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Sortie en kiosque
le 1 mars 2017
Ancien numéro
Par La Rédaction | le 19 février 2017

Canard PC 355 : Complètement à la Mass

Édito

Vous avez peut-être lu La Patte de Singe, le conte de W.W. Jacobs dans lequel un couple de pauvres gens hérite d'une patte de singe maudite capable d'exaucer trois vœux. Le vieil homme commence par demander à la patte de lui offrir deux cents livres, somme nécessaire pour payer les traites de sa maison. Le lendemain, un bourgeois vient frapper à la porte et lui apprend que son fils unique est mort dans un accident du travail et qu'il va toucher deux cents livres de compensation. Eh bien, peut-être qu'on aurait dû garder cette histoire en tête l'année dernière, quand on se prenait à souhaiter la disparition de Steam Greenlight. Certes, ce système n'était pas parfait, mais celui qui va prendre sa place dès le printemps prochain laisse penser que nous risquons de nous retrouver, comme le héros du conte de Jacobs, devant un remède pire que le mal. En effet, dès la mise en place de Steam Direct, puisque c'est son nom, il ne sera plus nécessaire d'obtenir les votes de la communauté pour faire entrer son jeu dans le Saint des saints. Il suffira de déposer un dossier auprès de Valve et de verser une certaine somme d'argent, dont le montant n'est pas encore arrêté mais qui sera compris entre 100 et 5 000 dollars. Dans tous les cas, cela pose de sérieux problèmes. Si Valve opte pour un montant faible, de l'ordre de 100 dollars (ce qui correspond aux frais de dossier actuellement demandés pour s'inscrire sur Greenlight), en l'absence de toute forme de sélection, le catalogue de Steam va exploser et risque de vite ressembler au Play Store de Google – qui associe lui aussi frais d'entrée dérisoires (25 dollars) et absence quasi-totale de tri à l'entrée. À l'inverse, si un montant élevé pourra sans doute dissuader les plaisantins et les incapables de balancer tout et n'importe quoi dans la grande poubelle de tonton Newell, il aura aussi pour effet de couper une grande partie des développeurs indépendants et amateurs de la plus importante plateforme de vente de jeux sur PC. Certains ont d'ailleurs commencé à s'en alarmer, comme Raw Fury, éditeur de Gonner et Tormentor x Punisher, qui pense mettre en place un système de prêt pour aider les développeurs fauchés à avancer la thune. Quelle que soit la décision de Valve, le Steam de fin 2017 risque de n'avoir plus grand-chose à voir avec celui qu'on connaît aujourd'hui.

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