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le 1 décembre 2018

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Par L-F. Sébum | le 20 novembre 2018

Canard PC 389 : Édito

News Online du CanardPC N°385

Chez les cols blancs

Trion pour eux

C’était une matinée on ne peut plus classique, durant laquelle Scott Hartsman prenait son petit-déjeuner. Soudain, un éclair de génie frappa le président de Trion Worlds. « Et si j’achetais tous les restes de Gazillion ? », s’exclama-t-il en bavant un mélange de lait et de céréales sur sa belle chemise, toujours incapable de comprendre qu’on ne parle pas la bouche pleine. Un coup de fil plus tard, l’affaire était dans le sac et sa société est désormais l’heureuse détentrice des cadavres enterrés chez Gazillion, à savoir un titre secret qui était en cours de développement et Marvel Heroes. Inutile toutefois d’espérer un quelconque retour de ce dernier puisque Marvel a révoqué tous ses droits d’exploitation il y a un an et que Trion a annoncé que l’opération visait surtout à renforcer ses capacités d’éditeur. Oui, c’est un peu confus, mais tout cela aurait été fait dans le but de récupérer des morceaux de code et du savoir-faire qui aideront l’entreprise à publier plus efficacement des jeux développés par des studios externes. Du moins, plus efficacement que les outils déjà mis à disposition des développeurs comme Glyph, la plateforme de distribution à la Steam, qui peine toujours à convaincre joueurs et professionnels de son efficacité.


Toujours à fond sur l’autoroute de la controverse, Black Desert vient d’établir un partenariat avec un streameur connu pour... ses bans. Apparemment, le dénommé Blade Boques aurait été éjecté deux fois du jeu pour avoir triché, ce qui rend la communauté furieuse.


Shroud of the Avatar

L’Ultima tentative

S

ans doute piqué au vif par toutes les méchancetés qu’il a lues sur Internet, Richard Garriott a profité d’une interview donnée au site Eurogamer pour affirmer bien fort que Shroud of the Avatar n’est pas en train de faire un flop, et qu’il fonctionnera même « pour toujours ». Difficile à croire lorsqu’on sait que des coupes claires viennent d’être effectuées dans les effectifs de Portalarium et que le studio a mis en ligne un « strech goal store », qui propose d’acheter des babioles pour financer le développement de nouvelles fonctionnalités. Garriott, optimiste, explique que le jeu pédale un peu dans la semoule car son plan marketing n’a pas encore atteint les « millions » de fans d’Ultima, qui vont forcément se ruer dessus en apprenant son existence. Ou peut-être que lesdits « fans » sont tous morts d’ennui en essayant Shroud.

 


Selon les analystes de Superdata, Fortnite aurait généré plus de 300 millions de dollars en mai dernier. La bonne nouvelle, c’est que la courbe de croissance du titre commencerait enfin à se tasser, ce qui devrait empêcher Epic de racheter la tour Canard PC.


Warframe

Nouveau Venus

À

l’occasion de la dernière Tennocon (une convention dédiée à Warframe), Digital Extremes a dévoilé le contenu des prochaines grandes mises à jour de son titre. Attendue pour cet automne, la première sera baptisée « Fortuna » et permettra d’explorer la surface enneigée (oui, oui) de Vénus où, manifestement, il sera interdit de s’éclairer avec autre chose que des néons bleus et violets. Balades en snowboard, faune à capturer et soulèvements de cyborgs contre leurs oppresseurs seront au cœur de ce gros patch. Puis plus tard dans l’année, une mise à jour encore plus grosse permettra cette fois aux joueurs d’engager des batailles spatiales à bord de leurs vaisseaux. Plutôt spacieux, ces derniers pourront embarquer jusqu’à quatre personnes qui s’occuperont de piloter, de régler les boucliers, de tirer aux canons et même de s’éjecter pour aborder des vaisseaux adverses. Soit de bien belles promesses, pour un titre qui n’en finit plus de nous surprendre.


Deux mois après sa sortie, Bless Online vient d’effectuer une première fusion de serveurs. Avec une fréquentation aux heures de pointe passée de 32 000 à 6 000 joueurs, et désormais quatre serveurs en ligne, difficile d’imaginer que le jeu passe l’hiver.


