Cabinet de curiosités

Chienne de vie

Malgré mes suppliques, mes caprices, mes promesses de bonnes notes et de conduite exemplaire, malgré mes grands yeux humides et un art consommé du menton tremblottant, malgré les mains jointes en une prière à laquelle il m’apparaît rétrospectivement difficile de résister, je n’ai jamais eu de chien. Mes parents ont toujours refusé. Je n’ai donc jamais connu la force de ce lien qui unit l’animal à son humain, ces bâtons lancés, ces croquettes versées, ces retours à la maison fêtés par une bestiole poilue et pleine d’amour.

L’imagination au couloir

Plus je vieillis et plus j’aime qu’on ne m’explique pas grand-chose. Qu’on me fasse vivre des tas d’émotions, des grandes des belles des mystiques et des pathétiques, et puis qu’on m’abandonne sur le bas-côté de la fiction avec pour toute consolation un grand besoin d’explication niché au fin fond du cerveau. Oh, je n’irai peut-être pas très loin. Je n’échafauderai sans doute aucune théorie convaincante. Mais parfois, dans les jours qui suivront, je me surprendrai à revisiter mes souvenirs pour combler les blancs. Et j’aime ça.

La place du mort

La tête dans le seau, le moral dans les chaussettes, l'estomac dans les talons, une araignée au plafond, un petit vélo dans la tête et des choses en travers de la gorge : il y a des jours où rien n'est en ordre, où tout a foutu le camp pour aller se fourrer n'importe où. Et puis plus ça va moins ça va. Alors on décide qu'on va se remettre les idées en place. Et ça marche plus ou moins. C'est un peu l'histoire de nos deux jeux du jour. Ce qui permet a minima de se sentir moins seule.

Liens hyper texto

Tout texte se lit un mot après l'autre. Un texte, c'est donc un genre de fil que vous découvrez en tirant dessus. L'ordre de ce que vous y voyez a été déterminé par un auteur (vous avez le droit de tricher bien sûr, mais vous savez bien que lire tout de suite le dernier chapitre de ce polar vous expose à des déconvenues). À l'occasion du concours 2018 organisé par le site fiction-interactive.fr, on a vu que la scène francophone, discrète mais active, avait dans sa besace des tas d'autres manières de nous faire voyager dans les mots.

Roupie de cent sonnets

Il paraît qu'il y a de la poésie partout pour qui sait la voir. J'ai lu ça sur un Pinterest de lettering. Et devinez quoi ? Deux minutes après, je me rendais compte que ma feuille de brouillon comportait la moitié droite d'un des Spleen de Baudelaire, reliquat de mes révisions de bac français. « vieille hydropique / eur et la dame de pique / de leurs amours défunts ». Partout on vous dit.

Prévention des tristes

On a beau être d'un naturel curieux et angoissé, rien à faire, il y a des choses auxquelles personne ne pense tant qu'il n'y est pas directement confronté. Vous savez que ça existe, vous le gardez dans un coin de votre esprit, mais cela reste virtuel. Une fiction. Un rêve. Mais une fois que la force de l'expérience a transformé cette histoire en réalité, ce n'est plus la même farine.

Écrits cathodiques

Il paraît que la télévision est en déclin, aux portes de l'agonie, bientôt sur son lit de mort (je force un peu le trait pour cette introduction, ne faites pas attention). Eh bien, les jeux vidéo, qui sont encore conçus par des gens suffisamment vieux pour avoir entraperçu un écran cathodique, ont décidé de lui rendre un vibrant hommage.

Je suis la ténébreuse

C’est peut-être dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes, mais c’est surtout dans les espaces étroits et sombres que l’on crée les meilleures angoisses. Enfin si je dis ça, c’est peut-être que je suis plus claustro qu’agoraphobe, mais si on ne peut plus se prendre comme mètre-étalon de l’humanité, s’il faut faire preuve de bonne foi et s’intéresser aux autres, cela devient un peu trop compliqué pour moi. Voici donc une sélection spéciale espaces clos et limités et tant pis pour ceux qui préfèrent les souffrances liées aux immensités infinies.

La nuit je déplacement

Une fois n'est pas coutume, je vais profiter de cette brève introduction pour vous recommander de jouer à un jeu. En l'occurrence, Mushroom Délicieux. Il s'agit d'une brève promenade dans la forêt, promenade durant laquelle vous mourez de faim et cherchez donc à vous nourrir. Considérez cela comme un petit échauffement. Perso, rien que le nom m'a ouvert un portail vers le nirvana.

Peur sur l'Advil

Les gens qui cherchent à vous coller la frousse ont une espèce de boîte à outils, d'où ils sortent des araignées, des créatures inhumaines, des squelettes et de la magie noire. On considèrera comme curieux de choisir de faire peur avec des choses super communes, telles qu'une pizza quatre fromages ou un trajet quotidien en voiture. De même, l'utilisation de magie noire ou de squelettes dans un contexte léger constitue une intéressante perversion.

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Stalker 2 : Heart of Chornobyl - En route pour une deuxième couche de zone

Des troupeaux de chiens faméliques qui errent au beau milieu d’un champ de ruines radioactives, une petite cahute perdue sur un parterre de coquelicots sauvages, un parc d’attractions laissé à l’abandon, un personnage qui se fait déchiqueter dans un marécage peuplé de cochons mutants : il y avait déjà de quoi trépigner face aux premières images de Stalker 2, dont la sortie a été plusieurs fois repoussée depuis le début de la guerre en Ukraine.

Redfall - Buffy trop garni ?

« Trouve-moi tout ce que tu peux sur Redfall. Tout le monde a envie de savoir si c’est Left 4 Dead avec une moustache ou Far Cry 3 avec un faux-nez. » Voilà la consigne d’Ellen Replay et voilà pourquoi c’est elle la cheffe : la capacité à identifier le problème.

Coffee Talk Episode 2 : Hibiscus & Butterfly - Infusion, deuxfusion

Bip bipbrrrrrrrrmtchhhhhhh – Bonjour monsieur, installez-vous ! Je suis à vous dans un instant. tchhhhbrrrrmfshhhhh – Et voilà madame, votre cappuccino à emporter, comme convenu. Attendez – voooosh – votre fleur préférée dessinée dans le lait, pour porter chance. Et bonne journée ! - ding ding – Monsieur, c’est à nous. Vous avez choisi ?

Mewgenics - The Binding of Whiskas

Comme le dit probablement l'une de ces fables de La Fontaine que personne ne connaît et qui porte un nom grotesque du genre Le Coucou et l'Hippopotame : « Rien ne sert de faire beaucoup, il convient de faire bien. » Ainsi d'Edmund McMillen qui, en une poignée de jeux, dont un en Flash et un spin-off, a su s'imposer, à tel point que chacun de ses projets est désormais un événement, même lorsque ledit projet est complètement perché.

Atomic Heart - Il est presque Prey

Pendant cinq ans, Atomic Heart est resté nimbé d’une aura de mystère. Lorsque le jeu s’est dévoilé par bribes, il a laissé apercevoir une sorte de BioShock soviétique. Sauf que la fois d’après, on pensait plutôt à un Stalker linéaire. Et puis à un Half-Life ouvert. Bref, on était largués. Jusqu’à ce que mi-janvier, un mois avant la sortie officielle, le studio Mundfish nous invite à jouer plusieurs heures à Atomic Heart pour en avoir le cœur atomique net une bonne fois pour toutes.