Il est des jeux qui, dès leur annonce, sentent le pâté. D'autres qui peinent à convaincre avec leurs premiers trailers. Et puis il y a ceux dont, en fait, personne ne voulait. Metal Gear Survive réussit l'exploit d'appartenir aux trois catégories à la fois. Autant vous dire que je me faisais une joie de l'éparpiller façon puzzle. Présentons l'objet du délit : juste après la fin de MGS V, des trous de ver apparaissent et envoient contre leur gré des militaires dans un univers alternatif rempli de zombies. Les bidasses exilés doivent y protéger un générateur au sein d'une base. Bref, le multi est un croisement de tower defense et de mode horde. Je dis « le multi » car si le jeu aura, paraît-il, une campagne solo, aucune information n'a filtré à son sujet.
Après un (trop) long passage par un lobby faisant office de didacticiel, les choses sérieuses commencent. L'itinéraire des zombies étant indiqué sur la minimap, l'objectif premier est de placer grillages, obstacles et tourelles pour ralentir leur progression. Ensuite, c'est parti pour le nettoyage. Après chaque vague, une « mission secondaire » offre la possibilité de récupérer équipement et munitions, ces dernières étant en effet assez limitées. Il est également possible, avant la troisième vague, de grimper sur un walker et de dézinguer les zombies à grands coups de pied – c'était d'ailleurs le moment le plus amusant du jeu. S'il n'a de Metal Gear que le titre et quelques éléments graphiques, Survive n'est pas non plus l'immonde bouse qu'imaginent les hordes de fanboys qui n'y ont pas encore joué mais hurlent déjà à l'hérésie. En même temps, c'est de bonne guerre : l'équipe marketing de Konami a voulu choisir un titre opportuniste, elle en paye le prix. Néanmoins, vu l'ennui qui commençait déjà à poindre au bout d'une seule partie, on peine tout de même un peu à saisir la raison d'être de ce jeu.