Si j'ai trucidé autant de monde dans Rage 2, c'est parce qu'on ne m'a pas laissé le choix. En arrivant dans les locaux de Bethesda à Paris pour passer une heure et demie sur le jeu, j'étais pétri de bonnes intentions : je me disais qu'on allait reconstruire ce monde ravagé par une guerre nucléaire, qu'on construirait des éoliennes et qu'on discuterait démocratie participative. Hélas, les habitants du désert de Rage 2 sont hostiles au changement ; ils n'ont pas le sens de l'effort. Plutôt que de débattre sereinement, ils ont préféré se regrouper en bandes, s'armer jusqu'aux dents et tenter de me trucider. Alors, bien sûr, il a fallu que je me défende. Comment, et ces boomerangs à tête chercheuse, cette voiture-gatling, ce bazooka qui lance des rafales de roquettes ? Oui, vous avez raison, il est possible que j'aie dépassé une ou deux fois le cadre de la légitime défense... Il est même probable que je me sois emporté. Mais tout ça, c'est la faute du jeu. Alors que le premier Rage (2011) était un FPS mou du genou et dispensable, sa suite proposera des combats bien plus passionnants : comme de juste, il y aura des barils rouges qui explosent, des fusils à pompe assourdissants, des grenades à esquiver et des jambes qui prennent leur indépendance dans une gerbe de sang. C'est id Software lui-même (oui, id Software, le studio qui a à moitié inventé le FPS) qui a conseillé Avalanche de très près pour s'assurer que la moindre fusillade serait un petit bijou de perfection.