368
Sortie en kiosque
le 14 octobre 2017

S'abonner
Numéro actuel
Par L-F. Sébum | le 4 octobre 2017

Canard PC 368 : Édito

News Online du CanardPC N°349

Ça ne vole pas haut

C'est une histoire qui est partie d'un post sur Facebook, dans un groupe dédié à EVE Online. Choqué, un joueur y expliquait qu'Olivia, son amie tout aussi joueuse, était à l'hôpital après une tentative de suicide provoquée par de sombres raclures qui la harcelaient sur les serveurs du jeu. Ensuite, c'est sa sœur qui est venue confirmer le drame, face à des joueurs plus révoltés les uns que les autres. Écœurés, ces derniers ont donc décidé de lancer un mouvement appelé « Son nom est Olivia » pour luter contre le harcèlement sur Internet, tandis que d'autres ont fait spontanément des dons d'ISK – la monnaie du titre – à la joueuse, en apprenant qu'elle économisait pour se payer un nouveau vaisseau. Mais d'autres, bien plus vindicatifs, ont carrément lancé une enquête pour retrouver le sale petit enfoiré et le livrer aux développeurs, sans se demander un seul instant pourquoi Olivia refusait de dévoiler son identité. Finalement, les joueurs ont coincé la joueuse, avant de lui arracher son masque en latex en criant « Thrane, le chef de la corporation Storm Tribes ?! », et que celui-ci ne réponde « j'aurais pu devenir millionnaire si vous n'aviez pas fourré votre sale nez dans mes affaires ! ». Eh oui, tout ceci n'était qu'un énième complot de l'espace, monté par un joueur peu scrupuleux qui a ouvert de faux comptes sur Twitter et Facebook, afin de s'enrichir en essayant de faire accuser une corporation rivale, dans le but de la déstabiliser. Depuis, Thrane a donc remboursé la plupart des victimes, dissous sa corporation et clôturé son compte, mais CCP serait encore sur ses traces, afin de s'assurer que son banhammer n'a pas chauffé pour rien.

Le free-to-play qui reprendra les batailles de bateaux volants d'Allods s'appellera finalement Cloud Pirates et, grosse déception, devrait plus ressembler à un World of Tanks qu'à un jeu où les joueurs coordonnent leurs efforts sur un rafiot.

Inspirez... Expulsez...

Alors que la trêve hivernale vient tout juste de commencer, Daybreak a levé son majeur en direction de familles entières qui vivaient paisiblement sur EverQuest, avant de raser des guildes et leurs villages avec des gros bulldozers. Scandalisées, les victimes se sont donc fait entendre avec véhémence, au point de voir parfois leurs topics clôturés sur le forum officiel. Face à la grogne, les dirigeants ont donc convoqué leur chef de chantier qui, après analyse des plans, aurait crié quelque chose comme : « Oh, merde, merde, merde ! C'était le quartier d'à côté qu'on devait raser, celui qui n'est plus habité depuis des années ! » En conséquence, Daybreak promet de faire tout son possible pour reconstruire les logements des guildeux, tout en suppliant les joueurs d'arrêter de lancer des pétitions et de mettre des petits coups de fourche aux ouvriers.

 


Shadowverse, un équivalent de Hearthstone ultra-populaire au Japon, vient de débarquer sur Steam. On a proposé à Ivan de le tester, mais Pipo s'est jeté devant lui au ralenti et en hurlant « noooooon ! ». Alors on va le laisser jeter un œil.

Vous allez voir ce que vous allez voir

Impossible aujourd'hui de trouver un jeu en ligne qui ne propose pas au moins le vague équivalent d'un coffre à butin. Vous savez, ces caisses qui nécessitent d'acheter une clé pour être ouvertes et qui offrent un objet aléatoire au joueur, pendant que les développeurs retapissent leur studio avec de la peau de bébé phoque. Or, Neverwinter s'est retrouvé face à un gros problème, puisqu'un bug permettait à certains joueurs de voir l'objet contenu dans le coffre sans dépenser la moindre clé. Un fait qui aura donc obligé le studio à intervenir, avant d'annoncer la bonne nouvelle sur son forum en expliquant qu'une minorité de joueurs était en train de pénaliser tout le monde. Et conséquence tout à fait naturelle, cette annonce s'est immédiatement transformée en un brûlot de 57 pages dans lequel les joueurs défilent avec leurs fourches et leurs torches, pour insulter copieusement les développeurs, leurs familles et leurs animaux de compagnie. Oui, pas si sûr qu'il s'agisse vraiment d'une minorité.

Décidément, Shroud of the Avatar est bien un MMO désigné par un vieux monsieur qui a de vieilles idées, puisque son système de mort pénalisera les joueurs en leur faisant perdre des points de compétence. Comme autrefois, quand les femmes n'avaient pas le droit de vote.

