402
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le 1 janvier 2020

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Par Kahn Lusth | le 9 décembre 2019

Canard PC 402 : Édito

News Hardware du CanardPC N°401

Ordinateur

Quant IBM et Intel tiquent

Quant IBM et Intel tiquent «

em>« Suprématie quantique utilisant un processeur supraconducteur programmable ». Voici en substance le titre d’un article récemment publié par des chercheurs de Google AI Quantum dans la revue Nature. Le papier expose le « bond en avant informatique » effectué à l’aide du processeur quantique Sycamore de la firme, développé en collaboration avec la Nasa, une puce de 53 qubits capable d’effectuer un calcul qui prendrait « 10 000 ans au supercalculateur le plus rapide du monde » en 200 secondes, sans transpirer des cuisses. Présenté comme ça, la différence de puissance n’est pas si impressionnante, manifestement le CPC 6128 a encore de beaux jours devant lui. De plus, à la vitesse où le temps défile, on sort à peine de 10 000 ans qu’on est déjà à Noël. Quantiqu’à savoir ce que ces gens entendent par « suprématie quantique », au-delà d’un processeur portant un capirote, elle consiste en la preuve expérimentale que le calcul quantique a pris l’avantage sur le classique, marquant le passage à une nouvelle ère de l’informatique. Pour autant, certains comme IBM remettent en cause l’annonce, parlant « au pire » de deux jours et demi de calculs par un supercalculateur classique, non pas 10 000 ans. Et si Intel félicite Google poliment, il n’accorde que peu d’importance à cette « suprématie », visant pour sa part le « réalisme quantique » et estimant que seuls des processeurs de centaines ou milliers de qubits fonctionnant de manière fiable pourront dépasser les supertrucs aujourd’hui en place.


Sécurité

Ça n’arrive pas qu’aux autres

Slava Makkaveev de CheckPoint.com a publié un papier dans lequel il expose une (ex-)faille des SoC Qualcomm – plus précisément du Qualcomm's Secure Execution Environment, ou QSEE – permettant de compromettre la sécurité et autoriser le piratage de données sensibles. Mais rassurez-vous bonnes gens, trouvée en juin dernier et immédiatement transmise à Qualcomm, la faille est aujourd’hui comblée.


Technologie

Techlépathes au gruyère

Techlépathes au gruyère C

netfrance.fr s’est penché sur les travaux des transhumanistes concernant la télépathie, ou plus exactement, la « techlépathie ». Ces excités de l’augmentation prévoient l’arrivée de ce moyen de communication non verbal « dans un avenir proche », grâce à la généralisation des interfaces et implants cérébraux. Et l’article de citer Kevin Warwick (« body hacker », professeur de cybernétique à l’université de Reading (Angleterre) et « premier cyborg » auto-déclaré de l’Histoire) dont les recherches portent sur la connexion du système nerveux aux ordinateurs. On notera que des systèmes captant les signaux électriques du cerveau pour les transformer en commandes externes sont déjà une réalité, à l’instar du Braingate destiné aux personnes tétraplégiques. Plus récemment, le MIT a présenté l’an dernier « AlterEgo », un casque couplé à une IA capable « d’entendre et comprendre » les mots via la « subvocalisation », puis de « répondre » silencieusement par ostéophonie. Le neurochirurgien Eric Leuthardt prédit pour sa part l’arrivée de la techlépathie d’ici quelques décennies, tandis qu’Elon Musk nous promet la même chose avec Neuralink – navigation sur Internet en sus.

 


GPU

Nvidia Hoppertampère

Ampere, la prochaine architecture GPU 7 nm de Nvidia, devrait être disponible avant août 2020. Rien d’officiel pour autant, mais cela va dans le sens du vent. Remarquez que la gravure sera cette fois assurée par Samsung, désormais préféré à un TSMC dont les lignes de production sont largement utilisées par Apple et AMD. Nvidia compte ainsi éviter les risques de pénurie tout en profitant d’un tarif avantageux proposé par Samsung. Puis, après Ampere, viendra le temps d’Hopper.


Biométrie

La CNIL ne sait face pas

La CNIL ne sait face pas F

ace à la montée en puissance de la reconnaissance faciale et à la volonté des autorités de l’employer massivement en la couplant à la vidéosurveillance, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) tente de poser quelques garde-fous afin de limiter la casse. Elle rejoint ainsi, en partie, la position de la Quadrature du Net, qui considère cette technologie comme « un danger pour nos libertés », ajoutant que « ces systèmes automatisés devraient toujours être écartés au profit de pratiques humaines ». Plus frileuse, la CNIL ne s’oppose pas à la reconnaissance faciale sur le principe, mais demande à ce que les expérimentations soient strictement encadrées selon trois axes : respect du cadre juridique actuel (interdiction de certains usages), respect de la personne (information et demande d’accord préalable, mise en garde contre des pseudo-expérimentations qui n’auraient d’autre but que de « préparer le terrain à un déploiement plus poussé ») et, enfin, une « véritable démarche expérimentale » (comprendre une évaluation « rigoureuse, contradictoire, pluridisciplinaire et menée dans des délais raisonnables »). Rappelons que ce haussement de ton ne changera rien à la donne, puisque la CNIL n’a d’autre pouvoir que celui de rendre des avis consultatifs et d’être régulièrement méprisé par les politiques.


