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Sortie en kiosque
le 15 avril 2018
Numéro actuel
Par L-F. Sébum | le 30 mars 2018

Canard PC 379 : Édito

Édito

Contrairement à ce qu'on pense, travailler chez Canard PC, ce n'est pas seulement rigoler devant des jeux toute la journée puis paniquer devant un traitement de texte le soir en cherchant désespérément une blague. C'est aussi faire de la veille, rester à la pointe des tendances, sentir venir les nouveautés dès les premiers frémissements du champ vidéoludique. L'exemple des serious games est intéressant. On en reçoit à la pelle, des communiqués annonçant la sortie de tel ou tel jeu sérieux qui prétend nous informer sur une crise humanitaire, nous apprendre les premiers soins ou nous faire découvrir virtuellement les beautés d'une ville éloignée. C'est souvent bien fait, hein, aucun doute. Mais tout cela est, comment dire... un peu trop propre. Ça fleure bon la communication citoyenne, l'optimisme un peu niais, à mi-chemin entre solutionnisme sauce Silicon Valley et réalisme socialiste sous perfusion de fonds publics. C'est pourquoi nous avons découvert avec joie l'existence de Face au train, un projet en réalité virtuelle édité par la SNCF. Le logiciel nous propose « d'apprendre les règles de sécurité dans les gares grâce à des animations 3D impressionnantes », avec notamment des « effets de souffle » et des « arcs électriques ». En clair, le jeu nous propose de regarder des gens se faire happer, déchiqueter ou électrocuter par un train, tout ça pour apprendre, je cite, « qu'on ne fait pas le poids FACE AU TRAIN ». On a rarement vu plus badass, et on espère qu'il s'agit là d'une nouvelle tendance destinée à prendre de l'ampleur. Ainsi, grâce au jeu vidéo, les enfants pourront apprendre en s'amusant devant KESTUVAFAIRE quand t'auras les jambes arrachées par le tromé ? et JAVEL DANS LE BIDE : viens pas pleurer ta mère.

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A venir

The Bard's Tale IV : Barrows Deep

J'aime lyre

Quand inXile a lancé une campagne Kickstarter pour financer un dungeon crawler, en 2015, tout le monde est resté interloqué. C'était l'année de chefs-d’œuvre comme The Witcher 3, de projets longuement attendus comme Pillars of Eternity, de rouleaux compresseurs comme Fallout 4. Et voilà qu'au beau milieu de tout ça douze glandus de Californie demandent un million pour faire un dungeon crawler. Et le pire, c'est qu'ils l'obtiennent. En trois jours.

Dossier

Le patient gaming

Éloge du sang-froid

Attention, Assassin's Duty : Battle for Montargis va sortir dans quelques jours ! Couvertures de magazines, publicités, émeutes sur les réseaux sociaux, c'est le jeu de l'année. Même votre coiffeur l'a précommandé. Votre carte bancaire est dans les starting-blocks et vous avez déjà déposé deux jours de RTT. Mais attendez... Faisons une pause, respirons calmement. Est-ce vraiment une bonne idée de jouer à un jeu vidéo dès sa sortie ? Dans une discrète ruelle d'Internet prospère une communauté de joueurs qui sont persuadés du contraire. Ils s'appellent les patient gamers, et ils ont peut-être trouvé le secret du bonheur ludique éternel.

Sommaire du dossier :

I. Le patient gaming

II. Entretien avec deux responsables de /r/patientgamers

Test

Far Cry 5

Redneck rempaillage

Les mois qui ont séparé l'annonce de Far Cry 5 de sa sortie ont compté parmi les plus fascinants de ma carrière de type payé à glander sur les réseaux sociaux (j'écris aussi sur les jeux vidéo, mais de façon annexe). Sitôt révélé le contexte du titre, un Montana rural aux prises avec une secte évangéliste, un petit groupe d'internautes s'est autoconvaincu, malgré les dénégations d'Ubisoft qui affirmait le contraire lors de chaque interview, que Far Cry 5 serait un jeu engagé, pour ne pas dire militant, une charge anti-Trump radicale. Dans les commentaires sous les articles et les vidéos, ils criaient leur hâte de pouvoir casser du républicain, pendant qu'en face les gamergâteux braillaient leur refrain habituel sur les salauds de gauchistes qui mènent une guerre culturelle au jeu vidéo. Le plus intéressant, dans cette bataille rangée, livrée à propos d'un jeu qui n'a jamais existé ailleurs que dans l'esprit de ses participants, est qu'elle donne raison au maigre propos politique que contient le vrai Far Cry 5.

Test

Sea of Thieves

Le tonneau de grog à moitié plein

Sea of Thieves est un cas d'espèce. Un élève doué dont on vante sans arrière-pensée les qualités, mais que l'on a envie de gifler tant il se contente du minimum. Un jeu auquel on retourne pourtant avec plaisir. Pour profiter de ce qu'il est en mesure d'offrir, certes. Mais aussi pour poser ses fesses sur un ponton avec des potes et admirer le soleil couchant tout en devisant sur toutes ces choses qui lui manquent et auraient pu en faire un grand jeu, tandis que Kahn Lusth vomit son grog en massacrant « La chevauchée des Walkyries » sur sa vielle à roue.

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