397
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le 1 août 2019

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Par L-F. Sébum | le 10 juillet 2019

Canard PC 397 : Édito

News Hardware du CanardPC N°390

Puces

Le point Intel

Le point Intel L

’Intel Architecture Day s’est avéré touffu en annonces, dont voici un résumé réalisé grâce notre sponsor Poussièrator, grâce à qui vous pourrez relever de nouveaux défis en toutes circonstances. Commençons avec Sunny Cove, l’architecture attendue l’année prochaine et qui entamera le passage des Intel Core au 10 nm, suivie en 2020 par Willow Cove et en 2021 par Golden Cove et en 2022 par Poussièrator Cove. Le gain en performances passera par l’augmentation des caches L1 et L2, ainsi que par l’optimisation des calculs IA et cryptographiques à l’aide de nouveaux jeux d’instructions (AVX-512). Dans la foulée, le fondeur a présenté OneAPI, une API unificatrice permettant la programmation sur CPU, GPU, FPGA et autre puce accélératrice. Concluons avec Foveros, qui désigne la nouvelle direction prise dans le développement des processeurs. Il s’agit désormais de rendre les CPU modulables, car constitués de multiples « chiplets » – ou pucettes – 3D et de gravures diverses. Avec cette approche, un CPU « 10 nm » pourra sans complexe embarquer des pucettes de 14 ou 22 nm. Déjà flou, le concept de finesse de gravure des CPU n’aura alors définitivement plus aucun sens, si ce n’est pour le marketing. Un peu comme ce tricératops des montagnes toiletté en chat, uniquement pour faire du clic.


Robotique

Sacré Boris

Lors d’une émission sur Russia 24, la chaîne TV d’État russe, « Boris » a épaté la galerie à l’aide de quelques pas de danse et d’un propos plutôt pertinent pour un robot humanoïde sorti de nulle part, si ce n’est des loges du studio. Mais voilà, après enquête, Boris n’était en réalité qu’un acteur portant un déguisement de robot. C’était tellement gros que quelques secondes de visionnage suffisaient pour robotiquer.


Biométrie

Trop tard Eliane

Trop tard Eliane V

em>Voici Google en proie à un étrange questionnement éthique sur l’usage sauvage de la reconnaissance faciale. L'entreprise a même interrompu la vente de sa technologie tant qu’une politique prévenant les risques d’abus n’a pas été trouvée. Ha ha ha, sans rire… Il serait temps les gars, la perversité de la technologie en question est d’une effarante évidence. Kent Walker, en charge des Global Affairs de Google, nous explique ainsi que « la reconnaissance faciale mérite une attention particulière afin de s'assurer que son utilisation est conforme à nos principes et à nos valeurs, et d'éviter les abus et les mauvaises utilisations ». Bravo Kent, dommage que tu ne sois pas crédible dans ton costume de chevalier blanc, puisqu'il est déjà trop tard : la reconnaissance faciale, celle des potes ou la tienne, est utilisée partout et pour tout. Un exemple parmi d’autres, Rolling Stone a révélé que le public du concert de Taylor Swift tenu à Los Angeles le 18 mai dernier a été copieusement scanné aux guichets, afin de repérer l'éventuelle venue de harceleurs. Même topo du côté de la Chine, où 60 000 pékins ont été scannés lors d’un concert, aboutissant à l’arrestation d’un « criminel économique » recherché par les autorités (il n’avait pas payé sa place de parking ?). Et ce n’est qu’un début. Mi-2018, la jeune pousse Blink Identity a levé 1,5 million de dollars afin de développer un système de reconnaissance faciale pour l’industrie de la musique live. Bonjour chez vous.

 


Industrie

Donald aime le jus de pomme

Apple continue d’investir massivement aux États-Unis, avec la construction prochaine d’un campus à Austin, Texas, pour la modique somme d’un milliard de dollars. D’ici cinq ans, la Pomme compte débourser 30 milliards dans l’ouverture d’autres campus et bureaux sur tout le territoire, avec à la clé 20 000 emplois créés et 350 milliards de dollars injectés au total dans l’économie nord-américaine, à travers les taxes et impôts versés.


Biométrie

Pour qui sonne le glas ?

Pour qui sonne le glas ? O

n en parlait à l’instant, les pseudo-états d’âme de Google vis-à-vis de la reconnaissance faciale ne changeront pas la donne, maintenant que la boîte de Pandore sécuritaire est plus ouverte qu’une huître un soir de réveillon. Amazon a d'ailleurs déposé un brevet de caméra de surveillance intelligente pour que monsieur tout le monde puisse sécuriser sa porte d’entrée, à grand renfort de reconnaissance faciale, vous l’aurez compris. Puisque le système est directement relié à la base de données des personnes suspectes de la police (aux États-Unis tout du moins), vous sentez venir la suite : dès qu'un visage indésirable se pointe sur l’ackboo, enfin, sur le perron, les autorités sont automatiquement contactées par le baveux connecté. Cerise sur le gâteau, l’utilisateur peut personnaliser la base en ajoutant lui-même les visages de personnes qu’il considère comme suspectes. Fantastique. L’association de défense des libertés civiles nord-américaine ACLU s’est emparée du sujet, afin de rappeler, parmi une foule d’autres inquiétudes d’ordre éthique, que Rekognition, l’algo de reconnaissance faciale d’Amazon (par ailleurs exploité par la douane), manque de précision, surtout avec les « personnes non blanches ». Re-bonjour chez vous.


