Ce froid matin d’octobre, il fallait pourtant un sacrifice, une âme noble et pure qui irait jouer à Final Fantasy XV pendant quelques heures. J’ai eu beau faire mon maximum pour prouver que mon âme n'était clairement pas noble et encore moins pure, impossible de me détacher de ma condition d’« expert du Japon dès qu’on dépasse Shogun Total War ». J’ai donc été dépêché sur place pour évaluer les dégâts. « Les dégâts » oui, puisqu’on parle quand même d’un développement étalé sur une décennie et deux générations de consoles – tellement chaotique qu’il a sa propre page Wikipedia (voir notre lien à la fin de l’article) – en forme de grand jeu de chaises musicales où toutes les huiles de Square Enix sont venues apporter leur pierre instable à l’édifice branlant. Après les présentations E3 pas très alléchantes et l’immonde « Platinum Demo » diffusée par le studio il y a quelques mois, l’histoire de Final Fantasy XV aurait dû se conclure par un accident industriel de type Hindenburg, avec une grosse explosion pleine de flammes et de pleurs. L’histoire ne dira pas si Square Enix a organisé cette session de jeu pour rassurer la presse mais le résultat est étonnamment convaincant. Je me voyais déjà utiliser ces deux pages pour me moquer de FFXV en rigolant très fort mais figurez-vous que me voilà bien attrapé puisqu’après quatre heures manette en main, j’ai une terrible envie de continuer ma partie.