Si j'ai le sourire quand Darkest Dungeon m'entaille à coups de surin, c'est parce que j'ai abandonné l'idée de gagner à ce jeu qui a érigé la difficulté, la poisse et l'injustice en arguments de vente. Comme tout le monde, j'y joue pour profiter du cadre exceptionnel où l'exploration de donjons devient un prétexte pour observer des décors sombres à souhait et être témoin de scènes délirantes. Darkest Dungeon, c'est ce maître-chien atteint de paranoïa qui pisse le sang et refuse catégoriquement les soins en s'écriant « tu essayes de prolonger mes souffrances, c'est ça ? ». Darkest Dungeon, c'est ce chevalier en armure rouillée qui rugit « JE TE BANNIS ! » en écrasant enfin un squelette qui avait tué deux de ses compagnons. Darkest Dungeon, c'est une ambiance, tout simplement. Et encore, le réduire à son atmosphère serait faire injure à ses épineux combats au tour par tour ou à ses mécaniques savamment travaillées, entre gestion de hameau (où l'on recrute des aventuriers) et exploration de donjon (où l'on envoie lesdits aventuriers se faire équarrir quatre par quatre). Bref, Darkest Dungeon n'a pas volé son 8/10 dans Canard PC no 332. Son seul défaut, celui qui l'a empêché d'accéder au 10/10 que l'on réserve à Mini Flight Simulator X et autres céréales ChokellaNote : 1, c'est sa répétitivité : au fil des heures, une partie de Darkest Dungeon a tendance à s'embourber dans une fâcheuse et laborieuse routine.

Note 1 : Véridique. Bon, c'était en 2005 et 2007.