Papier culture

Alan Moore présente Swamp Thing

Franchement, c'est presque fatigant. Fatigant de lire, une fois de plus, une BD d'Alan Moore, et fatigant de constater, une fois de plus, que c'est parfait, génial, beau, poétique, onirique, intelligent, drôle, sensible. Il y a quelques mois, je parlais de Sandman de Neil Gaiman, et c'est toujours impeccable. Juste un tout petit peu moins, depuis que j'ai lu Swamp Thing d'Alan Moore, la créature du marais revisitée, et que j'ai constaté que tout y était déjà : une cosmogonie délirante, des chapitres qui sont des poèmes visuels, une structure éclatée qui présente une grande histoire faite de petites histoires, une écriture à tomber. Et ces mots, dans la préface : « C'est en découvrant Swamp Thing d'Alan Moore que Neil Gaiman décide de se mettre à la BD. » Bah, tu m'étonnes. De la créature originelle, Alan Moore garde un soupçon d'horreur, mais il la fait partir à travers l'espace, le temps et la conscience dans une odyssée aussi belle que psychédélique et, une fois de plus, chaque page est une œuvre d'art.

My Analog Journal

Bien sûr, il y a Lofi Hip Hop Radio, la chaîne musicale idéale à écouter en travaillant. C'est très bien, juste assez mélodieux pour ne pas tomber dans la musique d'ascenseur et juste assez répétitif pour ne pas trop attirer l'attention. Mais voilà, la Lo-fi pépère, parfois, c'est un peu trop pépère justement, et après plusieurs jours à avoir eu l'impression d'écouter le même morceau pendant huit heures, l'envie de faire une sieste peut parfois prendre le dessus et nuire à la productivité de l'employé. C'est pourquoi j'ai remplacé LoFi par My Analog Journal. Le principe de la chaîne est tout bête : dans chaque vidéo, un DJ à la culture musicale prodigieuse (aidé à l'occasion de quelques invités) se filme en train de mixer des morceaux d'un pays différent. Ça va de l'électro polonaise au funk zaïrois, c'est toujours complètement inattendu et très chill. Idéal à écouter à longueur de journée de boulot pour varier les plaisirs et, parfois, tomber sur une perle qu'on n'aurait jamais découverte autrement.

Umbrella Academy

Parfois, j'ai l'impression que les ponctions mensuelles de Netflix sur mon compte en banque se résument à me permettre de regarder une cent dix-huitième fois La Cité de la peur. Mais cela reviendrait à occulter ces moments de grâce, où je découvre une série qui me scotche à mon canapé, déjà bien usé par une année de confinement.

Fleming, l’homme qui voulait être James Bond

« Tout ce que j’écris possède un fond de vérité », nous rappelle Ian Fleming en ouverture.

1952, extérieur jour : l'eau turquoise de la baie de Oracabessa plonge le spectateur dans un exotisme insouciant. Je n’ai jamais mis les pieds en Jamaïque et vécu plus de 50 ans sans savoir ce qu’avait fait Ian Fleming avant de créer James Bond. « Mais qu’est-ce qu’on s’en bat les sticks ? », allez-vous me dire. Oui, mais. Même s'il est (très ?) romancé dans la série, le parcours de l’écrivain pendant la Seconde Guerre mondiale est riche, cocasse, trépidant et complètement barré. Pas le temps de sécher votre paréo – on était à la plage, suivez un peu – qu’un flashback nous ramène en 1938, quand l'Angleterre n'était pas encore en guerre et où Ian, jeune trader sans ambition, menait une vie de playboy dissolu, aux crochets de sa famille. Porté par des épisodes rythmés, le spectateur que nous sommes découvre alors les nombreuses similitudes entre l’auteur et 007, au point même parfois d'oublier l'agent secret au profit de son créateur à la vie finalement bien colorée. À regarder au shaker, pas à la cuillère.

Judas and the Black Messiah

Je me méfie toujours un peu des « films à Oscars » – j'entends par là les drames pleins de bons sentiments, de préférence avec une dimension historique, qui ne prennent pas trop de risques et semblent plus soucieux de remplir leur petit cahier des charges que de faire du bon cinéma. Judas and the Black Messiah est effectivement un film à Oscars, qui a d'ailleurs permis à Daniel Kaluyaa de remporter celui du meilleur acteur dans un second rôle et décroché cinq autres nominations, mais il est fantastique à bien des égards : le film retrace l'ascension de Fred Hampton, jeune leader du parti des Black Panthers dans l'Illinois, alors qu'une personne de son entourage vient d'être embauchée par le FBI pour le faire tomber. Le réalisateur, Shaka King, le résume comme un mélange des Infiltrés et du Conformiste, et c'est à peu près ça – à ceci près qu'il tacle aussi le sujet des inégalités raciales sans concession, et décrit comment Hampton est devenu la cible des policiers tout en dénonçant les méthodes révoltantes du gouvernement.

Batman : White Knight

À la base, je voulais vous parler de la série Gotham, mais j'ai pas encore fini la deuxième saison, donc bon...

Julio Iglesias En El Olympia, un album que l’on peut écouter au moins chez Spotify et Deezer ou acheter un peu partout en ligne pour une douzaine d’euros.
Julio Iglesias En El Olympia

Chacun sa croix, vous savez. La mienne m’est tombé dessus sans prévenir, comme la chaleur en Galice.

Maniac

Depuis plusieurs années, chaque nouvelle série qu'on me recommande est l'occasion d'un long débat intérieur, avec pesage des arguments pour et contre façon Saint Pierre hésitant entre enfer et paradis.

Le Nouveau Stagiaire, un film de Nancy Meyers simplet mais chaleureux, avec Robert De Niro et Anne Hathaway. Disponible sur Netflix.
Le Nouveau Stagiaire

Ben Whittaker est un retraité qui a travaillé toute sa vie. Et forcément, Ben s'ennuie dans cette antichambre de la mort, constituée de rencarts mous et de yoga.

Le Temps du reportage

En 1973, Tom Wolfe proclamait la mort du roman au profit du « nouveau journalisme » – un style de reportage reprenant certaines traditions de la littérature, et s’attardant fréquemment sur des personnages fantasques et des histoires hors du commun.