Réalité virtuelle

Copains comme pognon

Z

enimax et Oculus VR ont finalement trouvé un accord pour mettre fin au psychodrame judiciaire initié par le premier en 2014. Pour mémoire, Zenimax estimait avoir été victime d’un vol de propriété intellectuelle relatif au départ en 2013 de John Carmack d’id Software (Zenimax) pour Oculus VR (Facebook). Un premier jugement en 2017 avait octroyé 500 millions de dollars à Zenimax, alors qu’il demandait quatre milliards de dollars et l’interdiction de vente de l’Oculus Rift. Une somme ramenée à 250 millions de dollars en 2018 par un second jugement en appel, plus 54 millions de dollars pour éviter l’interdiction de vente. À l’époque il n’était pas question d’en rester là, chacune des parties étant remontée comme un slip. Mais, la magie de Noël aidant, c’est à l’amiable monétaire que l’histoire vient de se régler, même si la quantité de billets verts glissés dans la chaussette de Zenimax par tonton Marc reste un mystère. A priori plus de 20 dollars, puisque le PDG de Zenimax a déclaré être « pleinement satisfait du résultat » tout en se récurant le nez avec un billet de 100. Si ça se trouve, Zenimax a même récupéré un Oculus Rift gratuit.

 


Système d’exploitation

Microbaveux 10 tout

Microbaveux 10 tout

Il est de notoriété publique que Windows 10 est une grosse donneuse, remontant de la donnée à tour de bras vers la maison mère. Des options et des programmes existent pour limiter les bavardages, mais en l’état, même avec un « tableau de bord de confidentialité » dûment paramétré, il semblerait que des données concernant l’activité – dont les recherches Edge sur les fétichistes du scotchage en forme de lapin – continuent d’être envoyées. Microsoft parle de « confusion » mais un sondé averti en vaut deux qu’un tiens tu l’auras n’amasse pas mousse.


Périphérique

Quant au Supermicro espion…

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ébut octobre, Bloomberg publiait un article affirmant que certaines cartes mères du fabricant américano-taiwanais Supermicro intégraient une puce espionne, installée en loucedé sur les chaînes de montage par de vils agents chinois. L’agence de presse expliquait s’appuyer sur pas moins de 17 sources, alors que les matériels Supermicro sont actuellement utilisés par des agences gouvernementales, Amazon ou encore Apple. En réaction à ce papier, l’action avait perdu plus de 40 % de sa valeur. Piqué au vif mais néanmoins soutenu par Apple, Amazon, le FBI et autres experts en sécurité, Supermicro avait intégralement réfuté ces accusations, tout en s’engageant à mandater un audit indépendant pour prouver sa bonne foi. De fait, les résultats de l’expertise menée par la société Nardello & Co (selon Reuters) sont clairs : aucune trace de « matériel malveillant » n’a été trouvée sur les cartes mères incriminées. Supermicro ne compte évidemment pas en rester là et prépare sa riposte judiciaire à l’encontre de Bloomberg. Si ce dernier, même dos au mur, reste droit dans ses piges et n’en démord pas, il aurait toutefois demandé à un autre journaliste de reprendre l’enquête. Parce que bon, hein, sait-on jamais.


Réalité virtuelle

Ça n’IMAX pas marché

Ça n’IMAX pas marché

Après trois ans d’essais et un investissement de 50 millions de dollars, IMAX jette l’éponge de la réalité virtuelle et annonce la fermeture prochaine des salles d’arcade dédiées. Une décision qui devrait également sonner le glas des casques StarVR de Starbreeze/Acer, partenaires d’IMAX. Pourtant, selon des analyses validées par mon chien, le marché de la VR représentera 33 milliards de dollars en 2022.


Internet des objets

Drame du transabeillisme

D

es chercheurs de l’Université de Washington, section Montargis-nord après la rocade sur la droite, travaillent sur une plateforme miniature destinée à transformer les abeilles en drones-capteurs, une sorte d'« Internet des objets vivants ». Mouais… comme si elles n’avaient pas déjà suffisamment Mayapartir avec l’humanité, les mouches à miel. « Nous voulions tirer parti des meilleures machines volantes de la nature », explique Shyam Gollakota, responsable du projet consistant à récolter des données sur l’humidité, la température et la luminosité en leur installant un « sac à dos connecté ». Ce, afin d’aider à l’irrigation et récolte des cultures à l’aide des infos glanées. La plateforme mesure de 6,1 × 6,4 mm pour une masse de 102 milligrammes, dont 70 concernent la batterie lithium-ion d’une autonomie de sept heures, rechargeable sans fil. Un microcontrôleur, une antenne et des capteurs complètent le tableau, tandis que la récupération des données est effectué lors du retour à la ruche 2.0, via une transmission sans fil à la vitesse de 1 000 bits par seconde. À défaut de contrôler le déplacement des abeilles – pour l’instant –, leur position est relevée non pas à l’aide d’un GPS, trop gourmand en énergie, mais grâce à des radio-transmetteurs disposés dans la zone d’activité et d’une portée de 80 mètres. Prochaine étape, pour autant que les abeilles soient encore de ce monde : équiper la plateforme d’une caméra et d’électrodes pour mesurer l’activité cérébrale, en préambule à un foutu pilotage à distance.