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le 1 octobre 2018

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Par L-F. Sébum | le 11 septembre 2018

Canard PC 387 : Édito

News Hardware du CanardPC N°387

Refroidissement

Ça graphène pas grand-chose

Ça graphène pas grand-chose P

arce que le graphène est aujourd’hui le matériau coqueluche des passionnés de conduction thermique (le graphène est ton ami, enduis ton corps de graphène), le site hongkongais HKEPC s’est procuré pour quelques euros une peinture idoine afin d’en badigeonner un radiateur bas de gamme et observer l’effet sur la dissipation thermique. Je vous l’accorde, de prime abord, plus que le graphène, cette substance sent surtout l’attrape-geek à 300 mètres. Mais restons calmes et courtois, et constatons ensemble le résultat de l’expérience, impliquant principalement un Intel Core i7 Extreme 990x 4,2 GHz bien sous tous rapports (je vous fais grâce Kelly du reste de la configuration). Résultat des courses sur le benchmark Prime95, le radiateur graphènotisé jusqu’aux oreilles a permis de gratter quelques degrés en charge, avec une diminution variable selon les cœurs. Le dissipateur n’étant pas exactement un foudre de guerre, peinturluré ou non, les températures des cœurs sont restées élevées : de 80 °C à 96 °C avec le graphène, contre 85 °C à 98 °C sans. Reste l’atout esthétique, pour ceux que les combinaisons noires moulantes émoustillent.


GPU

Adieu veau, vache, cochon, 32 bits

À l’instar de Nvidia qui ne produit plus de pilotes 32 bits depuis le début de l’année (seules les mises à jour de sécurité sont assurées jusqu’en janvier 2018), AMD abandonnera également le navire à partir d’octobre – sauf surprise de dernière minute. Là encore, seules les mises à jour de sécurité seront maintenues pour une année supplémentaire. La fin d’une époque comme on dit, qui par ailleurs laisse craindre le pire pour les pilotes CPC, MO5, ZX Spectrum, Commodore 64 et Atmos.


CPU

Intel à la peinurie ?

Intel à la peinurie ? D

ivers analystes (dont ceux de la banque J.P. Morgan, un établissement modèle mêlé à quasiment toutes les margoulineries financières de ces dernières années, mais passons), prévoient une baisse du marché PC portable et fixe de 5 à 7 % pour le dernier trimestre de l’année. En cause, une éventuelle pénurie de processeurs Intel « 10 nm » dont la production serait aussi bancale que la table de la terrasse fabriquée par tonton Gégé. Faut dire que tonton Gégé aime bien les boissons anisées au petit-déjeuner, ce qui n'aide pas. Bref, une hausse des tarifs CPU n’est pas à exclure, à moins qu’AMD ne convainque les fabricants de s’approvisionner dans sa boutique. Pour Gokul Hariharan, analyste JPMorganien pour la zone Asie-Pacifique, c’est loin d’être gagné en ce qui concerne le segment des machines haut-de-gamme, « où utiliser des CPU AMD ou Intel de précédente génération en qualité de substitut est plus difficile ». AMD appréciera. Pour autant, sur les autres gammes, Gokul remarque une hausse d’intérêt des OEM pour les puces du challenger. De son côté, Intel explique à qui veut l’entendre que tout est sous contrôle et que les objectifs seront tenus, tout en « travaillant en étroite collaboration avec ses clients et usines pour gérer toute demande supplémentaire ».

 


GPU

À chacun son Turing

Désormais que les GeForce RTX 2080 et RTX 2080 Ti sont disponibles, et la RTX 2070 attendue pour fin octobre, voire début novembre (machins vendus entre 650 euros et 1 250 euros selon les modèles), reste maintenant à savoir quand seront commercialisées les GeForce pour joueurs budgétairement limités, à savoir les RTX 2050 et RTX 2060. Eh bien, selon PC Watch, inutile de les espérer sous le sapin cette année. Il faudra attendre que Nvidia écoule les stocks de GTX 10x0, augmente la production de puces Turing et pousse les développeurs à exploiter goulûment le ray tracing/DLSS dans leurs titres.


GPU

Nvidia fait dans le bi-SKU

Nvidia fait dans le bi-SKU T

ech Power Up a remarqué l’existence de deux références spécifiques (SKU) pour identifier la puce Turing embarquée sur un même modèle de GeForce RTX 2070, 2080 ou 2080 Ti. Une première dans le joyeux monde du périphérique puisque, jusqu’alors, chaque matériel était censé disposer d’un SKU unique afin que le système d’exploitation recoure aux pilotes adéquats. Alors, que cache cette différenciation de SKU pour une même puce ? Tout simplement sa capacité à accepter l’overclocking, ce qui n’est pas sans rappeler la politique d’Intel avec les CPU estampillés « K ». Concrètement, les puces référencées TU102-300/TU104-300/TU106-300 seront présentes sur les cartes vendues non overclockées d’usine, tandis que les TU102-300-A/TU104-300-A/TU106-300-A, triées par Nvidia, seront utilisées dans les cartes Founders Edition et Customs des AIB (add in board partner), pour le coup autorisées à être surfréquencées. Précisons que l’utilisateur restera libre de taquiner du hertz sur les TU10x-300 de prolos, mais à ses risques et périls en cas de coup de chaud. En clair, adieu la garantie si l’expérience commence à sentir le biSKUit brûlé (oui, bon…). Autre conséquence de cette politique bi-SKU, l’installation sauvage du BIOS provenant d’un modèle supérieur pourra s’avérer plus compliquée que de coutume.


