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Kickstarter : la tête dans le pion

D'après une étude réalisée par ICO Partners, ce n'est pas la grande forme pour les projets de jeux vidéo sur Kickstarter. Les fonds levés lors du premier semestre 2017 sont certes un peu plus élevés qu'en 2016, mais restent deux fois moindres qu'en 2015. Et il faut remonter à 2013 pour trouver l'année la plus prolifique pour le jeu vidéo. Remise en question du financement participatif ? Pas du tout. La preuve : les projets de jeux de plateau ont eux le vent en poupe, avec une augmentation de près de 40 % entre les premiers semestres 2016 et 2017, sur une courbe qui n'en finit pas de grimper. Comme dans ce secteur, on recense assez peu de cas de boîtes envoyées aux backers avec seulement la moitié des pions et des plateaux de jeu partiellement imprimés, il y a peut-être un début d'explication à chercher de ce côté...

Laws of War, le prochain DLC d'Arma 3, s'intéressera aux organisations non gouvernementales. On parle d'une campagne centrée sur le déminage, de vans aux couleurs de la Croix-Rouge, d'un propos limite pacifiste... De quoi patienter jusqu'aux obus à fragmentation du DLC suivant, consacré à la simulation de tanks destructeurs.
What the artefact ?

Tout à coup, sans prévenir, Valve a révélé son prochain jeu vidéo. On imagine l'émotion du public qui assistait à l'annonce, sa joie immense à l'idée de vivre de nouvelles aventures ciselées par le légendaire studio des Half-Life et Portal. À l'écran, il y a d'abord eu un logo mystérieux, fait de sublimes triangles mordorés. Puis un nom qui touchait au divin : Artifact. Quelque part à Paris, des larmes de joie coulaient sur les joues d'ackboo. Il y eut une seconde d'attente. Une merveilleuse seconde. Et puis un sous-titre est venu compléter l'ensemble comme Michel-Ange aurait donné le dernier coup de pinceau à la voûte de la chapelle Sixtine. Artifact – The Dota Card Game. Un nouveau concurrent à Steam, l'autre grand jeu de cartes à collectionner de Valve.

Ensemble, tout devient combustible

Jusqu'à la mi-juillet, on pensait que Just Cause 3 resterait à jamais dépourvu de mode multijoueur. Une équipe travaillait bien à un mod amateur pour en rajouter, mais à l'été 2016, Avalanche avait eu l'excellente idée d'embaucher l'auteur du mod et de lui donner d'autres chats à fouetter (rassurez-vous, c'est juste une expression). Heureusement, voilà qu'une autre équipe de moddeurs a sorti son propre mode multi amateur, qu'on trouve désormais sur la boutique de Steam au prix de 0 euro. Soyez prévenu, il est totalement dépourvu de personnages non joueurs et plante régulièrement. Il reste cependant fort agréable de s'y balader à plusieurs pour conduire (faire exploser) des camions, piloter (faire exploser) des avions de chasse, détruire (faire exploser) des plateformes pétrolières et bavarder avec (faire exploser) des amis.

Malgré un démarrage en dents de scie, Rainbow Six Siege vient de dépasser les 20 millions de joueurs un an et demi après sa sortie. Raison de ce succès : les développeurs d'Ubisoft Montréal ont réglé les problèmes de triche puis régulièrement sorti du contenu de qualité. Comme si respecter le consommateur, en fin de compte, était rentable.
Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë et coprésident du comité pilotant les JO de 2024 à Paris, veut discuter avec des acteurs de l'e-sport. Même si le jeu vidéo est autant un « sport » que le bridge, il pourrait avoir droit à sa petite compét' en marge des vrais Jeux, ceux avec de la vraie transpiration et des vrais anabolisants.
Un contrôleur pour tous les contrôler

Dans la rubrique « Ça a l'air cool mais évitez de précommander avant les premiers tests », signalons le décollage imminent du All Controller, la première manette universelle. L'engin servira de contrôleur pour n'importe quelle machine : PC, Mac, Xbox 360, Xbox One, Playstation 3 et 4, téléphones Android et iOS. Il est beau comme tout avec son écran LCD intégré permettant de sélectionner 18 drivers différents, de programmer des macros et même d'émuler le clavier et la souris. Le plus surprenant, c'est que le prix reste raisonnable. Autour de 45 euros pour la version USB filaire, 70 euros pour la version sans-fil compatible Bluetooth. Il doit y avoir une entourloupe, mais j'ai beau lire la page du projet Kickstarter (dont l'objectif a été explosé en quelques jours), je n'ai pas trouvé. Les premières livraisons sont prévues pour mai 2018.

La femme est l'avenir du dunk

Le sport féminin, salement boudé par la télévision, est tout aussi royalement ignoré par les développeurs de jeu vidéo. Les choses s'améliorent toutefois lentement. Electronic Arts était déjà en pointe sur le sujet depuis FIFA 16 – probablement le premier jeu de sport AAA à inclure des équipes féminines. Pour NBA Live 18, l'éditeur va encore plus loin : l'ensemble des joueuses des douze franchises WNBA (la ligue de basket féminin aux États-Unis) ont été dûment scannées et numérisées dans les studios d'EA Tiburon, ce qui permettra pour la première fois de jouer un véritable championnat féminin complet. Notez au passage que le grand rival, NBA 2K Live 18, restera lui uniquement consacré au basket masculin. Ce qui laissera quelques développeurs à traiter de fascistes cisgenderisés patriarcaux normatifs, ouf.

Motiga, Motiga... On reste Motiga.

La non-surprise de l'été ? Elle a pour nom Gigantic. Entre un développement problématique et une incapacité à paraître sexy aux yeux des joueurs de moba, nous avons vu venir son échec de très loin. Si, conformément à la tradition du genre, deux équipes de cinq joueurs s'y affrontent, le titre de Motiga n'en prend pas moins ses distances avec les codes de Dota et League of Legends. Il supprime en effet les sbires et autres tours de défense pour ne laisser qu'un gardien très puissant dans le camp de chaque équipe. Cette simplification des objectifs aurait pu condamner le titre d'emblée, mais à l'usage, Gigantic, sous ses allures de shooter atypique, reste plutôt agréable. Cependant, les développeurs ont loupé quelques coches. La liste de héros par exemple dépasse péniblement la vingtaine de personnages, quand le double serait le minimum syndical pour un titre fraîchement sorti. Les joueurs y tournent donc en rond rapidement et finissent par ne plus revenir. Conséquence : le matchmaking peine désormais à équilibrer les parties et laisse aux rares joueurs qui restent une sale impression d’inachevé.

Tencent, qui n'en finit plus de mettre ses doigts partout, a décidé de faire des coquineries avec Frontier, les créateurs d'Elite : Dangerous et Planet Coaster. L'éditeur chinois a laissé 23 millions de dollars dans les caisses du studio, avant de repartir avec 9 % de ses parts et son 06.