388
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le 1 novembre 2018

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Par L-F. Sébum | le 18 octobre 2018

Canard PC 388 : Édito

News Hardware du CanardPC N°388

Impression 3D

Objets déconnectés, le retour

Objets déconnectés, le retour D

es chercheurs de School of Computer Science & Engineering de l’université de Washington travaillent sur une technologie permettant à des objets imprimés 3D dénués d’électronique ou d’alimentation – mais dans quel monde vit-on ! –, de néanmoins collecter et transmettre des données sur leur usage autrement que par magie vaudoue. La démonstration, recourant à un routeur Wi-Fi et une main imprimée peu glamour, repose sur deux antennes et une pièce qui entre en contact avec l’une ou l’autre de celles-ci, en fonction du sens de rotation de la main. Chaque antenne en contact avec la pièce reflétant différemment les ondes radio émises par le routeur, cette distinction permet ainsi de collecter les données. En cas d’absence temporaire de réseau Wi-Fi, un mécanisme utilisant un ressort et un cliquet est chargé de mémoriser les rotations « hors-ligne », chaque mouvement l’étirant un peu plus. Une fois à portée de Wi-Fi, la libération du ressort fait tourner le cliquet, lui-même en contact avec l’antenne afin de transmettre les données via le système décrit précédemment. Si ce n’est pas clair, voici les vidéos : cpc.cx/mTj et cpc.cx/mTk. Prochaine étape, la miniaturisation du système pour une meilleure intégration du bidule dans des machins et des trucs.


Microsoft

Surface contre terre ?

Steve Brazier, dirigeant du cabinet d’analyse Canalys, prophétise la fin des Surface pour 2019. Selon lui, la machine (chère à développer et ne visant qu’un marché de niche) ne colle pas avec la stratégie marketing de la firme, plus orientée sur le service cloud que sur le matériel. À suivre, mais vous connaissez l’adage, il y a peu de fumée sans brazier.


Objet connecté

Visagelivre pas enceinte, mécran

Visagelivre pas enceinte, mécran A

fin de s’immiscer un peu plus encore dans le quotidien de ses utilisateurs – « pour répondre à un besoin », comme il l’explique –, Facebook se lance dans une nouvelle aventure, celle de l’objet connecté. Le réseau commersocial vient d’annoncer une enceinte intelligente déclinée en deux versions, Portal et Portal+. Enfin… plutôt que d’enceinte, il s’agit surtout d’écrans connectés (10,1 et 15,6 pouces) farcis comme il se doit d’un assistant. En l’occurrence Alexa d’Amazon, le temps que Facebook finalise sa propre solution. Alors, à quoi servira Portal ? À effectuer des recherches vocales sur les résultats sportifs de l’AS Billéroise Boules par exemple, mais aussi à lire des histoires aux enfants (au secours…) ou à écouter de la bonne musique comme Gucci Gang. Mais aussi, et surtout, à passer des appels vidéo tout en continuant à vaquer à ses occupations. C’est pourquoi, en plus du micro syndical, Portal est équipé d’une caméra. Quoi ? Vous craignez pour votre vie privée ? Meuh non voyons, car outre la possibilité de désactiver micro et caméra, Facebook a promis qu’il « n'écoute pas, ne voit pas et ne conserve pas le contenu des appels vidéo sur Portal », pas plus qu’il n’exploite la reconnaissance faciale… Super hein ! Mais ça, c’était avant le retropédalage express qui a suivi la présentation. Depuis, à l’instar de Messenger, Facebook a reconnu que Portal transmettra bien les données d’usage et d’appel à d’autres app maison, à des fins de ciblage publicitaire. Faut-il être naïf pour croire qu’il aurait pu en être autrement.

 


GPU

Objectif RTX

Parce que pourquoi pas, Nvidia a récréé la scène montrant les premiers pas de l’Homme sur la Lune, resucée d’une vidéo publiée il y a quatre ans pour promouvoir l’architecture Maxwell. Cette fois, il s’agit de mettre en valeur la technologie RTX (ray tracing) de l’architecture Turing, à grand renfort de réflexions lumineuses et autres ombres méchamment réalistes. C’est beau, et d’ailleurs Kubrick a bien aimé aussi. Pendant que je vous tiens, apprenez que les Turing RTX mobiles pourraient être présentées au CES 2019.


Transhumanisme

Un brin nut

Un brin nut E

lon Musk avait déjà annoncé NeuraLink, une interface neuronale susceptible de « dépasser nos attentes » (sic) dans un avenir proche. Il est aujourd’hui question de BrainNet, « une interface cerveau-à-cerveau permettant une collaboration directe entre les cortex », récemment présentée par des chercheurs de la Washington University of Computer Science & Engineering. Allant directement dans le vif de la matière grise, BrainNet a permis à trois personnes – deux qui émettent, une qui reçoit – de jouer en mode collaboratif à Tetris. Point de télépathie ici, uniquement un système composé d’électro-encéphalogrammes pour transmettre les signaux et d’un stimulateur magnétique transcrânien pour les recevoir. Passons sur les détails pour n’évoquer que le taux de précision des échanges : 81 %. Et les chercheurs d’imaginer un avenir radieux où une interface cerveau-à-cerveau serait hébergée sur le cloud, aboutissant à une nouvelle forme de communication non verbale. Homme-homme bien sûr, mais aussi Homme-IA, avant l'étape finale, Homme-hamster.


