruiner votre voisin ? Vous voulez vous protéger derrière le bouclier, et pas que fiscal, de la loi ? Vous souhaitez tromper l’ennui de vos longues soirées d’hiver en feuilletant un code, mais sans savoir par lequel commencer ? Alors, soyez le bienvenu ! !

Ici on disséquera le monde numérique à grands coups de constitutions, lois, décrets, jurisprudences, doctrines, que ce soit au niveau français, européen, international voire galactique, alors âmes sensibles s’abstenir.

Et n’oubliez pas que le Maître, tout Grand et tout B qu’il soit, ne répondra pas forcément à la seconde, il a aussi des vrais dossiers à gérer dans la vraie vie.

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