Braqueur niveau 110

Attention, prenez vos plus grosses pincettes car il s'agit d'une rumeur presque infondée, qui émane d'un utilisateur de GTAforum connu pour avoir déjà ses prédictions au sujet de GTA V Online, qui tombent parfois juste. Selon sa dernière lecture dans les entrailles d'un beau jambon seranno tout frais, Rockstar aurait un plan sur quatre ans pour transformer le pan online du dernier GTA en un véritable MMO. Un fait qui serait notamment justifié par l'apparition de quelques DLC bien épais, chargés d'ajouter de nouvelles villes comme North Yankton et Liberty City en 2017, San Fierro et Las Venturas en 2018 et peut-être même Vice City aux alentours de 2020. Soit deux ou trois DLC qui devraient être facturés chacun – attention ça va piquer – au prix d'un jeu complet – je vous avais prévenu – et qui auraient été motivés par le succès des microtransactions dans GTA V Online. Enfin, interrogé par la presse, le représentant de Rockstar s'est bien sûr fendu d'un « Hein ? No sé. Moi pas comprendre » avant d'enfiler un bonnet péruvien et de jouer de la flûte de pan pour tromper les journalistes.

 


Warface, le FPS free-to-play de Crytek, vient de fêter ses trois ans et je ne sais pas ce qui est le plus impressionnant, entre le fait que des joueurs continuent de jouer ou que son éditeur y croit encore. Par contre, je me souviens très bien des larmes d'Omar Boulon la première fois qu'il a pu le tester. Elles étaient si acides.

Non

Fut un temps où les développeurs de MMO et de free-to-play imaginaient que les jeux pour smartphones constituaient une porte de sortie idéale quand leurs titres commençaient à vomir du sang. Or, après avoir emprunté ce chemin tumultueux, Gameforge nous est revenu avec le visage complètement tuméfié, quelques dents en moins et en bredouillant : « n'allez furtout pas par là, f'est fuper danfereux ! » Bon, on rigole mais cet amour inconsidéré pour le mobile vient de se traduire par le licenciement de 90 personnes dans l'entreprise allemande qui, du coup, abandonne ce secteur pour se recentrer sur ses activités PC. Selon le PDG de l'entreprise, la concurrence acharnée sur iOS et Android serait à l'origine de cette déconvenue et nos pensées vont désormais à ceux qui viennent de perdre leur boulot, puisque les derniers employés de la firme n'ont pas grand-chose à craindre, entre les increvables Aion et Tera ou le petit HEX : Shards of Fate qui semble fonctionner bien mieux que prévu.

Selon la dernière infographie de Cryptic Studios, 1,1 million de joueurs seraient « aux commandes » sur les versions consoles de Star Trek Online, pendant que 68 % d'entre eux s’agglutineraient comme des cons, dans la faction de Starfleet. D'accord mais sinon, combien de personnes y jouent pour de vrai ?

Aux frontières du réel

Ça y est, on a enfin trouvé un backer qui a obtenu quelque chose de concret en investissant dans Star Citizen. Vous connaissez l'histoire du mec qui trouve un trombone dans une poubelle et qui, à force d'échanges, finit par racheter Google ? Eh bien, c'est exactement ce qui est arrivé à Kyle Brodzky, si ce n'est que son aventure a démarré avec la précommande du vaporware de Chris Roberts, à environ 80 dollars et peu d'estime de soi. Sachant que Star Citizen permet aux joueurs d'échanger leurs vaisseaux qui n’existent pas, le petit malin en a donc profité pour revendre son pack « exclusif » plus tard, au double de son prix, afin d'utiliser cet argent pour spéculer sur l’acquisition et la revente de vaisseaux en quantités limitées. Résultat, Kyle roule aujourd'hui dans une Hyundai Elantra de 2007, payée avec ses 5 000 dollars glanés à coups de troc et non sans se foutre ouvertement de ceux avec qui il a pu échanger : « Le plus amusant était de voir que par moments, des gens proposaient d'échanger des voitures ou des motocross contre ces véhicules complètement fictifs. C'était choquant d'imaginer tout cet argent qui était abandonné par ces gens contre des babioles de jeu vidéo, dont le seul intérêt sera de voler un jour dans le jeu. » Et autant vous dire que je me sens bien con, moi et mes pauvres skins d'armes pour Counter-Strike à deux dollars.

Révélation, la grosse mise à jour d'ArcheAge qui doit ajouter des nains et des hommes-taureaux-zarbi parmi les races jouables, devrait être disponible à compter du 10 décembre prochain. Oui, au conditionnel parce que j'ai envie.