News jeu vidéo

L'E3 n'aura pas lieu en présentiel en 2022, selon les organisateurs du salon. C'est sans doute une bonne chose, vu que je me représente cet événement comme une vaste foire à la saucisse où tout le monde baigne dans sa propre sueur après une journée de conférences placée sous le signe de l'autocongratulation et des fausses promesses (on fait ce qu'on peut pour se consoler, hein). ER.

Aux grands mots les grands remèdes

À quoi bon débourser des fortunes en développant des AAA ultraréalistes et sophistiqués quand le monde préfère faire des jeux Télé 7 jours ? Ces derniers temps, le jeu sur navigateur Wordle a énormément gagné en popularité et compte désormais plus de 300 000 utilisateurs par jour, dont certains se sont mis à partager leurs résultats en masse sur Twitter. En gros, c'est une sorte de Motus où il faut deviner – seulement en anglais, malheureusement – un mot en cinq lettres, en six tentatives maximum. Chaque lettre correctement devinée, qu'elle soit à son emplacement exact ou non, vous est révélée afin que vous puissiez avancer. C'est parfait, évidemment, et j'attends déjà avec impatience le nouveau mot du jour. ER.

Comme le dit l'adage, l'année n'a pas vraiment commencé tant que Skull & Bones, le jeu de pirate d'Ubisoft Singapour, n'a pas été repoussé, mais le codirecteur du jeu, Antoine Henri, prend un peu d'avance en annonçant qu'il quitte le navire après 15 ans de bons et loyaux services (enfin, j'en sais rien, si ça se trouve il était mauvais et déloyal, mais j'extrapole un peu). N.M. 

Lassie, NFT fidèle

J'admets que j'ai peut-être une petite tendresse pour ces annonces où rien ne va. Premièrement, Ubisoft investit quelques millions de dollars dans Dogami, un jeu play-to-earn NFT blabla où il s'agira d'élever des chiens virtuels pour gagner du vrai pognon, parce que les trucs mignons, ça va bien 5 minutes. On a déjà dit à Ubisoft qu'on ne voulait pas de ses NFT, mais Yves ne veut rien entendre. Ensuite, parce que pourquoi pas, le jeu sera scénarisé (???) par Bryan Jason Lee Glass qui a beaucoup trop de prénoms pour un seul homme, un scénariste de Marvel et DC Comics (???). Enfin, parce qu'il ne faudrait pas s'arrêter en si bon chemin, la direction artistique du gentil jeu de toutous sur mobile est confiée à Gregory Magadoux, qui avait auparavant officié sur Tom Clancy's Elite Squad. Si je résume, ça nous donne donc des chiens super-héros en slip qui naviguent entre plusieurs chienverses, bardés de nouvelles technologies militaires, de droite, dans un jeu mobile destiné à permettre de boursicoter. Au début, j'étais méfiant, maintenant je suis curieux. N.M. 

Dans une interview avec le site japonais Toyo Keizai Online, le codirecteur des opérations de Sega, Shuji Utsumi, pense que l'ancien constructeur, avec toutes ses licences, a la capacité de devenir le « Marvel du jeu vidéo », sans doute dans le sens où « les jeux Sega ne sont pas du jeu vidéo ». N.M.

Le poids de la Chine

Depuis le mois de juillet 2021, aucun nouveau jeu vidéo n'a été approuvé par la NPPA, l'administration chinoise qui donne l'autorisation de diffusion sur son territoire. Sur cette même période, 14 000 studios chinois de jeux vidéo ont dû mettre la clé sous la porte. Et pour une fois, je n'ai pas rajouté un 0 en trop. C'est bien 14 000 studios, et même 18 000 depuis 2020. Je trouve ça dingue. Alors d'accord, les Chinois sont nombreux, mais quand même, 14 000 studios, c'est énorme, surtout quand on sait qu'en France il n'y en a que 3 (Ubisoft Montreuil, Ubisoft Annecy et les mecs qui font Dishonored, là, je sais plus le nom). Dans le même temps, par contre, Tencent a doublé ses investissements à l'étranger avec les rachats d'une partie de Klei, de Yager (Spec Ops : The Line) ou de Turtle Rock (Back 4 Blood), entre autres. Par ailleurs, je viens de lire dans un vieil article du Figaro qu'il y aurait plus de 20 millions de pianistes en Chine, un peuple, toujours selon Le Figaro, qui a « cette fascinante faculté à pouvoir tout jouer plus vite que les autres ». J'ai envie de dire : « Eh bah, ma bonne dame... » N.M. 

