En 2005, Izual fêtait ses deux ans, Ivan Le Fou ses 67 printemps et SWAT 4 sortait tout droit du four à pizza d'Irrational Games. À l'époque, avec le succès stratosphérique de Counter-Strike, tout ce qui portait une étiquette de groupe d'élite surarmé (SAS, GIGN, Seal, Spetznaz...) était à la mode. Nous bouffions du baraqué en armure lourde et de la flashbang toutes les semaines. Mais SWAT 4 réussit à sortir du lot grâce son traitement particulier du shoot tactique. D'abord, parce qu'on trouvait Irrational Games aux commandes, vous savez, ceux qui avaient déjà fait System Shock 2, Tribes et qui réaliseront par la suite BioShock. Ensuite, parce que SWAT 4 était un shoot tactique intelligent. Le joueur, chef d'une équipe de cinq policiers, devait intervenir sur treize petits niveaux reprenant des thèmes classiques – arrestation d'un tueur en série dans sa piaule, prise d'otage dans une station-service, fusillade dans une boîte de nuit...). Mais contrairement à nombre de ses rivaux de l'époque, SWAT 4 abordait ces sujets avec finesse et réalisme, sans jamais sombrer dans le concours de headshot se terminant par 284 morts à chaque intervention.