La Supergrafx a une histoire que vous trouverez intéressante si vous êtes le genre de personne à aimer les catastrophes aériennes et les empires en déclin. Après avoir connu un énorme succès avec la PC-Engine dans les années 1980, le constructeur japonais NEC décida d'en produire une version améliorée, plus musclée, qui garderait une rétro-compatibilité avec l'énorme ludothèque déjà disponible. La Supergrafx arrive en France au début des années 1990, proposée au prix à l'époque démentiel de 2 500 francs (390 euros). Mais elle avait quatre fois plus de RAM que la PC-Engine. Un processeur de folie qui pouvait se pousser à 7 MHz. Des capacités graphiques de traitement des sprites incroyables. Quand j'ai vu tourner Ghouls'n Ghosts dans un magasin parisien, avec son scrolling en parallaxe et ses arbres qui ployaient sous le vent, je suis tombé amoureux. C'était une borne d'arcade à la maison. Une Neo-Geo en plus abordable. Alors en un instant, parce que j'étais jeune, naïf et bien trop obsédé par le jeu vidéo, je me suis transformé en une chose infâme, stupide, navrante : un fanboy. Je ne pensais plus qu'à la Supergrafx. Confidence honteuse : au lieu de décorer ma chambre avec des posters de joueurs NBA, comme le faisaient les adolescents normaux, la mienne était tapissée du sol au plafond des publicités Sodipeng (l'importateur français des consoles NEC) pour la PC-Engine et la Supergrafx, que je découpais religieusement dans les magazines de jeu vidéo. Triste.