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le 1 juin 2019

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Par L-F. Sébum | le 6 mai 2019

Canard PC 395 : Édito

News Hardware du CanardPC N°378

Industrie

Broadcom Trumpisé en beauté

Broadcom Trumpisé en beauté C

omme vous le savez, Broadcom fait des ronds de jambe à Qualcomm depuis plusieurs mois afin qu’il passe sous giron singapourien. Jusqu’à présent, en bon négociateur, Qualcomm jouait l’indifférence pour faire monter les enchères. Tiens, ça me rappelle cette camarade de 4e B qui, pour faire comprendre son sentiment amoureux à mon égard, ne me parlait pas, s’asseyait à l’autre bout de la salle et ne m’invitait jamais à ses boums… Pour en revenir au sujet avant que je ne commence à parler de rétrowave, la dernière offre de Broadcom s’élevait à 142 milliards de dollars, dettes comprises, de quoi financer une ou deux campagnes Canard PC sur Ulule. Et puis voici que Trump est tombé sur la news du numéro 371 évoquant l’opération. Et là, ni une, ni deux, le président a décidé d’apposer son véto à la vente, indiquant avoir des « preuves crédibles » que l’acquisition pourrait avoir des conséquences délétères pour la sécurité nationale des États-Unis, se rappelant que Qualcomm fournit du matos aux services secrets et à la Défense. De son côté, Broadcom s’insurge de ces suspicions d’espionnage, alors qu’il avait prévu, en gage de bonne foi, de rapatrier son siège aux États-Unis début avril.


GPU

GPU peur des fantômes

Le fabricant ASRock a décidé de se lancer dans la juteuse aventure de la carte graphique, certainement motivé par un marché où les GPU se vendent hors de prix depuis que les mineurs de cryptomonnaies spolient sans vergogne les productions à la sortie de l’usine (c’est tout du moins l’explication la plus avancée). Une vidéo évoquant vaguement une carte « Phantom Gaming » a été publiée, sans autres informations techniques pour rester fidèle au côté mystérieux de cet ectoplasme vidéoludique.


Sécurité

C’est sûr, plus rien n’est sûr

C’est sûr, plus rien n’est sûr L

e monde se remet à peine du séisme provoqué par Spectre et Meltdown qu’une société de sécurité israélienne, du nom de CTS-Labs, relance la psychose en affirmant avoir trouvé treize failles de sécurité majeures dans l’architecture Zen des processeurs AMD Ryzen et Epyc. Majeures, car les brèches permettraient de véroler les machines tout en restant virtuellement indétectables. Pour autant que ces failles existent – la société n’a pas livré les détails techniques permettant à d’autres experts de les reproduire –, il n’en reste pas moins que le comportement de CTS-Labs s’avère irresponsable, voire suspect. Tout d’abord, la société a prévenu AMD seulement 24 heures avant de publier son communiqué, lorsque l’usage est de laisser trois mois à une firme pour trouver une parade. Ensuite, CTS-Labs a créé le site « amdflaws.com » pour « informer le public » sur les vulnérabilités des puces AMD. Site où il mentionne « pouvoir posséder un intérêt économique dans la performance de la sécurité des compagnies ». Chercherait-il à jouer avec les cours en exagérant la dangerosité des (éventuelles) failles ? À suivre.

 


Sécurité

Une affaire Spectre réglée

Intel a annoncé que ses CPU pour serveurs Xeon Cascade Lake, prévus pour le second semestre 2018, seraient aptes à bloquer les attaques Spectre. La méthode consiste à isoler les applications les unes des autres à l’aide d’une technologie de partitionnement et de quelques rites vaudous (ce qui expliquera la présence de plumes et de globes oculaires dans les CPU). Le fondeur n’a toutefois pas communiqué sur les conséquences de cette méthode sur les performances, ni sur le marché très volatile des poulets.


Périphérique

Un utilisateur azerty en vaut deux

Un utilisateur azerty en vaut deux A

nne Brugnera, députée de la 4e circonscription du Rhône, a interpelé le secrétariat d'État au numérique au sujet d'un problème autrement balèze que la vente d’une centrale EPR à l’Inde en zone sismique (roulement de tambour) : l’uniformisation des claviers d’ordinateur au niveau européen (bruit de cymbales suivi d'un klaxon). Elle appelle à l’introduction d’un modèle de clavier commun aux membres de l’Union, car elle trouve « pertinent d’offrir aux Européens un matériel identique, facilitant ainsi un peu plus une économie partagée avec un nombre important de concitoyens se rendant chez leurs voisins européens pour étudier ou travailler ». Un projet qui serait complexe à mettre en œuvre, en raison des différences de caractères utilisés par les nations (les touches latines, avec leurs déclinaisons, les cyrilliques, les grecques). Autre obstacle à ne pas sous-estimer, l’attachement des peuples à leur disposition de clavier et leur faible enthousiasme à changer leurs habitudes. Si je m’autorisais à donner un avis personnel, ce qui, vous le savez, n'arrive jamais en raison d'une déontologie totale de niveau cinq, je conclurais par quelque chose de grandiloquent du genre « plutôt lécher un déchet nucléaire que d’abandonner l’azerty ».


