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NFC, les DAB disent oui

Les YesCard, ces cartes à puce illicites permettant de retirer frauduleusement les biftons des distributeurs de billets, c’est bon pour les vieux schnocks. Aujourd’hui, quand on se veut un margoulin moderne, on opte plutôt pour l’application Android développée par Josep Rodriguez, chercheur en sécurité à IOActive. Cette dernière exploite les multiples failles et bugs du NFC pour délester les DAB et autres points de vente de leur contenu : collecte des données de cartes bancaires, modification invisible du montant des transactions (exemple : 100 € affichés sur la machine pour 1 € débité), verrouillage du terminal (ransomware), voire l’obtention d’espèces avec une marque spécifique de DAB (non précisée, je précise). Pour pratiquer le vol sans contact, l’intelliphone émule les communications radio des cartes bancaires tout en exploitant les vulnérabilités micrologicielles du NFC. Avec cette technique, « il existe de nombreuses possibilités (de piratage) », explique Josep, lors d’un entretien donné depuis la piscine olympique en or massif de sa villa mexicaine.

Les naufragés du GPU pourront éventuellement se consoler avec les cartes graphiques en 28 nm (oui) de la nouvelle marque Jingjia, disponibles au troisième trimestre 2021. Fabriquées par les Chinois pour les Chinois, la Micro JM9231 (2 Tflops, 1500 MHz, 32 Gpixels/s, PCIe 3.0 16×, 8 Go GDDR5(?), 256 GB/s, TDP 150W) et la Micro JM9271 (8 Tflops, 1800 MHz, 128 Gpixels/s, PCIe 4.0 16×, 16 Go HBM(?), 512 GB/s, TDP 200W) ciblent les Nvidia GTX 1050/GTX 1080 et AMD Radeon RX Vega 64. Pas d’infos sur les tarifs ni sur la quantité de mouchards intégrés.

Pour l’anecdote, deux futures puces graphiques DG2 d’Intel ont supposément été testées sur Geekbench, ce qui n’a pas manqué d’éveiller quelques curiosités. La première embarquerait 96 CU (iGPU ?), la seconde 256 CU, atteignant les performances d’une GTX 1050. Gardons-nous de toute conclusion hâtive basée sur du vent, la route vers les magasins étant encore longue. Par ailleurs, Raja Koduri a récemment posté une photo de DG2-512 (ou Xe-HPG 512, 4096 CU estimés), évoquant des performances proches d’une RX 6700 XT ou d’une RTX 3070.

Nouvelle vague de GPU à chiner

Conséquence de la récente interdiction par la Chine de l’extraction et de l’échange de monnaie virtuelle sur son territoire – qui au passage consiste en un élargissement de dispositions déjà prises en 2017 afin de garder le contrôle du marché bancaire et d’ouvrir la voie au futur yuan numérique –, le prix local des GPU a fortement chuté depuis mai dernier. Selon South China Morning Post (SCMP), la baisse de la demande de cartes graphiques inhérente au bannissement des fermes de minage a entraîné une chute des tarifs allant de 5 % à 66 % selon les modèles. Exemple, une Nvidia RTX 3060 est ainsi passée de 2 085 dollars à 725 dollars en l’espace d’un mois, même si cela reste cher au regard des 329 dollars officiellement suggérés par Nvidia (MSRP). La question est maintenant de savoir quand, et dans quelle mesure, les joueurs pourront à nouveau se fournir en GPU à un prix correct et surtout, combien de temps durera l’éclaircie avant que les fermes ne se délocalisent sous des cieux plus cléments et ne reprennent leurs gloutonnes activités.

Biométrique masse effect

L’European Data Protection Board (EDPB) et l’European Data Protection Supervisor (EDPS) – entités européennes en charge de la RGPD et dont l’avis n’est, sans surprise, que consultatif – appellent dans un communiqué commun à « l’interdiction générale de toute utilisation de l’IA pour la reconnaissance automatisée de caractéristiques humaines dans les espaces accessibles au public, telles que la reconnaissance des visages, de la démarche, des empreintes digitales, de l’ADN, de la voix, de la frappe au clavier et d’autres signaux biométriques ou comportementaux, dans quelque contexte que ce soit ». Une position visant à lutter contre la catégorisation des individus en groupes basée sur « l’origine ethnique, le sexe, l’orientation politique ou sexuelle » menant à une « discrimination injuste ». Si la Commission européenne travaille déjà sur une régulation de ces technologies, elle n’oublie cependant pas d’inclure des exceptions, notamment pour « faciliter le travail de la police ». Le contraire eut été inhabituel.

