Noël Malware

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Lacuna - C'est mon choix

7 h 45. C'était quoi le nom de cette fille ? Celle qui est passée aux infos hier. J'oublie jamais un prénom, d'habitude. C'est cette mémoire qui m'a permis d'être embauché au CDI, le Central Department of Intelligence. Mira. Mira Maine. C'est ça.

Alan Moore présente Swamp Thing

Franchement, c'est presque fatigant. Fatigant de lire, une fois de plus, une BD d'Alan Moore, et fatigant de constater, une fois de plus, que c'est parfait, génial, beau, poétique, onirique, intelligent, drôle, sensible. Il y a quelques mois, je parlais de Sandman de Neil Gaiman, et c'est toujours impeccable. Juste un tout petit peu moins, depuis que j'ai lu Swamp Thing d'Alan Moore, la créature du marais revisitée, et que j'ai constaté que tout y était déjà : une cosmogonie délirante, des chapitres qui sont des poèmes visuels, une structure éclatée qui présente une grande histoire faite de petites histoires, une écriture à tomber. Et ces mots, dans la préface : « C'est en découvrant Swamp Thing d'Alan Moore que Neil Gaiman décide de se mettre à la BD. » Bah, tu m'étonnes. De la créature originelle, Alan Moore garde un soupçon d'horreur, mais il la fait partir à travers l'espace, le temps et la conscience dans une odyssée aussi belle que psychédélique et, une fois de plus, chaque page est une œuvre d'art.

Ratchet et Clank : Rift Apart - La nouvelle génération

Vous voyez cet oncle sympa, pas le raciste, l'autre, celui qui se cale à côté de vous pendant que vous jouez à un jeu vidéo, une fois tous les 10 ans, et qui dit systématiquement : « Oh là là, c'est joli quand même ! Ça a bien évolué depuis mon époque ! » ? Bah cet oncle sympa, aujourd'hui, c'est moi. Je trouve que ça a bien évolué depuis mon époque. Sauf que mon époque, c'était la semaine dernière.

Essays on Empathy - La grande anthologie du jeu vidéo

Depuis peu, je suis l'homme le plus heureux du monde. Je me suis offert des intégrales de EC Comics, une maison d'édition qui publiait des bandes dessinées d'horreur entre 1949 et 1954. Chaque histoire, et il y en a des centaines, est un océan de possibilités, et j'aime qu'elles soient juste balancées comme ça, les unes après les autres, comme si les artistes avaient tant d'idées qu'aucune ne valait la peine de s'y attarder sur plus de quelques pages.

Horizon Forbidden West - À l'ouest, plein de trucs nouveaux

Bon, pardon : je vais encore parler de Zelda : Breath of the Wild. Deux raisons à cela. 1) J'ai un contrat avec Nintendo qui m'oblige à mentionner le jeu une fois tous les quatre articles. 2) Désolé, mais quand je tombe sur un monde ouvert où le personnage principal plane avec une paravoile, ça reste quand même le premier truc qui me vient à l'esprit.

A Firm Handshake - Change pas de main, je sens que ça vient

Il n'y a que deux étapes dans la vie d'un homme : celle où il apprend à siffler avec les doigts, et celle où il définit enfin la poignée de main qu'il utilisera toute sa vie, entre force et douceur, entre proximité et pudeur. Tout le reste n'est que remplissage parmi ces instants fondateurs.

Genesis Noir - Big Bang pour un big band

« Oh, tiens, on dirait un jeu chiant d’Arte », me dit Louis-Ferdinand Sébum en passant un œil par-dessus mon épaule. « Pas du tout, lui répond-je, ça, tu vois, c’est pile le genre de jeu qui rentre dans ma catégorie Jeux du Monde, celle dont personne ne veut dans le magazine : des jeux pour lesquels le principe de note est impossible à appliquer. »

Biomutant - Il a son charme

Quelle expression horrible ! « Il a son charme. » Tout est dit, comme quand le seul compliment qu'on trouve pour décrire quelqu'un, le seul qui vienne spontanément, c'est : « Il est gentil. » C'est un peu ça, le problème de Biomutant. Il a son charme. Il est gentil. Je n'ai pas spécialement envie de l'inviter à mon barbecue, mais il est gentil.

Deathloop - Alors, si j'ai bien compris...

Alors, si j'ai bien compris, Deathloop est une sorte de... rogue-lite. Ah non, attendez, ils ont dit qu'il faut pas dire rogue-lite... C'est pas un rogue-lite, c'est plus une sorte de Dishonored avec des flingues, mais pas comme Dishonored, plus une sorte de Hitman avec des éléments de Zelda : Majora's Mask avec des boucles temporelles. Bon, ok. J'ai rien compris.

Subnautica : Below Zero - Le grand bleu avec une chaussette noire

Comment fait-on pour réaliser la suite du plus grand jeu d'exploration de tous les temps ? Comment assume-t-on l'héritage d'un jeu indépendant qui peut se targuer d'être meilleur que tous les AAA sortis depuis dix ans ? Comment révolutionne-t-on, une fois de plus, le concept même de jeu de survie ? Voilà autant de questions auxquelles les développeurs de Outer Wilds devront répondre. En attendant, Subnautica a une suite, et c'est très bien aussi.