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le 1 mars 2019

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Par L-F. Sébum | le 19 février 2019

Canard PC 392 : Édito

News Online du CanardPC N°390

Heroes of the Storm

Bizarre Entertainment

Je ne veux pas faire mon maître Capelo, mais lorsque le titre d'une news se termine par des points de suspension, c'est rarement pour annoncer une bonne nouvelle. Une règle à laquelle Blizzard n'a pas dérogé : « Heroes of the Storm news... », tel est le titre d'une annonce sur le site officiel, qui nous apprend que « certains développeurs » du moba travaillent désormais sur d'autres titres. Le studio se veut rassurant et explique que le jeu continuera d'être mis à jour, admettant tout de même qu'un « changement de cadence » sera inévitablement ressenti. La vraie mauvaise nouvelle reste la mise à mort de la branche e-sport du titre, puisque les tournois organisés par le Blizzard ne reviendront pas en 2019. Conscients que cette annonce risque de faire quelques vagues, les développeurs ont donc manié la langue de bois à s'en coller des échardes plein la bouche en déclarant que « l'amour que la communauté a pour ces programmes est profondément ressenti par tous ceux qui y travaillent » mais que « nous pensons en définitive qu'il s'agit de la bonne décision, plutôt que de continuer d’une manière qui ne respecterait pas les normes auxquelles les joueurs et les fans s’attendent ». Interrogés par nos envoyés spéciaux, les joueurs et autres fans d'e-sport n'ont hélas pas souhaité s'exprimer,  trop occupés qu'ils étaient à tout péter en insultant Blizzard.


Daybreak vient d'annoncer PlanetSide Arena, un spin-off qui transformera ce FPS en battle royale, à partir du 29 janvier. Comme on continuera sans doute à le dire, « ça ne casse pas Daybreak ».


World of Warcraft

Gonflé à l'Elysium

V

ous vous souvenez de cette époque où les utilisateurs de serveurs privés « vanillaNote : 1 » pour World of Warcraft justifiaient leur choix de jouer dans l'illégalité par l'absence d'alternative officielle ? À l'heure où Blizzard s'apprête à sortir une version « classiqueNote : 2 » du jeu, on peut donc imaginer que ces serveurs sont condamnés à fermer puisque les joueurs, ces honnêtes gens, préféreront payer Blizzard pour un service qu'ils réclament depuis des années. Apparemment les choses ne sont pas aussi simples : les propriétaires d'Elysium (un des plus gros serveurs privés / vanilla de World of Warcraft) viennent d'annoncer que World of Warcraft Classic n'entraînera pas l'arrêt de leur activité, « afin de ne pas perturber » leur communauté. Oui, leur communauté de joueurs qui refusent de lâcher dix balles par mois pour jouer à un MMORPG.

Note 1 : Faisant tourner le jeu tel qu'il était lors de sa sortie
Note 2 : Faisant tourner le jeu... Oui, ok, j'arrête.

 


Vous pouvez désormais lâcher 299 dollars pour jouer à Dungeons & Dragons Online. Pour ce prix, les développeurs ne vous offriront pas un abonnement à vie au jeu, mais deux ans de season pass. Et peut-être votre photo sur leur mur des pigeons.


Coup de mou chez les durs

Prime de fin de race

F

in octobre, Gamigo engloutissait d'un seul coup Trion World, s'appropriant ainsi tous ses projets. Un rachat en bonne et due forme, pourtant suivi d'une période de panique plutôt inquiétante puisque tous les employés (jusqu'au patron) semblaient dépassés par la situation. Aujourd'hui, un premier bilan s'impose. Si Linda « Brasse » CarslonNote : 1 a pu atterrir chez les créateurs de Pantheon : Rise of the Fallen, il semblerait que de nombreux employés soient restés sur le carreau. En effet, dans un communiqué à l'intention des joueurs, les développeurs de Rift avouent sans ambages que leur équipe a été réduite dans une logique de rationalisation des effectifs. Pas sûr qu'une telle attitude aide ce MMO à durer dans le temps, lui qui venait pourtant de trouver un second souffle grâce à son serveur « Prime », qui permet aux joueurs de redécouvrir le jeu comme au premier jour.

Note 1 : L'ex-community manager en chef de Trion.


