393
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le 1 avril 2019

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Par L-F. Sébum | le 21 mars 2019

Canard PC 393 : Édito

News Hardware du CanardPC N°389

Puce

Le nouveau bit des Spins doctors

Le nouveau bit des Spins doctors L

e MIT a développé un dispositif permettant d’inverser à loisir le spin d’ions hydrogène, ce qui (pour présenter la chose de manière plus séduisante) ouvre la voie à une ère post-transistors. Une avancée loin d’être anodine, puisqu’à ce jour tous les circuits logiques reposent sur cette technologie datant des années cinquante. On va s’épargner les détails techniques pour ne retenir que l’essentiel : les bons vieux électrons sont ici remplacés par des ions hydrogène, dont les chercheurs ont réussi à inverser le spin (ici utilisé pour stocker le bit) en appliquant une différence de potentiel électrique entre deux plaques, l'une magnétique, l’autre isolante. Contrairement aux autres essais menés en la matière, à l’aide d’ions oxygène par exemple, le processus à base d’ions hydrogène supporte bien plus de cycles, jusqu’à deux mille. Il incombe maintenant aux chercheurs d’améliorer la vitesse de commutation du spin, en l’état trop lente pour envisager un usage industriel. La faute aux protons déambulant du côté de la plaque magnétique, durs à la détente. Faut-il s’en étonner, quand on sait que leur devise est « Proton temps, proton ! » Oui, bon…


Console

La console, un PC comme un autre

Les dernières rumeurs concernant la prochaine console de Microsoft – qui consisterait non pas en un nouveau modèle mais bien en une mise à jour matérielle du modèle actuel – évoquent la disparition du lecteur Blu-ray et un tarif avoisinant les 200 euros. Pour éviter les émeutes et ne léser personne, un système d’échange de copie physique contre une version numérique serait prévu.


Santé

La fin d’une lentille très mensonge

La fin d’une lentille très mensonge V

erily, la filiale d’Alphabet chargée des questions de santé (Docteur Google, quoi), a décidé de « mettre en pause » le projet de lentilles de contact dites intelligentes, initié en 2014 et spécifiquement adressé aux diabétiques. Les lentilles, développées en collaboration avec la société Alcon, avaient pour tâche de mesurer la glycémie de l’utilisateur en analysant la concentration de glucose présente dans ses larmes. Les travaux n’ont pas donné satisfaction car les données récoltées par le futé périphérique n’étaient pas « suffisamment cohérentes pour répondre aux exigences d’un dispositif médical ». En clair, il existe un décalage trop important entre les mesures lacrymales et sanguines. Si le manque de fiabilité a signé l’arrêt du projet, les recherches continuent néanmoins pour concevoir d’autres lentilles de contact « intraoculaires » et « intelligentes ». C’est ballot, une solution simple pour contourner le problème aurait été d’intégrer des nanolames rétractables dans les lentilles pour récupérer du sang à la volée, une sorte de saignée oculaire si vous préférez. De rien Verily, c’est cadeau.

 


Réalité virtuelle

Prise de casque pour HTC

Le Vive Wireless Adapter commercialisé par HTC fin septembre rencontre des problèmes de compatibilité avec certaines machines équipées de processeurs AMD Ryzen. Au point que dans un communiqué, HTC admet ne toujours pas détenir de solution pour remédier au problème, et que l’enquête prendra du temps. Les utilisateurs concernés peuvent désormais retourner le périphérique et se faire rembourser rubis sur l’ongle.


Affichage

Samsung fait son cinéma

Samsung fait son cinéma A

vec la présentation de la technologie Onyx, Samsung ne cache pas son ambition de reléguer les bons vieux projecteurs de cinéma au placard. Elle consiste en un assemblage de dalles LED de grande taille afin d’obtenir une énorme surface d’affichage, sans lignes noires entre les dalles (c’est un peu comme la feuille de salade entre les dents, ça fait tache), de fait adaptée aux salles obscures professionnelles. Le fabricant ne manque pas d’évoquer les multiples avantages techniques d’Onyx, notamment des noirs plus profonds. Logique, puisque les diodes SMD (Surface Mount Device) des zones concernées sont tout simplement « éteintes », là où un projecteur classique continuera d’envoyer un minimum de la lumière, qui plus est sur un écran blanc. On nous parle également d’un contraste vachement plus élevé, d’une luminosité identique sur toute la surface d’affichage, d’une meilleure précision d’image, d’un angle d’affichage offrant plus de confort visuel quel que soit l’emplacement du spectateur dans la salle, ou encore d’une image non déformée au niveau des angles. N’oublions pas l’affichage 3D, dont la profondeur de champ se veut là encore supérieure à la projection, tout en réduisant les potentiels effets secondaires (nausée, maux de tête, etc.). Encore faut-il savoir si Onyxra encore au cinéma en 2028.


