Levons tout de suite le suspense : la plupart d’entre vous ne jouera pas à Beglitched. Et c’est un peu sa faute. Tout de rose et de mauve pixelisé, enthousiaste et naïf, drôle et léger, Beglitched partait pourtant à fond les ballons sur les autoroutes du succès informatique. Assis sur le siège de la célèbrissime Glitch Witch – la sorcière du bug –, vous devez l’assister. Enfin, la remplacer même. Qu’importe si l’on ne comprend pas tout de suite bien ce que l’on fait là, on le fait avec plaisir et bonne humeur : on se balade à travers les fichiers d’un ordinateur, on discute avec ses petits habitants, des chats, des hiboux, des souris ou des Monsieurs Muscles, on mène l’enquête et parfois, même, on se bat. Jusque-là, tout se passe merveilleusement bien. Beglitched parvient à poser une ambiance et une atmosphère uniques, adorables. Hélas, dans ce monde tout rose où même les boss de fin de niveau ont des têtes de peluches choupichou, la difficulté est dosée n’importe comment. Les combats, qui se résolvent au moyen d’un match-3 pas particulièrement inspiré, laissent beaucoup de place à l’aléatoire. Ajoutez à cela qu’ils sont beaucoup trop nombreux et les occasions de récupérer de précieux points de vie beaucoup trop rares, et le gros gâteau d’amour idiot qu’aurait pu être Beglitched se transforme par moments en vilaine pomme empoisonnée.