Daybreak aurait licencié entre 60 et 70 personnes début décembre. On comprend donc mieux l'arrivée de ce PlanetSide qui tente d'être à la mode. Par ailleurs, la dernière entreprise à manœuvrer désespérément en direction du battle royale a été Boss Key avec Radical Heights. Brrr...


Potins de chambre

Square d'empoigne

À

moins de vivre dans une grotte, vous avez probablement remarqué que Bethesda et Blizzard se font massacrer par les joueurs, qui leur reprochent jusqu'à l'existence de Fallout 76 et Diablo Immortal. Un problème qui, selon Mike Fischer, peut être résolu en s'inspirant de Final Fantasy XIV. Dans un billet écrit pour VentureBeat, l'ancien PDG de Square Enix America explique en effet que le jeu n'est pas sorti seul de son ornière, puisque son ex-employeur a tout d'abord reconnu publiquement son erreur, avant de s’atteler à la reconstruction du titre via des méthodes aussi radicales qu'un changement de chef de projet. Au final, Fischer reproche surtout aux plus gros éditeurs leur incapacité à se remettre en question, puisque ces derniers résumeraient trop souvent leurs échecs à des problèmes de relation publique. Ou en d'autres termes, au fait que les marketeux et autres attachés de presse ne feraient pas suffisamment bien leur boulot pour vendre le jeu. Une lecture très instructive, disponible ici.

 


Wargaming vient d'annoncer Pagan Online, un hack and slash développé « conjointement » avec Mad Head Games. Pas grand-chose à dire pour l'instant, si ce n'est que leur jeu ressemble à un Diablo III qui aurait mangé Torchlight.


Eve Online

Pas de Nova, bonne Nova

P

em>Project Nova, le FPS siglé « Eve Online » et développé sur les restes de Dust 514, ne parvient toujours pas à convaincre. Selon CCP, le titre vient d'être renvoyé « à la case départ » pour y être repensé en profondeur. La raison ? Après avoir « pris en compte tous les commentaires », les développeurs auraient compris que « l'expérience de jeu » ne correspondrait pas à sa vision d'origine. La bonne nouvelle, c'est que CCP ne s'estime pas pressé par le temps et affirme vouloir continuer à développer le titre tant que celui-ci ne sera pas satisfaisant. Un fait qu'explique sans aucun doute le récent rachat du studio par Pearl Abyss, qui a très certainement offert une rallonge budgétaire aux développeurs pour leur permettre de mener à bien leur projet. À moins que le rire perçant que Netsabes a poussé lors de la découverte du jeu continue d'être entendu par les développeurs dans leurs cauchemars.


Les développeurs d'Escape from Tarkov s'en prennent aux youtubeurs qui ne brossent pas dans le sens du poil. En effet, un certain Eroktic affirme que certaines de ses vidéos ont disparu à la demande du studio en raison de leur négativité. Moche.


Une nouvelle aventure des super justiciables

Ça sexiste vraiment ?

Il y a quelques mois de ça, Kotaku publiait une enquête accablante au sujet de Riot Games. Selon les témoignages recueillis auprès d'une multitude d'employés, l'ambiance au sein de l'entreprise serait toxique, prompte à favoriser les hommes et les blagues les plus graveleuses. Ces révélations auraient poussé une dizaine d'employés à démissionner, ce qui n'a pas empêché deux collaboratrices de déposer plainte contre leur employeur pour discrimination sexuelle, ni d'empêcher Riot de rester droit dans ses bottes face aux accusations. En effet, après avoir reconnu que Scott Gelb – le PDG du studio – « a touché à plusieurs reprises les testicules ou les fesses de ses subordonnés, ou leur a pété au visage » en lui collant une mise à pied de deux mois, le directeur général de Riot a volé à la rescousse de son patron. D'une voix envahie par les trémolos, le dirlo a tout d'abord affirmé que Gelb « a choisi la contrition et la rédemption » et qu'une telle attitude mérite bien un soutien indéfectible, d'autant qu'une « enquête spéciale » sera menée pour nettoyer l'entreprise de ses fauteurs de troubles. Des éléments perturbateurs qui, chose amusante, se sont souvent résumés à Gelb dans l'enquête de Kotaku.


En Corée du Sud, les sociétés qui proposent de booster un personnage ou un compte de jeu contre de l'argent risqueront désormais une peine de prison. Selon le gouvernement, les « entreprises de boosting » perturberaient « l'équilibre des jeux à haut niveau ».