Elle est belle, mon usine. Quelque chose comme 3 000 mètres carrés de béton brut, avec poutres métalliques apparentes. Ça en jette, surtout que les lumières sont splendides grâce à l’Unreal Engine 4 utilisé par l’architecte. Belle, donc, mais vide. Comme mon compte en banque, digne d’un PEL de sans-abri avec ses 100 000 malheureux dollars. Sérieusement, qu’achète-t-on aujourd’hui, avec 100 000 dollars ? Une place de parking à Paris ? Et encore, dans un arrondissement pourri. Mais j’ai un réseau. Des dizaines de copains louches, russes, américains, anglais, prêts à m’acheter tout le nécessaire pour mener à bien un génocide par-ci, un coup d’État militaire par-là. Ils veulent des cartouches de 5.56, de 7.62, du .45 ACP, du 9 millimètres, du 22 long rifle. Ils veulent aussi le flingue qui va avec, et de quoi habiller le bon gros mercenaire brutal qui portera tout cet équipement. Ça tombe bien. Grâce à mes années d’expérience acquises sur Factorio et Big Pharma, je me suis forgé une réputation dans le métier. On m’appelle le Mozart du tapis roulant. Le Rembrandt de la chaîne de production.