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le 3 mars 2021

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Par Kahn Lusth | le 11 février 2021

Canard PC 416 : Édito

News Hardware du CanardPC N°398

CPU

2,5 cm de mieux

2,5 cm de mieux A

u petit jeu de celui qui possède le plus gros, la jeune pousse Cerebras vient de mettre tous les hardeurs d’accord avec le développement d’un processeur de près de 22 cm de côté, fabriqué par TSMC. De quoi emporter aisément le panier garni du prochain concours de puces bovines de Chousiasses-sur-Goitre, même si 19,5 cm auraient déjà largement suffi. De fait, profitant d’une confortable superficie de 46 225 mm², le Cerebras WSE embarque 1 200 milliards de transistors, 400 000 cœurs et 18 Go de SRAM. Ouais… 1 200 milliards… là où le tout nouveau Epyc 2 64C/128T d’AMD (nom de code « Rome », et annoncé comme le plus puissant processeur x86) en dispose magistralement de 32 dans sa livrée la plus hormonée. On s’en doute, le bestiau s’adresse au monde des serveurs et plus précisément, à celui de l’entraînement des réseaux neuronaux. Le prix n’a pas été annoncé, mais n’y pensez même pas.


Console

Don’t drame, it’s ovaire

Une rumeur apparue sur Reddit a émotionné plus d’un utilisateur de Nintendo Switch, tout du moins ceux qui avaient acheté la console après le 17 juillet. Car avec l’arrivée d’une version améliorée le 20 septembre prochain (jusqu’à neuf heures d’autonomie), on y apprenait que Nintendo proposait gracieusement l’échange de l’ancien modèle pour le nouveau, ne facturant que les frais de port. Ce que la firme a aussitôt démenti, aucun programme d’échange n’étant à l’ordre du jour des 1 000 prochaines années.


Ordinateur

400 MHz en surface, c’est chaud

400 MHz en surface, c’est chaud C

ertains utilisateurs de Surface Pro 6 et Surface Book 2 l’ont un peu mauvaise, car en faisant un tour du côté du gestionnaire de tâches entre deux apéros-tartiflettes, une terrible réalité s’est imposée à eux : la fréquence du CPU est plafonnée à 400 MHz. On admettra aisément le traumatisme car cela fait quand même une sacrée trotte pour rejoindre les 1,8 GHz promis pour les processeurs. En cause, le bien connu phénomène de « throttling », une sécurité chargée de brider la fréquence d’une puce pour en contrôler la température et éviter tout drame. Sauf qu’en l’état, le blocage de la fréquence se déclenche de manière injustifiée, même lorsque le CPU glande dans le hamac. L’explication réside dans un bug de la fonctionnalité BD PROCHOT (bi-directional processor hot), identifié par Microsoft, qui sera éradiqué via une mise à jour du BIOS. En attendant, des utilitaires permettent de désactiver la protection mais aux risques et périls de l’utilisateur, cela va sans qu’on se le dise pour dit.

 


Mémoire

Elle sortira 1zeudi

Micron a devancé Samsung en démarrant la production de DRAM DDR4 16 Go en 1z nm, comprendre une finesse de gravure allant de 10 à 14 nm. Conçues à destination des serveurs et consorts, les puces 1z sont à la fois plus économiques à produire et 40 % plus efficaces énergétiquement. Quant à la mémoire DRAM LPDDR4X 16 Gb pour appareils mobiles, également en 1z nm, Micron a commencé les livraisons. Si elle n’arrive pas dans les 30 minutes, la seconde palette est pour la maison.


GPU

Une communication trop Didier

Une communication trop Didier F

aisant référence à la sortie des GeForce RTX 2060/2070/2080 « Super » en juillet dernier, un tantinet plus performantes que les modèles standard (et en attendant une probable GeForce RTX 2080 Ti Super), le PDG de Nvidia Jenseng Huang a lâché une petite phrase à l’occasion d’une conférence pour les investisseurs. En résumé : « Il serait fou » d’acheter une nouvelle carte graphique devant durer deux à quatre ans, incapable de lancer de rayon (ray tracing). En d’autres termes, se procurer des cartes graphiques AMD RX 5700 serait au mieux un signe de légère démence, au pire de crétinerie. Quant au problème de manque de titres compatibles, Huang n’en démord pas et promet que les contenus supportant le lancer de rayon arrivent (Minecraft vient justement de passer à la casserole). Reste que ces propos n’engagent évidemment que leur auteur et qu’à la réflexion, il pourrait être lumineux de patienter au moins une année ou deux que la situation mûrisse et profiter d’une carte au meilleur rapport prix/performances/catalogue/valeur ajoutée du lancer de rayon. Pour autant que ce dernier point fasse sens bien sûr, mais ne soyons plus désagréables que la fragrance de ces chaussettes.