À la pêche aux coins

Malgré un caractère extrêmement volatile œuvrant comme le plus intéressant des ascenseurs émotionnels lorsqu’on décide d’y placer les économies d’une vie, les cryptomonnaies gagnent, jour après jour, les faveurs d’un grand public pas toujours averti. Une aubaine pour les margoulins 3.0 qui s’amusent désormais à envoyer par la poste de faux « Nano » aux clients de la société Ledger, spécialiste des portefeuilles matériels chargés de stocker les jetons hors-ligne. Pour rappel, leur base client fut piratée en 2020, ceci expliquant le ciblage précis des envois. La lettre explicative accompagnant le périphérique vérolé le présente comme un « modèle de remplacement » suite à la fuite de 2020, invitant l’utilisateur à y transférer ses jetons « pour des raisons de sécurité ». Évidemment, une fois l’opération terminée, ainsi fonds fonds fonds trois petits tours et puis s’en vont, les jetons sont aspirés sans tarder vers le compte des voleurs. Un nouveau type de menace en voie d’augmentation, à ne pas prendre à la Ledger.

Tout le monde ne partage pas le rapport optimiste de Koomey Analytics (cf. Canard PC n° 420), concluant à l’exagération de l’impact énergétique des centres de données. La Commission for Regulation of Utilities (CRU) irlandaise a averti qu’en raison de ces derniers, si rien n’était entrepris, des délestages et autres pannes de courant pourraient survenir dans un avenir proche. Même son de cloche chez le fournisseur d’électricité public Eirgrid, prévoyant que les serveurs phagocyteront 15 % de la demande énergétique du pays d’ici 2026.

Asus ROG lance un manga gratuit (et heureusement)

Quand Asus ROG a voulu envoyer un goodies à Canard PC, Kahn Lust les a renvoyés vers moi, parce que Asus = Hardware = Dandu. Et donc quelques jours plus tard, j'ai reçu un gros colis : un tableau avec le dessin façon manga d'Anna Morphoz (sérieusement, qu'est-ce que je vais faire de ça ?). Anna qui ? Anna Morphoz. Vous ne savez pas qui c'est ? Moi non plus, avant la sortie des six premiers chapitres du manga d'Asus ROG et la FNAC. Franchement, je suis bon public pour les mangas et ce genre de trucs, mais « Mec, je suis en PLS » (c'est vraiment un bout de dialogue du manga)... La qualité graphique est honnête (enfin, comme n'importe quel manga fait par des fans, comme quand je dessinais des personnages de Dragon Ball Z à 16 ans en cours d'allemand), mais ça semble écrit par un gamin de 8 ans et – surtout – Anna va acheter son PC Asus ROG (😉) à la FNAC (😉) pour préparer les ROG Master (😉) avec des tas de PC Asus ROG (😉) en fond. Et pour s'améliorer, elle va acheter des périphériques Asus ROG (😉) à la FNAC (😉). Enfin, vous avez compris : c'est une publicité un peu gênante. Et heureusement, c'est gratuit, parce qu'en plus c'est dessiné dans le sens de lecture occidental.

Un musée haut en couleur

Nvidia et le fabricant chinois Colorful se sont associés pour ouvrir le premier musée consacré aux cartes graphiques. Situé au New Generation Industrial Park de Shenzhen (Chine), cet hommage à la culture vidéolugeek couvre l’histoire du traitement graphique de 1980 jusqu’à nos jours. Si vous décidiez d’y faire un tour malgré le risque de niquer votre crédit social en vous extasiant plus sur les verts que les rouges, vous y trouverez la GeForce 256, qualifiée par Nvidia de « premier GPU au monde » dans le sens d’un « processeur monopuce avec des moteurs intégrés de transformation, d’éclairage, de configuration/clipping de triangles et de rendu, capable de traiter un minimum de 10 millions de polygones par seconde », ainsi que des cartes ATI, 3Dlabs, 3Dfx, IBM, Intel, Trident, S3, etc. Entre deux analyses sur la symbolique cachée des œuvres, on se délectera d’une section à la gloire de l’e-sport chinois, avant de faire quelques tours de piste sur un simulateur 8K et de s’initier à la réalité virtuelle. Le désennui sera total.

Samsung et AMD, copains comme cochons depuis 2019, ont confirmé que la prochaine génération de puces Exynos du premier embarquera la technologie graphique RDNA 2 du second. De fait, les intelliphones haut de gamme de Samsung supporteront le lancer de rayon (ray tracing) et puisque nous sommes malins comme un lapin, nos pensons évidemment à la gamme Galaxy. Le reste des informations techniquement croustillantes proviendra de Samsung, qui communiquera dans le courant de l’année. On suppute le support des images de fond de « Creative Grooming ».