406
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le 1 mai 2020

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Par Kahn Lusth | le 9 avril 2020

Canard PC 406 : Édito

News Hardware du CanardPC N°406

Puces

Neuromorphique toi-même

Neuromorphique toi-même L

es dernières recherches sur de nouveaux dispositifs nanoélectroniques dirigées par l'Université de Southampton en Grande-Bretagne – en collaboration avec l’Université de Padova en Italie et l’Université et École polytechnique fédérale de Zurich en Suisse – ont permis à des neurones cérébraux et artificiels de communiquer entre eux. En toile de fond, ces travaux démontrent la manière dont les interfaces cerveau-ordinateur, les réseaux de neurones artificiels et les technologies de mémoire avancées (également appelées memristors), trois technologies en vogue, peuvent fonctionner ensemble. En clair, c’est la fête du slip transhumaniste. Pour autant, l’ère du cyborg n’est toujours pas pour demain, la simulation n'ayant recréé qu'un petit réseau de trois neurones prenant en charge la transmission excitatrice dans l'hippocampe – en charge de la mémoire – alors que la plupart des fonctions cérébrales nécessitent une énorme communication entre de nombreux neurones et circuits. Pour autant, il s’agit d’une avancée importante pour l'informatique neuromorphique, voire « l’Internet neuro-électronique », comprendre la mise en œuvre de fonctions cérébrales à l'intérieur de puces informatiques.


Réalité virtuelle

De quoi finir en HP

HP a rapidement dévoilé l’arrivée d’un nouveau casque de réalité virtuelle, le HP Reverb G2. Il remplacera le HP Reverb tout court, aujourd’hui vendu dans les 600 euros. Développé en collaboration avec Microsoft et Valve, le casque sera de fait compatible avec le Windows Mixed Reality et, par extension, le catalogue SteamVR. Aucune date de sortie n’a été annoncée, de même que les détails techniques au-delà de deux caméras frontales.


Sécurité

Recette au dystopinambour

Recette au dystopinambour Q

uoi de mieux pour occuper les enfants que de leur apprendre à cuisiner, et c’est pourquoi nous allons aujourd’hui réaliser de délicieuses tartelettes au dystopinambour. Pour commencer, prenez un bon gros drone de surveillance urbaine assez musclé des pales et équipé d’une caméra avec un haut-parleur bien frais. Privilégiez les producteurs locaux en vous fournissant à la gendarmerie ou au commissariat le plus proche. Une fois évidé, introduisez une farce de données collectées par Google (ou à défaut Orange ou tout autre opérateur digne de confiance), contenant l’historique des positions des intelliphones des utilisateurs (pour Google, elles sont effaçables et désactivées par défaut, attention à ne pas vous faire avoir). Idéalement, au 29 mars 2020 en France, elle devraient indiquer -88 % de fréquentation dans les magasins, cafés et restaurants, -72 % dans les commerces de nourriture et pharmacies, -82 % dans les parcs, -87 % dans les transports publics, -56 % dans les lieux de travail et +18 % dans les lieux de résidence. Mettez au four à 900 °C pendant environ deux mois, puis nappez avec du jus de gouvernement se disant prêt à exploiter les données personnelles des intelliphones (sur la base du volontariat). Inutile de relever la sauce avec des morceaux de CNIL, ça n’a jamais eu aucun goût. Par contre, rien n’empêche d’apporter une touche finale avec de la gélatine de certificat numérique pour savoir qui aura été testé/traité/vacciné, en espérant qu’il sera un jour disponible, comme précisé par ce reddit « AMA » animé par Bill Gates (http://cpc.cx/rdj). Bon appétit !

 


Industrie

Le télétravail, ça marché !

Selon Contextworld.com, le recours forcé au télétravail a entraîné une hausse importante de ventes de PC portables en Europe de l’Ouest. À la troisième semaine de mars 2020, le marché aurait augmenté de 38 % en un an, les chiffres allant généralement de 13 à 122 % (Irlande) selon les pays. Sauf en France qui, avec ses 5,4 %, occupe la dernière place. À croire que nous sommes déjà équipés jusqu’à la glotte, ou que tout le monde est en vacances.


Ordinateur

Le matos a ses vapeurs

Le matos a ses vapeurs S

team a publié les dernières statistiques sur le matériel de ses utilisateurs qui, rappelons-le encore et encore, d’accord d’accord, n’ont pas pour vocation de refléter objectivement l’état du marché dans sa gloubi-boulgalité. Donc, en arrondissant, sur Windows, on y remarque que mars 2020 a signé une légère remontée du couple Intel-Nvidia face aux solutions AMD : les CPU Intel passent de 78,6 % en février 2020 à 78,9 % et les GPU Nvidia de 74,4 % à 77,9 %. Du côté d’AMD et sur la même période, les CPU passent de 21,4 % à 21,1 % et les GPU de 15,7 % à 13,4 %. Pour la rigolade, on remarquera que le bon vieux GPU Intel G33/G31 Express de 2007 fait un saut de carpe de +16,17 % dans la catégorie des solutions DirectX 9. Cet exemple va dans le sens d’autres statistiques plus détaillées, faisant penser que les légères fluctuations traduisent en partie l’ennui des gens qui lancent des jeux sur du matériel poussiéreux (le portable du travail ?). Terminons avec le matos le plus populaire des steamers, parce que nous sommes curieux comme des fouines : Windows 10 64 bits, 16 Go de RAM, CPU quad-core 3,3 à 3,69 GHz, GPU Nvidia GeForce GTX 1060, VRAM 8 191 Mo, affichage principal 1 920 × 1 080 pixels, stockage total supérieur à 1 To, 250 à 500 Go d’espace libre.