Sécurité

Phote de précautions…

A

près les ordinateurs et autres télévisions connectées, les ransomwares pourraient trouver un nouveau terrain de racket, celui des appareils photo numériques (APN). Flippe, flippe. Au fond, comment s’en étonner : ce ne sont pas les modèles Wi-Fi ou NFC qui manquent. Si aucun cas réel n’a encore été relaté, l’expérience a cependant été menée avec succès par des gens de Check Point Research. Une vidéo montre un Cannon EOS 800D bloqué à distance, tandis que les photos de la carte mémoire sont chiffrées à la volée. L’attaque exploite un panel de vulnérabilités liées au « Picture Transfer Protocol » (PTP), via la bonne vieille technique du dépassement de mémoire tampon. Les chercheurs précisent que la même attaque peut être réalisée via USB. Alors certes, en pratique, le risque de se faire ransomwariser l’APN s’avère faible. Mais en vérité je vous le dis (éclairs et bruits de tonnerre en fond), ce n’est que le début de l’enfer du tout-connecté : de la bagnole au vibro, on ne sera plus tranquille nulle part.

 


Console

Ce n’est pas dans la boîte

Ce n’est pas dans la boîte

La Xbox Scarlett officialisée, Microsoft est revenu sur l’idée qui traînait ici et là concernant une machine totalement orientée cloud gaming. Coupant court aux supputations, Phil Spencer a précisé que la firme « ne travaille pas sur une console 100 % orientée vers le streaming à l’heure actuelle », certainement pour pas tirer une balle dans le pied de Scarlett. Pour l’heure, le xCloud Project vise donc uniquement le marché des appareils mobiles.


Intelligence Artificielle

Intel et le droit à l’inférence

S

urfant comme un pro sur l’acquisition de la société Nervana en 2016, Intel AI a livré plus de détails sur le NNP-I (Neural Network Processor for Inference), nom de code Spring Hill, premier processeur (ou plutôt coprocesseur) maison intégrant en son sein un réseau neuronal. Ce Core/Xeon « accélérateur d’intelligence artificielle » repose sur l’architecture Ice Lake en 10 nm et adopte un format M.2 (interface PCI 3.0 ×4 ou ×8). Déjà exploité par les serveurs de Facebook, le NNP-I possède deux cœurs dédiés aux calculs IA (jeux d’instructions AVX512 et VNNI) accompagnés de douze moteurs d’inférence – l’inférence est une « opération logique qui consiste à admettre une vérité en vertu de sa liaison avec d’autres vérités déjà admises », de rien. Selon Naveen Rao, directeur général d’Intel AI dont la mission sacrée est de « parvenir à un monde où l’IA sera partout », grâce au NNP-I les performances en calculs IA sont multipliées par cinq par rapport à un ZX-81 ou un Oric Atmos. Par contre, on a vérifié, le NNP-I fait bien jeu égal avec un CPC 6128.


Système d’exploitation

Petite crise d’idAndroidité

Petite crise d’idAndroidité

Les noms de desserts et autres saloperies qui font grossir le ventre des fesses, c’est définitivement du passé pour Android. Google a décidé de revoir sa sucrée communication pour revenir à une nomenclature des plus conventionnelle, à savoir un simple numéro de version afin que l’OS installé sur un appareil soit clairement reconnaissable à l’international. Android Q (un autre genre de gourmandise) devient officiellement Android 10, avec pour la route un logo légèrement retouché.


Sécurité

La puce a de l’oreille

C

e qu’il y a de fantastique avec les industriels, c’est qu’ils n’ont jamais honte de rien, et font systématiquement passer les paranos de la décennie précédente pour de grands visionnaires. Après les récents aveux d’Apple, Facebook, Google et Amazon (le marchand, pas celle qui part en fumée dans l’indifférence générale, misère de misère), c’est aujourd’hui au tour de Microsoft de reconnaître avoir enregistré, lui ou ses partenaires, des extraits de conversations des utilisateurs de Xbox One via le système de commandes vocales de Kinect ou l’assistant Cortana (sans oublier les écoutes sous Windows et Skype). Une fête du slip qui dure depuis 2013, comme ça, à la cool. Après tout, pourquoi se gêner, puisque la firme explique qu’il s’agissait « d’améliorer le service et la reconnaissance vocale ». Microsoft stipule toutefois avoir cessé la pratique, non pas en vertu d'une quelconque considération éthique mais parce qu’elle ne lui est plus nécessaire, même s’il s’autorise encore quelques extras en cas de « soupçons de violation de ses conditions d'utilisation ». Honte de rien, je vous dis.