Industrie

Quand Tim s’interroge sur son Jobs

T

im Cook, PDG d’Apple, a livré un « poignant » témoignage à Axios dans lequel il admet que la régulation de l’industrie silicon-valleyoise est aujourd’hui devenue inévitable. Oh, ce n’est pas tant qu’il raffole de la chose, le Tim – son truc à lui, c’est plutôt un marché libéré de toute contrainte – mais en constatant la situation actuelle, il reconnaît que cela « ne fonctionne pas ». Enfin, ça dépend pour qui. Et de défendre sa noble position en expliquant que « ce n’est pas une question de confidentialité contre bénéfices, ou de confidentialité contre innovation technique. C’est un faux choix ». Dans une puissante envolée philosophique, Tim ajoute que « la technologie est bonne ou mauvaise, selon le créateur » et que « souvent, ce n’est pas le créateur qui a entrepris de faire le mal. Il n’y avait juste aucun moyen d'anticiper les usages négatifs qu'on pouvait en faire ». Hahahahaha, sans déconner, sacré Tim. En attendant que l’industrie soit régulée à l’aide de gentils lutins lobbyistes dégoulinant d’éthique et d’amour pour l’humanité, Tim le repenti vient de renouveler pour deux ans son contrat avec le champion du suçage de données personnelles, Google, histoire d’empocher neuf et douze milliards de dollars (estimation). Sacré Tim.

 


GPU

Mange ton bug à 1 300 boules

Mange ton bug à 1 300 boules

À l’instar de HTC, Nvidia a reconnu qu’il existait un problème de fond avec certaines GeForce RTX 2080 Ti Founders Edition, menant à des crashs, des artefacts, des écrans bleus de la mort et autres joyeuses défaillances du système. Le Caméléon ne donne pas de précisions sur la nature ni sur l’ampleur du phénomène, et invite simplement les utilisateurs dépités à contacter l’assistance technique. D’expérience, à tous les coups c’est encore un souci avec la prise Péritel.


Mémoire

Souvenir de Chine

L

a Chine continue son enquête sur les suspicions d’entente commerciale entre trois fabricants de mémoire DRAM – Samsung, Micron et SK Hynix – qui auraient truqué les prix du marché à leur avantage sous couvert de pénurie. Dans une récente déclaration, le bureau anti-monopole chinois a indiqué avoir fait des « progrès importants » et obtenu des « preuves massives », sans toutefois donner plus de détails sur ces fameuses preuves, ni sur la suite qui y sera donnée. On notera toutefois qu’au-delà de la quête de vérité totale des monts ensoleillés et de justice immaculée des pétales de rose – ça fait du bien de rester naïf quelquefois –, l’investigation visant des fabricants étrangers sert indirectement les intérêts des fabricants nationaux, alors qu’un analyste de SK Securities a confié au Financial Times que la Chine pourrait infliger une amende de 2,5 milliards de dollars aux trois firmes incriminées. Quoi qu’il en soit, une baisse notable des tarifs de la DRAM semble se profiler à l’horizon, jusqu’à 5 % d’ici la fin de l’année selon DRAMeXchange.


Objet connecté

Nouvelles lunettes en vue

Nouvelles lunettes en vue

Si les Google Glass « grand public » ont été abandonnées, et tant mieux, les « Google Glass Enterprise », elles, continuent leur bonhomme de chemin. Une nouvelle version vient d’être certifiée par la Federal Communications Commission nord-américaine, qui ne devrait toutefois apporter que des changements mineurs basés sur les retours des professionnels. La commercialisation est attendue pour 2019.


Puce

SoC bien équipé cherche galaxie pas farouche

S

amsung a dévoilé le SoC Exynos 9820, l’engin qui sera chargé de faire fonctionner le Galaxy S10. La puce octocore gravée en 8 nm LPP FinFet exploite une architecture « big.middle.little », comprendre que les cœurs sont de nature différente afin d’optimiser la consommation en s’adaptant aux usages du moment : quatre Cortex-A55 sont attribués aux tâches basiques, tandis que deux cœurs Samsung de 4e génération et deux cœurs Cortex-A75 « optimisés » se taperont le boulot de bûcheron. L’affichage est assuré par un GPU ARM Mali-G76, accompagné d’un NPU (neural processing unit) pour accélérer les calculs IA (analyse d’image, expérience utilisateur, optimisation énergétique…). Le modem 4G LTE-Advanced Pro promet une vitesse théorique de 2 Gbit/s en téléchargement et 316 Mp/s en débit montant. Comparé à la précédente génération, Samsung annonce une consommation réduite de 40 % et une augmentation des performances de 15 % en tâches multicœurs, 20 % en monocœur. Enfin, l’ISP supporte jusqu’à cinq capteurs photo, ce qui semble indiquer la présence de trois capteurs arrière et deux capteurs avant sur le Galaxy S10, qui sera vraisemblablement présenté au second trimestre 2019.