Périphérique

Les AirTags se font taguer

L

es AirTags d’Apple ne sont certes pas officialisés, mais après avoir été mentionnés dans un tutoriel vidéo de la chaîne YouTube Apple Support – retiré depuis –, on peut s’aventurer à évoquer ce nouveau périphérique sans trop de risques. D’autant que l’AirTag est référencé dans le code d’iOS 13 et que l’application Find My, refaite pour ce dernier, permet justement de localiser amis et objets. En bref, les AirTags sont des mouchards connectés qui localisent des objets non connectés. Rien de neuf sous le soleil, ce type d’accessoire existe déjà, à l’instar de Tile et consorts. Alors pourquoi en faire état ? Parce qu’Apple démocratiserait par la même occasion – conservons un minimum le conditionnel, sait-on jamais – la localisation hors-ligne permettant de « retrouver un appareil ou des AirTags même sans Wi-Fi ou réseau cellulaire ». On pense ici à la puce U1 des iPhone 11 chargée de localiser précisément d’autres objets équipés grâce à des ondes « à bande ultra large ». La géolocalisation du périphérique hors-ligne s’effectue à l’aide d’autres appareils Apple à proximité, transformés de facto en balises via une connexion chiffrée. Une opération « transparente » qui s’effectue automatiquement à l’insu des utilisateurs, après tout, hein, pourquoi se gêner !

 


Périphérique

Et ça c’est rien de le dire

Et ça c’est rien de le dire

Début avril, Tesla a présenté un prototype de respirateur artificiel destiné aux hôpitaux en manque de moyens, en partie constitué des pièces détachées de ses véhicules. On notera ainsi la présence de l’écran tactile de la Model 3, mais également de pièces en rapport avec la régulation de l’air (suspensions) et de la température (climatisation). « Il y a encore du travail à faire, mais nous faisons notre possible pour s’assurer de pouvoir aider les gens », précise la firme.


Internet

Drôme de dame

L

’Agence nationale des fréquences (ANFR) a publié une actualité le 31 mars dernier qui, à un jour près, aurait à coup sûr terminé dans la benne aux poissons d’avril. L’agence explique avoir été contactée mi-février 2020 par une entreprise de la Drôme, spécialisée dans le développement d’équipements professionnels GPS et Galileo pour la géolocalisation de haute précision, se plaignant d’un brouillage inexpliqué nuisant à son activité. « Une interférence pulsée, centrée sur la fréquence 1 581,15 MHz, qui affectait de manière permanente la réception des signaux GPS L1 et Galileo E1 dans la bande de fréquences centrée sur 1 575,42 MHz », comme l’explique d’un ton sérieux l’ANFR. N’écoutant que leur récepteur goniométrique installé dans leur véhicule laboratoire, l’ANFR a enquêté afin d’identifier avec succès la source du parasitage. Des hackeurs russes ? Des espions chinois ? Des radio-amateurs zorglubiens ? L’État profond étatsunien ? Des techno-taupes mutantes ? Que nenni. En remontant le signal, les enquêteurs ont fini par frapper à la porte d’une dame âgée, dont la box « émettait des rayonnements indésirables dans la bande de fréquences réservée au GNSS (…) parasitant une bande de fréquences sensible réservée à l’Aviation civile, à la Défense et à l’Espace ». En attendant le remplacement de la box, cette dame a pu continuer à l’utiliser pour ne pas rester privée de téléphone, télévision, Internet, et surtout des Mystères de l'amour.


Impression 3D

L’HP sous (im)pression

L’HP sous (im)pression

Un parc de 60 imprimantes 3D de marque Stratasys a été installé à l’hôpital Cochin, afin de fabriquer rapidement du matériel pour les soignants. Il est question de valves pour respirateur artificiel d'urgence, de matériel d'intubation, de pousse-seringue, de masques, de visières de protection pour le visage, de poignées, etc. L’opération s’inscrit dans l'initiative "3D COVID" de l’AP-HP, alors que le site 3dcovid.org permet aux soignants de formuler leurs demandes.


Intelligence artificielle

L’IA pense bien à nous

L

’intelligence artificielle au service de l’analyse de la pensée pour la traduire en paroles dans un contexte médical, voici l’objet de la recherche publiée dans la section Neuroscience de Nature (http://cpc.cx/reI). « Une décennie après le décodage de la parole à partir des signaux du cerveau humain, la précision et la vitesse restent bien en deçà de celles de la parole naturelle », peut-on lire en préambule. Mais ça, c’était avant le recours à une IA dont l’entraînement s’est déroulé à l’aide de quatre personnes épileptiques ayant des électrodes implantées dans le cerveau. Chacune a lu 50 phrases composées de 250 mots différents, aboutissant au décodage de l'électrocorticogramme « avec une grande précision et à des vitesses de parole naturelles ». Si la traduction n’est pas encore exempte d’erreur – bien que le taux soit au niveau des traducteurs automatiques, soit huit pour-cent, voire moins –, les résultats sont « prometteurs » et (à terme, avec la démocratisation des interfaces neuronales qui nous pend au nez) ouvrent la voie à une telle multitude de dérives probables que je préfère en rester là pour ne pas déclencher un malaise vagal.