Londres, un lundi vers midi. Voici une bonne demi-heure que nous mangeons des sandwichs à la jelly avec une poignée de journalistes français. En face de nous, un écran diffuse en boucle le dernier trailer de Dawn of War III et, sans nous en rendre compte, nous avons commencé à le disséquer image par image. « Moi j'aime bien l'effet de horde chez les Orks », dit l'un des journalistes en reprenant une bouchée, pendant que tout le monde acquiesce d'un hochement de tête. Rapidement, je commence à comprendre pourquoi les joueurs se plaignent du look « trop StarCraft », qui les fait convulser à la vue du moindre trailer. DoW3, ça ne fait aucun douteest le plus coloré de la trilogie. Une caractéristique due, selon les développeurs, à une volonté de conserver une lisibilité maximale, quitte à en rajouter avec des animations exagérées. L'infanterie se déplace en balançant ses jambes en arrière (ou en se déboîtant les fémurs à chaque pas). Les dreadnoughts, ces gros robots de combat, dandinent du cul d'une manière un peu ridicule. Tout cela confère au titre un aspect cartoon qui colle assez mal avec cet univers sombre et gothique où les soldats se font exploser la tête à coups de marteau énergétique. Pour autant, cela ne coupe pas mon envie de jouer et c'est avec entrain que j'entre dans une petite salle où deux développeurs veulent faire le point sur l'après-midi qui nous attend. « Bonjour ! Avant toute chose, nous allons vous montrer le dernier trailer du jeu. » À ces mots, un type à ma gauche se met à dégueuler une quantité inhumaine de jelly, tandis qu'un autre, assis un peu plus loin, éclate carrément en sanglots. Et moi, je m'enfonce dans mon fauteuil en soupirant « et putaaaain... »