L.F. Sébum

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Doorkickers - SAV

Dans la rubrique « Service après-vente », la rédaction de Canard PC revient sur des jeux testés dans les numéros précédents pour juger, d'un œil sévère mais juste, de la qualité des mises à jour importantes et du suivi apporté par les développeurs après la sortie.

PROTIP – Face à une unité ennemie qui dispose de poison, une seule solution : sortir une pelle et commencer à creuser des tombes dans le sable pour y enterrer vos fidèles.
Nowhere Prophet - Hommages et désert

Longtemps j'ai voulu être prophète. Il faut dire que ça a l'air chouette comme métier quand on est enfant. On se promène dans le désert avec son crew, on dispose d'une ligne directe avec Dieu, on peut écrire des livres pleins de cochonneries (Ézéchiel 23:20) sans que personne ne vous dise rien, et on porte un nom trop cool qui ressemble à ceux des bonbons Haribo®, comme « Agabus » ou « Zacharie ». Franchement, si la conseillère d'orientation de mon collège ne m'en avait pas dissuadé en évoquant les risques de finir décapité ou farci de flèches, j'aurais probablement envisagé un BTS prophétie. Et, comme me l'a appris Nowhere Prophet, j'aurais eu tort.

Izual se demande qui allume les torches dans les donjons abandonnés de Skyrim. Moi j'aimerais savoir qui fait la poussière dans le palais éternel d'Echo.
Echo - Répétition générale

Quoi qu'en pensent ces pisse-froid de profs, qui passent leurs week-ends à traquer les plagiats de Wikipédia dans des piles de copies pour un salaire horaire dont même un employé de Foxconn ne voudrait pas, il y a une certaine beauté dans le copier-coller. Dupliquer sans limite des bâtiments et des modèles 3D jusqu'à l'absurde ou à l'infini, n'est-ce pas magnifique ? C'est la question que nous posait déjà Dragon Age 2 en 2011, à laquelle Guy Moquette avait répondu : « Non mais arrêtez de vous chercher des excuses les mecs, si tous les donjons de votre jeu sont similaires c'est juste parce que vous êtes des gros feignants. » Le cas d'Echo est un peu plus intéressant.

Dans cet épisode de « Bienvenue chez nous », le maréchal Erwin Von Ribbentrop et son château en Bavière recueillent la note de convivialité maximale.
Call of Duty : WWII - J'irai revoir ma Normandie

Adorno se demandait comment écrire après Auschwitz. Perso, je me demande comment on faisait pour écrire avant. Depuis soixante-dix ans, tout, absolument tout, des œuvres les plus savantes à la pop-culture, est fourré au nazi. Qu'on cherche un roman d'aventure, une nouvelle mise en scène d'Euripide ou un comic book, presque impossible d'en trouver un où ne figurent pas les bricolos du Reich. Signe d'un manque d'imagination ? Peut-être. Étant d'un naturel optimiste, je préfère me réjouir qu'Adolf Hitler, peintre qui toute sa vie est resté méjugé par ses contemporains, soit finalement devenu la muse de trois générations d'artistes. C'est toujours chouette quand une histoire finit bien.

Comparaison de documents (1/2).
Paris Games Week 2018 - On y est allés pour que vous n'ayez pas à le faire

Un reportage photo de Kahn « fossoyeur du rire » Lusth et de Louis-Ferdinand « langue de pute » Sébum.

« Ne montre pas la lettre de Oudidon, malheureux, sinon tous les dév' indés de France vont nous en envoyer une et on va mourir ensevelis sous le courrier ! », me crie-t-on dans l'oreillette. Tant pis, je vous la montre quand même.
Brakes are for Losers - L'Histoire sans freins

Comme Oudidon, le développeur de Brakes are for Losers, j'aime quand ça ne freine pas. Par exemple, depuis ce matin, j'ai bu six cafés. Il est 16 h 30, mon âme est exaltée, mes sens en éveil, mon corps vif, j'entends les formes, je parle aux objets, le sommeil et la ponctuation ne sont plus que de vilains souvenirs.