Guild Wars 2

Le Price à payer

D

eux designers narratifs d’ArenaNet viennent d’être licenciés après une embrouille sur Twitter. Qualifié « d’attaque contre la communauté » par le studio, l’échange en question a pour origine une série de tweets écrits par Jessica Price, dans lesquels la narrative designer explique comment écrire un personnage de MMO. Lorsqu’un twitto, qui n’y connaissait pas grand-chose, est venu lui répondre, Price a très mal pris qu’on vienne lui expliquer son métier et l’a sèchement rembarré. Un accrochage comme il y en a des dizaines chaque jour sur Twitter, qui aurait pu en rester là, mais s’est vite retrouvée sur le subreddit Guild Wars 2, où il a donné naissance à un torrent de commentaires misogynes, avant de se conclure, 24 heures plus tard, par le licenciement de Price et d’un collègue qui avait pris sa défense. Quoi qu’on pense de la rédaction de Price, la décision du studio de plier devant les éléments les plus toxiques de sa « communauté » plutôt que de défendre son employée crée un précédent catastrophique qui risque d’encourager tous les trolls et autres harceleurs que compte Internet.

 


Attendue pour le début de cette année, la version free-to-play de Dark Age of Camelot ne sera finalement pas disponible avant début 2019. Selon les développeurs, le vilain responsable serait le patch 1.125 qui doit notamment retaper le mode Royaume contre Royaume pour cet été.


Hearthstone

Le Boom

L

orsque vous lirez ces quelques lignes, il y a de fortes chances que la nouvelle extension d’Hearthstone, annoncée pour le 7 août, soit déjà disponible. Répondant au nom de « The Boosmday Project », celle-ci nous fera visiter le laboratoire du Docteur Boom qui y pratique des « expériences irresponsables », qu’on imagine plus amusantes qu’une séance de vivisection au croc de boucher sur des enfants. Comme de coutume, cette extension s’accompagnera de 135 nouvelles cartes qui, cette fois-ci, tenteront de renouveler le gameplay à l’aide de neuf sorts légendaires. Et comme de coutume, une petite aventure solo donnera du grain à moudre à ceux et celles qui ont peur de jouer contre de vrais joueurs, en proposant un « puzzle lab » dans lequel il faudra par exemple trouver une combinaison de cartes qui permet de gagner en un seul tour. Sur ce, il ne me reste plus qu’un Papier Culture à rendre avant de partir en vacances. Laissez-moi le temps de me rafraîchir avec mon ventilo et je m’y mets.


Pour le cinquième anniversaire de Neverwinter, Cryptic Studios a publié une infographie. Elle révèle que plus de dix-huit millions de joueurs ont créé un compte sur le jeu et que 14 000 d’entre eux jouent un clone de Drizzt. J’ai envie de mourir.


Une nouvelle aventure des super justiciables

Red Is Dead

Il y a quelques mois, les joueurs ont découvert avec stupeur que The Elder Scrolls Online embarquait un joli spyware. Baptisé Red Shell, ce dernier avait pour objectif de collecter des données sur ses utilisateurs qui, « juré craché sur la tête de nos reums », étaient toutes en lien avec le jeu. Un lien dont la définition s’est avérée finalement plus vaste qu’il n’y paraît puisque Red Shell est (entre autres) capable de détecter les clics sur certaines vidéos Youtube, poussant ainsi Zenimax à bouter le logiciel hors de son titre dans un rire gêné. Échaudés par cette affaire, certains fouineurs ont alors décidé de remonter la piste et se sont rendu compte que l’utilisation de ce spyware était monnaie courante dans l’industrie du jeu vidéo. Petits studios, gros éditeurs... tout le monde semble trouver un intérêt à l’utilisation de Red Shell, il apparaîtrait dans plus d’une cinquantaine de titres, parmi lesquels My Time at Portia, Quake Champions, Injustice 2, les derniers Total War, Battlerite, Vermintide 2 et même Kerbal Space Program. Face au torrent de colère, la plupart des studios ont donc immédiatement patché leurs titres avant de se déclarer « responsables mais pas coupables », et d’expliquer grosso modo que le programme aurait été ajouté « par erreur ». Quelle malchance, dites donc.


Portalarium vient de connaître une vague de licenciements. Rien d’alarmant selon le studio, qui estime que les bases de Shroud of the Avatar sont désormais posées et qu’une équipe restreinte suffira à poursuivre son développement.