Le jeu nous place dans la peau d'une personne qui vient de mourir et se retrouve aux enfers, dans l'équivalent d'une cité sensible du joli nom de « lac de feu ». Ce qui, admettons-le, est presque aussi poétique que « cité des Bleuets ». Dans cette zone de non-droit divin, les pires raclures de l'humanité se retrouvent pour être punies, et les plus chanceux finissent en gueuleton pour les démons inférieurs, des créatures au corps de satyre dont la tête se sépare en deux pour ouvrir une énorme gueule pleine de crocs. Les autres, ceux qui sont du genre à tirer le gros lot, sont laissés dans un coin avec leur folie et passent le temps comme ils peuvent, en se collant des coups de poing, en pleurant ou, pourquoi pas, en finissant intégrés au mobilier dans un remake déglingos de D&co. Et malgré sa version estampillée « alpha trop dark 0.666 », Agony est déjà parfait sur le plan de la direction artistique et de l'ambiance. Le bourdonnement permanent des cris, les grognements des monstres, les décors à mi-chemin entre la pochette d'album de black metal et les œuvres de Giger... Et je ne vous parle pas de ces innombrables saynettes qui nous plongent toujours un peu plus dans la démence, comme ce type au regard vide qui bouche un mur avec des gros rochers et des bébés à tête de vieillard. Bref, un titre qui, à défaut de nous faire sursauter tous les trois mètres, cherche à triturer nos esprits fragiles.