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Sortie en kiosque
le 1 mai 2019
Numéro actuel
Par L-F. Sébum | le 20 avril 2019

Canard PC 394 : Édito

Édito

Réunis dans leur immense tour de verre de la Défense, depuis laquelle ils contemplent les ruines de Paris incendié par les gilets jaunes et le câblage électrique foireux des cathédrales, les membres du Canard PC Board of Directors se sont réunis. C'est John Dandridge-Spencer, le responsable growth and brouzoufs, qui prend la parole.
« Tell me, boys, les chiffres sont bons, mais votre public, your audience, ça ne va pas du tout.
– Pas du tout
, ajoute Steven Buckingham-Farbridge, le responsable thunes and development, en mâchouillant son gros cigare.
À l'autre bout de la table, Ivan Rothschild-Forbes-Gaudé, directeur de la région France, semble nerveux.
Vous exagérez. Le journal marche bien, le site web aussi, l'émission avec O'Gaming est un succ...
– Yeah, Gaudé, we know that. « Ça marche », ajoute John en imitant l'accent français, provoquant de gros rires autour de la table. Mais ce n'est pas enough ! Votre public, c'est bullshit. Des vieux. Vous ne parlez pas aux jeunes.
Les jeunes don't read. Ils ne lisent pas, they're stupid, opine Samantha Rutherford-Mortcombe, en charge du pôle respect des clients.
Ce que vous devriez faire, c'est des streams, les jeunes LOVE that. Pivot to video, boys !
Des... des streams ? De jeu vidéo ? Vous êtes sûrs ? Canard PC n'a jamais fait ça.
Ivan, my pal, don't worry, vous allez faire un carton. Et vous allez enfin parler aux jeunes. »

C'est ainsi que, désormais, vous pourrez voir plusieurs fois par semaine, sur notre chaîne Twitch (twitch.tv/canardpc), les rédacteurs de Canard PC jouer en direct. Comme vous pourrez le lire dans le calendrier des streams passés et à venir (cpc.cx/onu), on a déjà streamé Wing Commander III, Diablo 1 et Lands of Lore. Si avec ça on devient pas numéro 1 chez les 12-15 ans, je ne sais pas ce qu'il faut faire.

A la Une

A venir

Disco Elysium

Le livre dont vous êtes le blaireau

Depuis 2015, un vent venu d'Estonie colporte d'étranges rumeurs. Celles d'un jeu de rôle visionnaire, d'un collectif d'artistes qui se serait transformé en studio de jeux vidéo, d'une histoire de flic ivre mort dans un univers totalement nouveau. Nourri de Planescape : Torment et de Kentucky Route Zero, ce qui s'appelait encore No Truce With The Furies promettait de changer notre rapport à la narration, aux dialogues et au roleplay. Mais le jeu, développé dans la lointaine Tallinn, existait-il seulement ou ses captures d'écran officielles n'étaient-elles qu'une suite de montages alléchants ? Le doute a subsisté pendant des années. Et puis, fin avril, j'ai pris le train pour y jouer de longues heures et rencontrer ses créateurs. Le vent n'avait rien exagéré : au contraire, il ne soufflait pas assez fort.

Sommaire du dossier :

I. Le livre dont vous êtes le blaireau

II. Entretien avec Robert Kurvitz

Dossier

Itinéraire d'un enfant 3D

Interview : Alexandre Hadjadj

Dans les années 1980, Alexandre Hadjadj écrivait des petits programmes en BASIC dans sa chambre du 14e arrondissement de Paris. Trente ans plus tard, ce très discret codeur français, qui n'avait jusque-là jamais accordé la moindre interview, occupe l'un des postes les plus prestigieux de l'industrie du jeu vidéo. En tant que technical director chez Rockstar, il chapeaute toute la partie graphique des jeux du studio. Vous vous êtes extasié devant la clarté des décors ou la pureté de l'antialiasing de Grand Theft Auto V ? Vous avez bavé devant les effets de lumière ou l'incroyable distance de vue de Red Dead Redemption 2 ? Alexandre Hadjadj et son équipe d'une trentaine de programmeurs spécialisés, repartie entre l'Écosse et les États-Unis, en sont les responsables. Nous nous sommes vautrés ensemble dans un canapé autour d'une assiette de cookies, et nous avons parlé avec lui de son métier, des moteurs 3D, des consoles, et de son chaotique parcours professionnel dans les méandres de l'industrie du jeu vidéo.

En chantier

Satisfactory

Analyse d'usine

C'est quand même bizarre, le jeu vidéo. Là, sur mon PC, j'ai une demi-douzaine de titres installés, dans lesquels je pourrais être le plus grand héros de l'univers, vivre des odyssées épiques, dérouiller des cyborgs nazis ou des mutants radioactifs, sauver des mondes entiers. Mais ils ne m'intéressent plus. Non, ce que je veux faire, c'est rester l'ingénieur-esclave d'une mystérieuse corporation futuriste, optimiser des circuits logistiques, déployer des tapis roulants, planifier des extensions d'usine et fabriquer toujours plus de vis ou de bobines de cuivre. Satisfactory a fait de mon existence une triste course à la productivité, et j'en suis complètement accro.

Test

Sekiro : Shadows Die Twice

From Software with love

Contrairement à ce que prétend la légende, les jeux de From Software ne sont pas durs, c’est juste un coup marketing. La preuve, prenez le premier épisode de Dark Souls : sur YouTube, on peut trouver la vidéo d’une fille qui le termine en utilisant, à la place d’une manette traditionnelle, un tapis réservé aux jeux de danse. Comme quoi, il suffit parfois d'un peu de volonté. Un peu de volonté, et un tapis de danse, évidemment...

A venir

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Le livre dont vous êtes le blaireau

Depuis 2015, un vent venu d'Estonie colporte d'étranges rumeurs. Celles d'un jeu de rôle visionnaire, d'un collectif d'artistes qui se serait transformé en studio de jeux vidéo, d'une histoire de flic ivre mort dans un univers totalement nouveau. Nourri de Planescape : Torment et de Kentucky Route Zero, ce qui s'appelait encore No Truce With The Furies promettait de changer notre rapport à la narration, aux dialogues et au roleplay. Mais le jeu, développé dans la lointaine Tallinn, existait-il seulement ou ses captures d'écran officielles n'étaient-elles qu'une suite de montages alléchants ? Le doute a subsisté pendant des années. Et puis, fin avril, j'ai pris le train pour y jouer de longues heures et rencontrer ses créateurs. Le vent n'avait rien exagéré : au contraire, il ne soufflait pas assez fort.

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