Mémoire

128 gigots sinon rien

E

n l’étajine de poulet, les CPU Intel grand public, pour ne pas dire ceux de la populace, n’adressent pas plus de 64 Go de mémoire. Certes, cela permet de faire tourner le démineur et Textedit sans trop galérer à configurer le config.sys, mais prévoyance étant mère de sûreté, avez-vous pensé à demain ? Au jour où votre progéniture demandera, les yeux emplis de larmes et de reproches, pourquoi il ne peut lancer le démineur de Windows 20 alors qu’il ne nécessite que 74 Go de mémoire ? En vérité je vous le dis, le 64 Go de demain est le 2 Go d’aujourd’hui, et ce n’est pas faire le jeu des fabricants de DDR4 que de le dire. Bon, un peu quand même, mais il fallait bien que j’amène le sujet. Ainsi, les processeurs Intel de neuvième génération « Coffee Lake Refresh Populace », comme l’i5-9600K, i7-9700K et i9-9900K, supporteront jusqu’à 128 Go de DDR4. Le hasard industriel faisant bien les choses, il se négociera prochainement des barrettes DDR4 de 32 Go, afin d’atteindre les fameux 128 Go avec seulement quatre slots. Question tarif, pour autant que le marché de la DDR4 se stabilise durablement, un kit de 128 Go (4×32 Go) devrait avoisiner les 1 500 euros. Concluons en rappelant que du côté d’AMD, le Threadripper supporte également 128 Go de RAM.

 


GPU

Faux le savoir

Faux le savoir

Le dernier GPU-Z dispose d’une fonctionnalité intéressante, celle de détecter les faux GPU de cartes graphiques vendues à un prix suspect sur diverses plateformes. Par exemple, une Nvidia GTX 1060 derrière laquelle se cache en réalité une GTS 450, fourberie permise par la modification du BIOS. Mais au fond, nul besoin de GPU-Z pour deviner qu’une carte neuve vendue au tiers de son prix ne peut être qu’une arnaque.


Intelligence artificielle

Pense avec les Stars

S

elon les gens d’Axios.com, Apple vient d'acquérir la société Asaii pour un peu moins de 100 millions de dollars. La jeune pousse, créée par un ancien ingénieur d’Apple en 2017, développe des moteurs d’analyse pour les labels musicaux et autres managers d’artistes. Après les IA peintres et autres IA compositrices, voici venu le temps des IA directrices artistiques, ou plutôt marketing, terme plus approprié pour définir une profession depuis longtemps éventée. L’IA conçue par Asaii œuvre ainsi à découvrir les futurs « talents » et à anticiper les succès, ce qui (pour autant que l’IA ait été entraînée sur autre chose que Despacito et consorts), pourrait profiter aux artistes indépendants possédant un certain talent… OK, OK, je rêve, bien sûr que cela n’arrivera pas, puisque la plupart des infra-diarrhées musicales de ces 30 dernières années dépassent joyeusement les centaines de millions de vues.


CPU

Ça a l’air bien

Ça a l’air bien

Une vidéo sur le site de streaming chinois bilibili.com montre des overclockeurs ayant fait grimper un Intel Core i5-9600K à 5 123,66 MHz, à l’aide d’un refroidissement par air. En l’occurrence un Thermalright Silver Arrow Extreme, installé sur une carte mère MSI Z390 MEG Godlike. Le CPU a dépassé les 90 °C au compteur, pour un voltage de 1,507 V et une consommation de 240 Alan Watts.


Sans-fil

Il Wi-Fi le grand ménage

L

e consortium en charge de la technologie Wi-Fi, la bien nommée Wi-Fi Alliance, a décidé de simplifier les dénominations actuellement en vigueur, peu parlantes il est vrai pour le commun des mortels. Désormais, le 802.11n (600 Mbps) devient le Wi-Fi 4, le 802.11ac (5 Gbps) le Wi-Fi 5 et le 802.11ax (10 Gbps) le Wi-Fi 6. Avouons-le, c’est quand même plus commode comme ça que penderie comme ci (ouais, elle est dure celle-là, je reconnais). Par ailleurs, trois logos accompagnent l’opération dépoussiérage, reprenant l’incontournable icône symbolisant la puissance de réception du signal, sur lequel est ajoutée une pastille contenant le numéro concerné, « 4 », « 5 » ou « 6 ». Un gros boulot de design, quoi. Bon, manifestement je n’arriverai pas à tenir jusqu’à la fin de la dépêche avec cette seule info, alors allongeons la sauce avec une étude qui n’a aucun rapport, car c’est aussi ça, le journalisme total. Selon une analyse réalisée par le Pew Research Center, seulement 7 % des quelques milliers de Nord-Américains interrogés sachant vaguement ce qu’est un bot, déclarent pouvoir distinguer formellement ce dernier d’un humain sur les réseaux sociaux. 47 % se disent très ou à peu près sûrs. Ça ne m’étonne qu’à moitié, puisque 97,3 % des lecteurs de Canard PC pensent que je suis humain.