Entretien avec Sandy Petersen - Interview en (presque) compagnie de H.P. Lovecraft

Sandy Petersen est l'un des concepteurs les plus fascinants et les plus polyvalents de l'histoire du jeu de plateau. Né en 1955, il a commencé sa carrière de game designer chez Chaosium. C'est à lui que l'on doit le jeu de rôle L'Appel de Cthulhu, première adaptation de H.P. Lovecraft, un auteur dont l'œuvre fascine Petersen depuis son adolescence. Il est d'ailleurs devenu l'un des plus grands spécialistes au sein de la pop culture américaine. Passé au jeu vidéo dans les années 90, il a contribué à certains des titres les plus célèbres de la décennie, tout d'abord chez MicroProse (Sid Meier's Pirates! et Civilization) puis Id Software (Doom et de Quake) et enfin, Ensemble Studios (Age of Empires, Halo Wars...). Après avoir donné des cours de game design et conçu des jeux iOS, il est revenu en 2013 à ses premières amours : H.P. Lovecraft et le jeu sur table. Il crée sa société, Petersen Games, et publie en 2015 le jeu de plateau Cthulhu Wars. En janvier prochain sortira Sandy Petersen's Cthulhu Mythos for Pathfinder, un guide pour utiliser le mythe lovecraftien dans une partie de Pathfinder.

Battlefield 1
Les loot boxes - Les éditeurs ont-ils ouvert la boîte de Pandore ?

Cette fois, c'est la guerre. Les joueurs ont sorti leurs fourches et leurs tweets, les éditeurs se sont barricadés dans leurs locaux, les articles indignés se multiplient, la révolution est en marche, il ne manque aux insurgés que des banderoles et un slogan. Que se passe-t-il ? Une nouvelle édition collector à 500 balles avec figurine en papier mâché ? Cloud Imperium Games a fini par admettre que Star Citizen n'était qu'un poisson d'avril qui avait mal tourné ? Si ce n'était que ça... Mais la réalité est bien pire, tenez-vous bien : plusieurs gros jeux de cette fin d'année (Assassin's Creed Origins, Battlefront II, Forza Motorsport 7 et L'Ombre de la guerre, pour ne citer qu'eux) proposent aux joueurs d'acheter des loot boxes, pochettes surprises contenant des récompenses aléatoires. Dit comme ça, cela paraît presque anodin. Et pourtant...

City of Brass - Djinn brut

Des pièges. Des saloperies de pièges, partout. Des trappes qui s'ouvrent sous mes pieds, des tourelles qui me tirent dessus, des bouches à feu qui me mitraillent, des pics qui sortent du sol, des poteaux tournoyants couverts de lames de rasoir, des ronces dans lesquelles je m'empêtre... Impossible de faire un pas dans cette foutue ville sans finir réduit en charpie par l'invention d'un artificier fou. S'il y a bien une chose que les jeux vidéo nous ont apprise depuis Prince of Persia, c'est que l'Orient, non content d'être compliqué, est farci de pièges mortels.

Mon premier CPU à peu près complet, une architecture tellement pourrie que même Cyrix n'en aurait pas voulu.
Silicon Zeroes - Assembleur et sans reproches

Au moins, ça change. D'habitude, les jeux historiques nous parlent d'un passé héroïque plein de chevaliers, de révolutionnaires et de G.I. armés jusqu'aux dents. Des bonshommes, quoi, qui défendent la veuve et l'orphelin de toute l'épaisseur de leurs gros bras. Silicon Zeroes, lui, nous transporte dans la Californie des années 1960, à l'époque où la start-up nation, la publicité ciblée et les loyers vertigineux de San Francisco n'étaient encore que les rêves un peu fous de quelques geeks maigrichons et visionnaires.