Rappelons d’abord qu’un lancement réussi ne garantit pas le succès d’une console (après tout, la Wii U avait bien démarré elle aussi). Cela étant écrit, celui-ci est intéressant parce qu’il répond à quelques questions mais en pose autant de nouvelles.
Oui, le concept est parfaitement valide, Nintendo a gagné son pari. À l’usage, le fonctionnement de la Switch qui permet de passer d’un jeu sur grand écran à une utilisation nomade est très séduisant. Une fois que seront oubliés les défauts de fabrication des premières séries, le principe de la console qui s’arrime à son dock sera regardé comme un succès, ce qui n’était pas évident.
Eh oui, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est un grand jeu, à la hauteur de l’attente qu’il avait suscitée et même au-delà (voir Canard PC n° 356). C’est un parfait system-seller (vendeur de plateforme), comme disent les marketeux anglo-saxons, c’est-à-dire de ces jeux qui vous font acheter la console. D’ailleurs, près de neuf acheteurs de la Switch sur dix prennent Zelda avec (pas loin de dix sur dix dans une chaîne de magasins comme GameStop), ce qui est supérieur au phénomène observé pour la Wii avec Twilight Princess en 2006.
Mais Zelda pourrait être la princesse qui cache le marais : le planning des sorties de jeux sur Switch en 2017, s’il fait la part belle aux indés de tous genres, est remarquablement maigre en jeux majeurs hors les quelques licences Nintendo attendues (adaptation de Mario Kart 8, Splatoon 2, Arms et Super Mario Odyssey). Breath of the Wild a beau être exceptionnel, tout le monde n’est pas prêt à payer 400 euros (Zelda plus la Switch) pour un seul jeu : pour convaincre au-delà des fanatiques, il faudra des titres variés qui rassurent sur l’intérêt de la console à long terme. Alors, me direz-vous, il y a les indés. Certes, Stardew Valley, Shovel Knight, Overcooked, World of Goo et autres Hollow Knight sont de très bons jeux, mais ils sont généralement déjà sortis ailleurs, souvent depuis un moment et en général moins chers.