Impression 3D

Mauvaise impression à l’armaison blanche

L

e feuilleton judiciaire nord-américain sur les armes imprimées en 3D vient de connaître un énième rebondissement. Le juge Robert Lasnik de Seattle a statué que le partage ou la vente en ligne de plans pour imprimer des armes 3D – une activité soutenue par l’administration Trump – violerait la loi fédérale. Cette décision fait suite à l’affaire Cody Wilson, fondateur de Defense Distributed, qui en 2012 vendait des fichiers CAD de pièces permettant de fabriquer une arme à feu, certes basique, mais surtout indétectable du fait de sa conception tout-plastique. L’administration Obama avait alors interdit ce commerce via une ordonnance, rapidement contournée par Cody en adoptant une distribution basée sur les donations. De nouveau bloqué par les autorités, Cody avait toutefois retrouvé la joie de vivre avec l’arrivée de l’administration Trump, cette fois ouvertement favorable à sa belle initiative. Nul doute que la Maison-Blanche fera appel de la décision, pour aider à l’avènement d’un monde meilleur et plus sûr.

 


Robotique

Qui va bouffer de l’emploi ?

Qui va bouffer de l’emploi ?

Les étudiants et personnels de l’Université de Houston (Texas) peuvent désormais se faire livrer un repas sur le campus par un robot. Les commandes s’effectuent depuis l’app Starship Deliveries comme dans un service de livraison classique. Les responsables de l’université estiment que la livraison robotisée va créer de l’emploi en amont de la chaîne, grâce à l’augmentation attendue du nombre de clients.


Intelligence artificielle

Quant à l’évasion fiscale génétique…

D

es chercheurs de l’université du Maryland ont développé une intelligence artificielle capable de contourner la censure du Net mise en place dans certains pays. Baptisée Geneva, malicieuse contraction de « Genetic Evasion », l’IA a fait ses preuves sur le terrain en déjouant les blocages en vigueur en Chine, mais aussi en Inde et au Kazakhstan. Une douzaine de stratégies ont été employées pour exploiter des failles, « quasiment impossibles à trouver manuellement pour des humains ». L’IA hackeuse s’inspire de la mécanique génétique, et notamment de l’ADN. Pour faire simple, alors que la censure repose sur le blocage de paquets de données prédéfinis, Geneva reconfigure l’agencement des données dans les paquets, se gaussant ainsi les filtres. Également, elle déploie une stratégie de mutation en supprimant/ajoutant des instructions en fonction des échecs/réussites précédents. Désireux de distribuer librement le code de Geneva, les concepteurs anticipent la riposte des autorités en suggérant que l’IA soit directement installée sur les serveurs des sites communément bloqués comme Wikipédia, coupant l’herbe sous le pied aux contremesures « sans nécessiter de configurer quoi que ce soit sur son ordinateur ».


Puce

Intel a le plus gros

Intel a le plus gros

Vous qui aimez suivre la passionnante actualité des puces FPGA (field-programmable gate array), apprenez qu’Intel vient d’exploser un record en la matière. Le Stratix 10 GX 10M possède ainsi 43,3 milliards de transistors, 10,2 millions d’éléments logiques, 6,5 To/s de débit. Sous le capot, la puce est constituée de deux FPGA, communiquant entre elles à l’aide de 260 000 connexions.


GPU

Intel fait le pont

P

ont Vecchio, tel est le nom de code du premier GPU Intel 7 nm architecture Xe dédié aux supercalculateurs et autres centres de données, attendu pour 2020/2021. Le nom emprunté au pont médiéval de Florence (Italie) fait directement référence à la technologie d'interconnexion Compute eXpress Link (CXL) du fondeur, chargée de relier différents GPU entre eux, à l’instar de l’Infinity Fabric d’AMD ou du NVLink de Nvidia. C’est d’ailleurs la puce qui sera exploitée par le projet Aurora prévu en 2021, à savoir un calculateur exascale composé de deux CPU Sapphire Rapids Xeon et de six GPU Ponte Vecchio. Au-delà du CXL, l’architecture Intel Xe repose principalement sur un packaging 3D Intel Foveros (superposition de composants offrant des finesses de gravure différentes) et de la mémoire HBM. Si les solutions HPC/Exascale seront les premières servies, Intel compte bien décliner les GPU Xe dans tous les secteurs du marché graphique, de la station de travail aux ordinateurs ultra-portables, de l’IA au Cloud GFX, sans oublier – faut-il le préciser – le jeu.