Batterie

Proton batterie en patience

C

e nouvel épisode de la série « Batterie d’avenir, batterien pour nous » nous est offert par des chercheurs de l’université melbournangenaise RMIT (de Melbourne, donc). Ces gens ont développé ce qu’ils appellent la proton battery, un prototype de batterie hybride chimique et à hydrogène rechargeable qui en l’état délivre 1,2 volt et semble destinée à supplanter les lithium-ion. L’intérêt de la Proton est qu’elle sera à la fois peu coûteuse à fabriquer et écologique, puisqu’elle fonctionne à l’aide d’eau et de carbone. Attention, tentative d’explication technique par un type qui a passé un bac B, vous êtes prévenus : pendant la charge, l'eau est divisée pour produire des protons, qui ensuite passent à travers une membrane cellulaire et se lient aux électrodes de carbone. Lors de l’utilisation de la batterie, les ions hydrogènes sont libérés et reforment des protons en perdant un électron, électrons qui fournissent l'énergie. Les protons d'hydrogène se combinent alors avec l'oxygène et d'autres électrons pour reformer des molécules d’eau afin de boucler la boucle. S'il est commercialisé avant le 23e siècle, ce type de batterie pourra équiper les véhicules électriques, les foyers ou encore les centrales solaires photovoltaïques et autres éoliennes.

 


CPU

Il est là, il n’est plus là

Il est là, il n’est plus là

Amazon Allemagne a brièvement publié la fiche d’un AMD Ryzen 2600X, avant de la retirer fissa du magasin en ligne. Passons sur les raisons de cette fuite pour rapporter quelques infos grappillées lors de ce furtif passage : gravure 12 nm, 3,60 GHz/4,25 GHz (Turbo), solution de refroidissement Wraith Spire RGB incluse, disponible le 19 avril au prix de 249 euros. Reste à découvrir ce que donneront les performances face au 1600X.


Intelligence artificielle

NSynth Didier Super

Q

uitte à radoter de dépêches en dépêches, rappelons que l’intelligence artificielle va peu à peu se glisser dans l’ensemble des activités humaines, avec comme ambition non seulement d’assister l’utilisateur, mais bien de le surpasser. L’art n’est évidemment pas épargné, avec par exemple le NSynth, un synthétiseur neuronal développé dans le cadre de Magenta – un projet de recherche initié par des chercheurs de Google Brain Team, dédié à la création artistique assistée par IA. Le NSynth est accompagné d’une interface matérielle MIDI baptisée NSynth Super, un projet open source qui permet à tout un chacun de construire son propre périphérique à partir d’un écran tactile faisant office de pad XY. Concrètement, les algorithmes de NSynth génèrent de nouvelles sonorités en apprenant les caractéristiques acoustiques d’autres sons, le NSynth Super permettant à l’utilisateur d’agir sur le processus créatif de l’IA. Par exemple, obtenir un « Fnure » à partir d’une flûte et d’une caisse claire (snare). En l’état, le système peut générer 100 000 sonorités différentes à partir de seize sources enregistrées dans quinze tonalités. La Balunga IA, bientôt chez vous.


Drone

Speedy Dronzales

Speedy Dronzales

Le RacerX, un drone conçu par l’équipe Drone Racing, a décroché le record du monde de vitesse avec une pointe enregistrée à 288,07 km/h validée par le Guinness Book of Records. Le nerveux bousin pèse 800 grammes et est constitué de quatre rotors entraînés par des moteurs œuvrant à 46 000 tours par minute. Pour autant que le modèle soit un jour adapté à la livraison des pizzas, c’est ce qu’on pourra appeler un service rapide (et décomposé).


Transhumanisme

Pour les mordus d’éternité

P

uisque le délire des transhumanistes (dont l’objectif est tout de même d’accéder à l’immortalité) ne connaît aucune limite éthique, la jeune pousse Nectome propose d’embaumer les cerveaux afin de les conserver dans un parfait état pendant des dizaines d’années, le temps que soit inventée une technologie pour les numériser et les reconstituer. Selon eux, grâce à la préservation du connectome (la cartographie des connexions neuronales), le ressuscité retrouverait une mémoire intacte et pourrait ainsi continuer « sa » vie dans un cloud, un cyborg ou toute autre abomination. Nectome est aujourd’hui capable de préserver le connectome de petits animaux et travaille désormais à étendre sa technique de « vitrifixation », ou aldehyde-stabilized cryopreservation aux cerveaux humains. Seul « léger » problème, la conservation implique la mort de la personne. C’est pourquoi la société souhaite que cette technique soit reconnue comme une méthode d’euthanasie légale, accessible aux malades en phase terminale. Pour autant que le processus de Nectome fonctionne sur le plan biologique (ce qui n’est pas gagné), il faudra encore que la société l'accepte du point de vue moral.