Braquage en monnaie de singe

Attendez, il y a forcément une fable de La Fontaine à faire avec celle-là. Ça pourrait s'appeler : le singe et l'idiot. Au village, il y avait un idiot si plein d'argent que celui-ci débordait. « Que pourrais-je faire avec tout cet argent ? », c'est ce qu'il se demandait. Il pensa à l'utiliser ou à l'offrir pour la charité. « Non ! Au diable tout ça, je vais le faire fructifier ! » C'est ainsi que le riche idiot acheta ses premiers NFT, des images de singes au format JPEG. Mais voilà qu'un matin, l'idiot revint au village. Son sourire était allé, pale était son visage. « Mes singes sont partis », expliqua-t-il aux villageois. Il avait été piraté, les 2 millions de dollars investis n'étaient plus là. Son erreur : il avait cliqué sur la mauvaise application. La preuve qu'il était propriétaire des singes appartenait maintenant à ses larrons. « J'aimerais qu'on me rende mes singes », expliqua-t-il sur Twitter un peu indigné. Mais beaucoup lui firent remarquer qu'avec le principe de la blockchain, il pouvait toujours se brosser. Honteux et confus, il jura qu'à l'avenir, il ferait plus attention : en utilisant un portefeuille de meilleure qualité, preuve, s'il en fallait une, qu'il était toujours un petit peu con. N.M. 

Still Levine you

D'après Bloomberg et le toujours chaud Jason Schreier – l'équivalent de Ivan Le Fou aux États-Unis – le prochain jeu de Ken Levine n'est pas près de voir le jour, huit ans après le début de son développement. Le projet, qui n'a toujours pas de nom, est sans cesse recommencé à zéro et tourne en rond à chaque fois que le patron change d'avis. Pour les employés de Ghost Story (le nouveau studio du créateur de Thief et BioShock), les soucis viennent d'un management désastreux dû à la personnalité peut-être très créative de Ken Levine, mais aussi un peu trop sûre de son génie, incapable d'entendre le moindre avis contraire au sien. Du coup, plusieurs employés, dégoûtés d'un projet qui n'avance dans aucune direction précise, ont déjà pris la porte. D'autres, qui témoignent de leurs inquiétudes, restent quand même confiants sur une sortie d'ici deux ans au minimum pour un jeu prévu, à l'origine, pour 2017. N.M. 

Yakuza se porte comme un dragon

La série Yakuza se porte bien, mieux que jamais même, et c'est aussi grâce au PC, sur lequel 2,8 millions de jeux ont été écoulés. Comme quoi, finalement, c'était assez simple : il suffisait de sortir le jeu sur toutes les plateformes au lieu de se concentrer uniquement sur la PlayStation, de proposer un épisode qui n'intimide pas les nouveaux joueurs, comme Yakuza 0 qui ne nécessite pas d'avoir fait tous les autres avant, Yakuza 7 ou Judgment, qui proposent des nouvelles histoires avec des nouveaux protagonistes, de ne pas faire une localisation à la truelle en censurant la moitié du contenu ou en doublant ça n'importe comment et même, soyons fous, de traduire le jeu en anglais et en français pour tous ceux qui ne parlent pas japonais, et le tour est joué. Il suffisait d'y penser. N.M.

La guerre des étoiles n'aura pas lieu

D'après un mec dont le coiffeur bosse avec une meuf qui connaît un type, il ne faudrait pas s'attendre à voir débarquer le Star Wars de Quantic Dream de sitôt. Bon, il se trouve que le mec en question, c'est Tom Henderson dont les informations sont régulièrement pertinentes (il doit avoir un super coiffeur), du coup, c'est assez crédible. D'après lui, le studio de David Cage fait face à plusieurs problèmes. D'abord, un problème technique, puisque c'est la première fois que Quantic Dream travaillerait sur un projet en monde ouvert avec un aspect multijoueur, ce qui ne s'improvise pas complètement. D'autre part, après avoir tenté en vain de se faire racheter pour trouver des ressources, le studio peinerait maintenant à recruter à cause de sa mauvaise réputation en termes de conditions de travail. D'après Tom Henderson, il ne faudrait donc pas attendre le jeu avant au moins quatre ans, au minimum. N.M.