Depuis la sortie de l’extraordinaire Mark of the Ninja de Klei Entertainment (Canard PC n° 262 9/10, achetez-moi cette merveille), les développeurs ont compris qu’ils ne pourraient jamais faire mieux et ont tous lâché l’espoir de pondre un bon jeu d’infiltration pure. Tous ? Non! Un petit studio d'irréductibles Espagnols résiste encore et toujours. Lince Works (puisque c’est son petit nom) planche depuis un bout de temps sur Aragami, un jeu de cache-cache-égorgement dans le Japon féodal. Les plus attentifs (et vieux) d’entre vous auront tout de suite pensé à Tenchu. Aragami possède en effet quelques similitudes avec la série de From Software née en 1997 sur PlayStation. L’univers, d’abord, avec son shogunat, ses ninjas, ses pagodes et ses châteaux massifs plantés au sommet de collines verdoyantes. Mais aussi la manière qu’a le titre de vous plonger dans les seyants collants d’un assassin furtif, qui guette ses proies tapi dans les ombres avant de leur fondre dessus pour vérifier l’intégrité de leur gorge à l’aide d'une lame affûtée. Malheureusement, tout comme son modèle, Aragami se prend les pieds dans le superbe tapis persan de sa maniabilité. Malgré ses nombreux pouvoirs agréables à utiliser (comme sa fidèle téléportation qui lui permet de sauter d’ombre en ombre), notre ninja est un peu pataud et ne se voit pas vraiment aidé par la caméra farceuse qui s’amuse parfois à faire n’importe quoi. Son level-design, souvent inventif et travaillé, se retrouve démoli par cette maniabilité rigide et des ennemis peu inspirés copiés-collés un peu partout. On est encore loin d’un Mark of the Ninja qui, pour 5 euros de moins, vous rendra bien plus heureux.