Impression 3D

3D mon œil

N

ul besoin d’avoir le troisième œil dilaté pour deviner l’impact majeur qu’aura l’impression 3D sur la société. Ou tout du moins sur ce qu’il restera d’une humanité cyborguisée jusqu’au trognon à grand renfort de prothèses bioniques, d’augmentations utilitaires et esthétiques, sans oublier les fameuses interfaces neuronales. Et ce, bien avant 2077 semble-t-il, puisque Elon Musk présentera « Neuralink » d’ici quelques mois, une interface pour accélérer l’échange des données entre le cerveau et la machine, avec en ligne de mire l’incontournable (selon lui) fusion de l’humain avec l’IA. Du côté des organes, ça avance tout aussi rapidement avec la récente impression d’un prototype d’œil bionique équipé de photodiodes. Celui-ci, pas encore fonctionnel, est constitué de verre, d’un maillage imprimé avec une encre conductrice à base d’argent et d’un polymère semi-conducteur pour les photodiodes. Développé par Michael McAlpine, chercheur à l’université du Minnesota, l’œil possède la faculté de transformer 25 % de la lumière perçue en signaux électriques. Signaux qui, une fois des progrès réalisés sur la densité du réseau de photodiodes (25 % n'est pas suffisant) et l’utilisation d’un matériau hémisphérique souple pour remplacer le verre, seront transmis à un nerf optique afin que le cerveau reconstitue une image.

 


CPU

Des cadences infernales

Des cadences infernales

HKEPC encore, via le dénommé Lau Kin Lam, qui a mis les pognes sur un Intel Core i9 9900K « Coffee Lake-S Refresh », un juteux CPU de 8C/16T et 16 Mo de mémoire cache L3, pour l’occasion cadencé à 5 GHz. L’individu susnommé en a profité pour faire transpirer le CPU sur le benchmark Cinebench R15. Résultat, un score de 2 202 points, contre 1 801 points pour un AMD Ryzen 7 2700X stock, ou 1 900 points surcadencé à 4,3 GHz sur tous les cœurs.


Intelligence artificielle

Sage comme une IAmage

L

e MIT a développé une technologie permettant à un réseau neuronal de déduire la nature d'une action à partir de quelques images. Par exemple, verser le contenu d’une bouteille dans une tasse, déchirer une feuille, ouvrir un livre, recouvrir un objet avec un autre, coincer un poulet dans une poussette, la routine quoi. Pour un cerveau organique, le processus est simple, mais pour une IA, c’est une autre paire de Tensor Cores. Les chercheurs ont dû concevoir un module baptisé Temporal Relation Network (TRN), chargé d’assister des Convolutional Neural Networks (CNN), afin d'interpoler l’espace entre deux images. Si ce type d’analyse n’est pas nouveau en soi, le taux de réussite dépasse les modèles précédents avec 95 % en ce qui concerne la reconnaissance simple. Le module dépasse également les autres technologies sur le plan de la prédiction d’action, étant 10 à 40 % plus précise en ne disposant que de 50 % des images de la séquence. L’IA a été entraînée grâce à 200 000 vidéos réparties en 174 catégories, on a une pensée émue pour les stagiaires. Les concepteurs vont maintenant optimiser le module afin d’affiner la reconnaissance d’objets, puis espèrent intégrer la reconnaissance « intuitive » de leurs propriétés physiques. Les débouchés concernent évidemment la robotique, mais aussi, on s’en doute, les interfaces homme-machine et autres assistants.


Interface

PCIe 4.0 en vague approche

PCIe 4.0 en vague approche

Publiée par le consortium PCI-SIG en octobre dernier, la norme PCIe 4.0 brille encore par son absence dans les machines. AMD semble toutefois prendre les choses en main puisqu'il a « l’intention d’être l’un des premiers à l’adopter ». Précisons que le communiqué faisait suite à l’annonce du contrôleur Ethernet 200 Gbps Thor de Broadcom, compatible avec le PCIe 4.0, et que de fait rien n’indique (si ce ne sont les suppositions) que les prochains GPU Vega exploiteront effectivement le PCIe 4.0.


GPU

Graphiquement vôtre

P

arce que nous sommes des dingues, regroupons ici trois infos distinctes traitant de GPU. Oui, nous sommes des dingues on vous dit. Commençons avec Intel, qui se donne les moyens de ses ambitions en matière de carte graphique dédiée. Le fondeur vient d’ouvrir un laboratoire d’ingénierie à Toronto, où une centaine de cerveaux affûtés travailleront sur le développement du GPU maison, attendu en 2020. Ces derniers seront dirigés par Joseph Facca, encore un transfuge d’AMD où il aura été R&D Site Leader et Senior Director Graphics Platform Engineering durant onze ans. Passons à Nvidia, qui comme vous le savez dispose de nouvelles cartes graphiques Turing, offrant du ray tracing en temps réel et le DLSS (deep learning super-sampling). En termes d’images par seconde, ce dernier remplace avantageusement le temporal antialiasing, via des calculs d’IA assurés par les Tensor Cores. Bref, tout ça pour dire que 25 titres utilisent désormais le DLSS, de PUBG à Shadow of the Tomb Raider, en passant par The Walking Dead ou encore Darksiders III. Enfin, Nvidia encore qui a présenté la Tesla T4, un GPU Turing pour les applications IA. Sous le capot, 2 560 cœurs CUDA et 320 cœurs Tensor accompagnés par une couche logicielle TensorRT, offrant une puissance de 65 Tflops en FP16 pour un TDP de… 75 watts. Voilà.